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Ma vie horizontale : journal d'une serial coucheuse

Couverture du livre Ma vie horizontale : journal d'une serial coucheuse

Auteur : Chelsea Handler

Traducteur : Daphné Bernard

Date de saisie : 04/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : NIL, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84111-322-4

GENCOD : 9782841113224

Sorti le : 10/05/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Journal d'une serial coucheuse

Chelsea aime les hommes, tous les hommes... mais si possible taillés pour les chevauchées ardentes, et peu portés à la discussion métaphysique. Son ennemi juré : la liaison sérieuse, qui l'empêcherait de goûter aux joies d'un hédonisme débridé et indécent. Mais en vérité, rien n'est moins simple que de trouver un partenaire de jeu aussi facétieux et inconséquent...

Certains pensent qu'une aventure d'une nuit a quelque chose de déshonorant ? S'offrir dès le premier soir est pourtant le meilleur moyen de rompre au plus vite ! Et de s'ouvrir à de nouveaux horizons charnels... toujours plus imprévisibles.

Avec une ardeur peu commune, Chelsea Handler nous livre les règles d'or d'un coup d'un soir et le journal de ses aventures d'une nuit : des histoires «horizontales» déjantées, torrides, hilarantes... qui finiront par lui prouver qu'une liaison durable n'est peut-être pas la pire chose qui puisse lui arriver.

Monogames irréductibles s'abstenir.

Chelsea Handler est née à Livingstone, dans le New Jersey, d'un père juif et d'une mère mormone. Comédienne, elle vit aujourd'hui à Los Angeles, et joue dans de nombreuses émissions et comédies télévisées. Ma vie horizontale est son premier livre.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Daphné Bernard





  • Les premières lignes

Regarde qui couche avec maman

J'avais sept ans quand ma soeur m'a proposé cinq dollars pour monter dans la chambre des parents et les prendre en photo pendant qu'ils s'envoyaient en l'air. J'avais entendu parler d'histoires de coucheries sans très bien comprendre de quoi il s'agissait. Mais je savais que mes parents «couchaient» souvent. À six reprises, pap's avait déposé sa petite graine dans le ventre de ma mère : pour mes frères, mes soeurs et moi, c'était la preuve d'une grande passion. Nous entendions régulièrement des chocs sourds et des rires égrillards s'échapper de la chambre conjugale. Les grands pre­naient des airs dégoûtés, et moi, la plus jeune, je les singeais sans bien savoir pourquoi. Sans doute pour faire semblant de m'y connaître et essayer de les impressionner par ma précocité.
Je sautais toujours sur l'occasion de me faire facilement quelques sous. Depuis ma naissance je portais les vêtements de mes soeurs, et j'en avais plus que marre de ces fringues d'occasion. Peut-être que j'ignorais pra­tiquement tout de la sexualité, en revanche je savais que, pour être prise au sérieux en CEI, je devais renouveler ma garde-robe.
- Fastoche, j'ai répondu. Où est l'appareil photo et comment on s'en sert ?
Ma soeur Sloane derrière moi, je suis montée sur la pointe des pieds à l'étage de la chambre des parents. Le verrou était trop déglingué pour être efficace. Il bloquait la poignée, mais un coup d'épaule suffisait à ouvrir la porte.
Cette fois, la porte était bel et bien fermée. J'allais être obligée de la forcer. Sloane a reculé prudemment vers l'escalier. Et moi je me suis préparée à décamper au plus vite.
- Prête ? je lui ai demandé.
- Vas-y !
Voir sa mère nue pour la première fois est un choc dont on a du mal à se remettre. Voir sa mère à poil, dans un lit, avec une coiffe d'infirmière sur la tête, faire des galipettes avec son père habillé en tout et pour tout d'un bandana autour du cou, a de quoi vous envoyer à l'asile. Par chance, j'ai eu le temps de les prendre en photo avant qu'ils ne comprennent ce qui se passait. Sur le second cliché, pap's fonce sur moi, armé d'une ceinture.
Ma soeur avait déjà atteint le rez-de-chaussée quand j'ai bondi hors de la chambre. J'ai sauté d'un seul coup en bas de l'escalier. Heureusement, au cours des mois précédents, je m'étais exercée trois jours consécutifs dans la neige. Sans me retourner pour voir si papa et son zizi s'étaient lancés à ma poursuite, j'ai continué à courir. Un double escalier menait à la cave. Ma soeur a pris les marches de droite, moi celles de gauche. La cave servait de buanderie, la seule pièce où pap's ne mettait jamais les pieds.
- Ferme à clé ! a-t-elle hurlé tout en se réfugiant derrière une pile de linge sale.
- Oh, mon Dieu, pap's a une ceinture !
- Quoi ?
- Une ceinture ! Il a une ceinture. Il va nous battre avec !
- Celle qui tient son pantalon ?
- Ouais ! Il va nous frapper !
On avait trop peur pour pleurer. C'était ma mort assurée. J'allais être assassinée à coups de ceinture dans la cave par mon père tout nu. Le genre d'horreur qui, je l'avais appris, arrivait aux gosses des quartiers pauvres. Soudain, des pas ont résonné dans l'escalier, suivis de coups sur la porte.
- Ouvrez cette putain de porte ! Immédiatement ! Je vais vous corriger ! Vous n'y échapperez pas !
Les yeux hors de la tête, j'ai regardé Sloane. C'était à elle de nous sortir de cette panade. À elle, du haut de ses douze ans, de prendre les opérations en main.
- Demande-lui s'il va nous fesser avec la main ou avec la ceinture.
Visiblement, elle ne plaisantait pas. J'ai crié à travers la porte :
- Avec la main ou avec la ceinture ?
- Quoi ?
Je me suis rapprochée de la porte.
- Tu vas nous battre avec ta ceinture ou avec la main ?
Papa s'est mis à secouer la poignée.


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