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Les carnets retrouvés de Don Juan

Couverture du livre Les carnets retrouvés de Don Juan

Auteur : Douglas Carlton Abrams

Traducteur : Guy Abadia

Date de saisie : 18/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Grands romans

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-268-06260-0

GENCOD : 9782268062600

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  • La présentation de l'éditeur

Séville, 1735.

Alors que l'inquisition fait rage en Espagne, que l'on torture et immole les hérétiques, alors que les grands inquisiteurs n'ont de cesse de rechercher avec un fanatisme des plus suspect, tout manquement à l'ordre moral le plus sévère, Don Juan, séducteur libre et sans attaches, décide, au péril de sa vie, de raconter son histoire.
Juan enfant, abandonné dès la naissance, recueilli par des religieuses, élevé dans un couvent, chassé pour en avoir séduit la plus belle... Puis le jeune homme passionné, avide d'expériences neuves et exaltantes, tour à tour voleur, espion, puis, anobli, par un puissant protecteur, éduqué et initié à l'esprit libertin et à l'art de la séduction. Il est alors le galanteador le plus renommé du pays, la terreur secrète de tous les pères et maris du royaume d'Espagne, et vient d'être sommé par le roi de trouver femme, s'il ne veut pas être remis entre les mains du Grand Inquisiteur. Lorsqu'il croise le regard de Dona Ana...
Déjouant complots et trahisons, affrontant péripéties et rebondissements, tout en passant de lit en lit, et de femme en femme, Don Juan apparaît finalement être surtout en quête de l'amour, celui qui transporte l'âme, et qui seul vaut que l'on se batte pour lui.
Comme disait Casanova dans ses Mémoires, autre séducteur incorrigible, «j'écris ma vie pour me faire rire, et j'y réussis». Douglas Carlton Abrams, à travers la plume de son Don Juan, retrace les aventures de ce séducteur mythique, dans un roman historique passionnant et fascinant, à l'image de son héros.

Longtemps éditeur à l'University of California Press et Harper San Francisco, Douglas Carlton Abrams est l'auteur d'un certain nombre de livres sur l'amour, la sexualité, et la spiritualité. Cet ouvrage, représenté par l'agent du Da Vinci code, est publié simultanément dans 27 langues. L'auteur vit à Santa Cruz, en Californie, avec son épouse et ses trois enfants.
«Mon désir en écrivant Les Carnets retrouvés de Don Juan n'était pas seulement de ressusciter un des plus grands amoureux de l'histoire et de donner voix à ses motivations. J'avais envie aussi d'écrire un livre qui explorerait la tension entre la convoitise et l'amour et qui confronterait n'importe quel homme ou femme à la question de la satisfaction dans le rapport amoureux.»
Doug Abrams





  • Le message sonore

Nathalie Fiszman - 25/06/2007



  • Les premières lignes

Rumeurs et mensonges

Si je noircis les pages vierges de ce journal, c'est à la seule fin que la vérité soit connue et que mon sort ne dépende plus des rumeurs et menteries qui courent déjà à pas feutrés dans les rues de Séville. Nombreux sont, sans nul doute, ceux qui chercheront à transformer ma vie, après ma mort, en une fable morale ; mais la vie d'aucun homme n'est aussi facile que cela à appréhender ou à dénigrer.
Je n'aurais pas pris le risque de coucher mes secrets sur le papier si je n'avais été préalablement convaincu de le faire par mon grand ami et bienfaiteur don Pedro, marquis de la Mota. J'ai fait valoir que rien de ce que je pourrais écrire ici ne saurait être rendu public de mon vivant, sous peine de me faire condamner au bûcher par le Saint-Office de l'Inquisition. Du reste, c'est l'Inquisiteur général lui-même qui a, pas plus tard qu'hier, marqué mon imagination au fer de cette menace. C'est peut-être cela, ou bien l'ultimatum du roi, qui a fait que j'ai pris finalement la plume pour remplir ces pages. Le marquis me répète que c'est pour la postérité que je me dois de rédiger mes mémoires, la réputation d'un homme étant la seule forme véritable d'immortalité. Mais ce n'est point uniquement par vanité que j'écris ces mots.
Trente-six années ont passé depuis que j'ai vu le jour ou, plus exactement, depuis que ma mère m'a abandonné, emmailloté dans un paquet de langes, dans la grange du couvent de la Madré Sagrada. C'est, sans nul doute, un signe de vieillissement que d'être amené, pour la première fois de sa vie, à se pencher sur la manière dont on veut rester dans la souvenance des vivants. Mais il existe une autre raison d'entreprendre la rédaction de ces Carnets. Mon désir le plus cher est de transmettre aux générations à venir tout ce que j'ai appris sur les arts de la Passion et sur le caractère sacré de la Femme. Ayant renoncé au mariage et n'ayant aucun héritier qui soit de mon sang, je me dois de considérer ces générations futures comme ma descendance et de partager avec elles tout ce que j'ai appris au contact des femmes que j'ai eu le privilège de connaître si bien.
Les souvenirs d'un homme ont une fâcheuse tendance à tourner à sa propre louange ; c'est pourquoi, au lieu de m'appuyer sur mon seul témoignage, je m'efforcerai, aussi fidèlement que possible, de rapporter les événements, mais aussi les paroles telles qu'elles sont sorties, avec plus ou moins de véhémence, de la bouche des duellistes comme de celle des amants les plus passionnés.
Les mêmes considérations d'amour-propre me conduisent à faire débuter mon récit par l'entreprise de séduction la plus périlleuse à laquelle je me sois jamais attaqué. Mon ambition était, ni plus ni moins, de libérer - pour une nuit - la chaste et esseulée fille du roi de sa geôle dorée du palais de l'Alcázar. Je n'ignorais point que, si j'étais découvert, mon seul privilège de noble serait d'avoir le droit de placer ma tête sur le billot pour échapper à l'infamie de la potence.
Il reste que l'ambition d'un homme, à l'instar de son destin, ne lui est point toujours connue d'avance ; et en sortant des bras de la veuve Elvira, je ne soupçonnais nullement les périls que j'allais affronter cette nuit-là.


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