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Lettres de la Société de psychanalyse freudienne (Les), n° 17

Couverture du livre Lettres de la Société de psychanalyse freudienne (Les), n° 17

Date de saisie : 14/07/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Campagne première, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-915789-30-0

GENCOD : 9782915789300

Sorti le : 01/06/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Sommaire

LE «CONTRE» - TRANSFERT

Contre-transfert et désir de l'analyste
Géraldine Cerf de Dudzeele

Au plus près du cataclysme... ?
Claude Sevestre

Les errements du contre-transfert
Daniel Koren

Le moment analytique
François Lévy

Anna Freud, l'analyste d'enfant
Sylvie Sesé-Léger

HORS-THÈME
Des pressions sur la fin de cure
Philippe Porret

Politique de la psychanalyse
Jean Szpirko

COLLOQUE
Rencontres avec Charles Malamoud (3)
Marine Esposito Vegliante, Patrick Guyomard, Laurence Kahn

LECTURES





  • Les premières lignes

Contre-transfert et désir de l'analyste

Géraldine Cerf de Dudzeele

La question de la place de l'analyste dans la cure a une histoire déjà longue. Elle est centrale dans l'évolution de la psychanalyse. Dix ans après la mort de Freud, de nouvelles théories sont apparues. Ainsi, dans les années 1950, deux conceptions ont commencé à s'affronter en France : celle des analystes freudiens, qui découvraient que le contre-transfert pouvait être mis au service de la cure, et celle de Lacan, qui rejetait cette option et construisait la théorie du désir de l'analyste. Ces évolutions sont issues, d'une part, des difficultés rencontrées dans la pratique par les premières générations d'analystes et, d'autre part, de désaccords quant à l'héritage freudien. Cette histoire qui est la nôtre se poursuit aujourd'hui, et nous chercherons à en dégager quelques fils.

Freud et le contre-transfert

Ce terme provient de la clinique psychanalytique : il commence par désigner la sensibilité de l'analyste à l'amour de transfert des patientes, sensibilité qui peut le mener à un acting out. Si aucune entrave ne doit être mise au développement de l'amour de transfert, moteur de la cure, un possible contre-transfert amoureux doit être absolument réprimé. Il risque de faire obstacle à l'écoute de l'analyste ou d'interrompre la cure en cas de passage à l'acte. Les enjeux sont la mise en échec de la méthode de traitement psychanalytique et la mise en danger de la toute nouvelle science qu'est la psychanalyse.

C'est dans une lettre à Jung datée du 7 juin 1909 que Freud mentionne pour la première fois le terme de «contre-transfert». Jung lui a avoué avoir une relation sexuelle avec sa patiente Sabina Spielrein tout en se plaignant d'elle et en se justifiant. Freud manifeste dans cette lettre une tolérance certaine, confiant qu'il a lui-même rencontré la difficulté d'aimer une patiente : «De telles expériences, si elles sont douloureuses, sont néces­saires et difficiles à éviter. Sans elles, nous ne pouvons pas réellement connaître la vie et ce à quoi nous avons affaire. Moi-même, je ne me suis, il est vrai, pas fait prendre ainsi, mais j'en ai été plusieurs fois très près et je m'en suis tiré de justesse. Je crois que [...] le travail [...] et le fait que j'ai eu dix ans de plus que vous lorsque je suis venu à la psychanalyse m'ont sauvé d'expériences similaires. Mais aucun mal durable n'est fait.» Il ajoute que ce sont des expériences utiles pour acquérir la maîtrise de soi : «Ces expériences nous aident à développer la peau épaisse dont nous avons besoin pour dominer le "contre-transfert", qui est après tout un problème permanent pour nous [...]. C'est un mal pour un bien.»
Un an plus tard, en 1910, il définit le contre-transfert dans «Les chan­ces d'avenir de la thérapie analytique», article qui fera l'objet de sa confé­rence au IIe Congrès international de psychanalyse, à Nuremberg, les 30 et 31 mars 1910 : «Nous sommes devenus attentifs au "contre-transfert" qui s'installe chez le médecin de par l'influence du patient sur la sensibilité inconsciente du médecin, et nous ne sommes pas loin d'avancer l'exi­gence que le médecin doive obligatoirement reconnaître en lui-même et maîtriser ce contre-transfert.»
Cette mise en garde contre les effets perturbateurs du contre-transfert accompagne donc la fondation de l'Association internationale de psychanalyse à Nuremberg, dont le premier président est Jung.
C'est à la suite de ce congrès que Ferenczi fait part à Freud des diffi­cultés que représente la répression du contre-transfert dans sa vie person­nelle : «Avant même que vous ayez instauré l'exigence de "réprimer le contre-transfert", nous l'avons tous fait d'instinct et cette répression permanente doit bien se solder par une perturbation quand, après 10-12 heures de travail, on se retrouve, comme moi, si totalement solitaire et dépourvu de tout objet d'amour.» Régulièrement, Freud revient sur le sujet avec une série d'articles sur la méthode analytique adressée à la pre­mière génération d'analystes qui l'entoure.


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