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Jean-Jacques Rousseau

Couverture du livre Jean-Jacques Rousseau

Auteur : Christian Destain

Date de saisie : 03/06/2007

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France

Collection : Idées reçues. Arts & culture, n° 137

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-84670-164-8

GENCOD : 9782846701648

Sorti le : 24/05/2007


  • La présentation de l'éditeur

«Rousseau fait l'apologie de la nature» - «Rousseau a inspiré la Révolution française» - «Il a abandonné ses enfants» - «Rousseau et Voltaire étaient deux ennemis» «La pensée de Rousseau, c'est le bon sauvage» «Rousseau a bouleversé la pédagogie» - «Il a prôné la religion naturelle»...

Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.

Christian Destain, docteur en philosophie et lettres, membre du séminaire d'études sur Jean-Jacques Rousseau (CNRS, Paris-Sorbonne), est Maître de conférences à l'Université Libre de Bruxelles. Auteur de plusieurs articles et ouvrages sur Rousseau, il nous présente ici ce personnage incontournable du siècle des Lumières dont la Révolution française fit un de ses emblèmes. Son oeuvre a suscité et suscite encore nombre de polémiques et bien des idées reçues courent sur ce personnage difficile à appréhender tant il est multiforme.





  • Les premières lignes

Introduction :

Pour un historien de la littérature française qui aimerait avoir la paix, une seule solution : classer Rousseau dans la littérature suisse.
Paul Guth, Histoire de la littérature française, 1981, vol. I, p. 525.

Nul écrivain plus que Rousseau, sans doute, n'a été le sujet de tant d'idées reçues. Toutes celles que nous abordons dans cet ouvrage étaient d'ailleurs déjà courantes du vivant même de celui qui se présenta comme citoyen de Genève, avant de renoncer à cette citoyenneté. Il faut dire que le personnage ne laisse pas indifférent. Il est volontiers atypique. Dédaignant les grands de ce monde, issu du peuple et se voulant proche de lui - mais le connaît-il vraiment ? - il cultive avec soin l'art de n'être jamais d'accord avec personne. Il critique le progrès dans un siècle qui l'encense, prévoit l'âge des révolutions cependant que les fastes des fêtes royales persistent à nier l'inévitable ; il se met à dos tous les clergés, aussi bien réformés que catholique, proclame haut sa foi en un Dieu bon et en la Providence alors que les cercles intellectuels tendent vers l'athéisme ; il apporte sa contribution à l'Encyclopédie, cette véritable machine de guerre qui entend diffuser le savoir, mais se brouille avec les encyclopédistes ; il fonde véritablement la pédagogie moderne et, dans le même temps, dans un siècle qui se veut rationnel - mais qui l'est en fin de compte si peu - il annonce les délices et les tourments du romantisme ; chantre d'une nature à jamais perdue, il échafaude en théorie un système politique qu'il veut voir être l'antidote du despotisme mais que certains utiliseront pour légitimer leur dictature en se réclamant de lui ; toujours sur la brèche pour défendre ses idées, polémiste dans l'âme, bretteur infatigable qui tance et mouche les puissants qui le condamnent ; fier, ombrageux, il renouvelle ou plutôt invente le style de l'autobiographie, cette sorte de mise à nu de soi-même, retrouvant dans ses Confessions, par-delà les siècles, les lointains accents qui furent ceux de saint Augustin (354-430).
À lire Rousseau, on comprend pourquoi son oeuvre a suscité et continue à susciter tant de réactions. D'un côté, ses radicales prises de position dans le domaine politique nous interpellent encore, tant elles sont fondamentales puisqu'elles traitent de la liberté et de l'égalité. D'un autre côté, ses rêveries -qui mêlent le récit de sa propre vie et de profondes réflexions sur la nature des choses - enchantent ou irritent ceux qui les parcourent. Rousseau ne laisse pas indifférent, c'est le moins que l'on puisse dire et s'il compte de nombreux admirateurs, il connaît autant d'ennemis. Cependant, bien souvent, pas plus ses admirateurs que ses ennemis n'ont vraiment étudié sa pensée. Rousseau fait partie de ces écrivains, de ces gloires littéraires, dont on parle sans parfois les lire. Il est le terreau idéal dans lequel les idées reçues plongent leurs racines. Il est tellement célèbre qu'il est devenu inconnu, comme Voltaire (1694-1778), son alter ego, son frère ennemi, panthéonisé comme lui. Rousseau est une gloire qu'on utilise mais qu'on ignore à force d'en faire le sujet de dithyrambes ou d'exécrations : on l'étouffé sous les applaudissements ou les sarcasmes. Le plus souvent, Rousseau, c'est un nom dans une anthologie, un souvenir de classe ou un sujet de bac.
Le présent ouvrage prétend - modestement - analyser quelques-unes des idées reçues sur Jean-Jacques Rousseau. Il y en a bien d'autres que celles ici traitées. Notre ambition, on nous pardonnera ce terme, n'est pas d'épuiser le sujet - c'est impossible - mais d'inviter ceux qui auront cet ouvrage entre les mains à retourner aux textes, à lire Rousseau et à se faire de lui une idée qui, nous l'espérons, ne sera plus «reçue».


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