Passion du livre - tout sur le livre : Les paradoxes du développement durable

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Les paradoxes du développement durable

Couverture du livre Les paradoxes du développement durable

Auteur : Sylvain Allemand

Date de saisie : 02/06/2007

Genre : Economie

Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84670-166-2

GENCOD : 9782846701662

Sorti le : 24/05/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Le développement durable a 20 ans. Le temps d'une génération, le temps d'un premier bilan.

L'expression, en elle-même, tient du paradoxe : comment, le développement, synonyme de mouvement, peut-il être durable ?
Notion ambivalente, le développement durable, s'appuie sur l'environnement mais aussi, on l'oublie souvent, sur l'économie et le social, avec la volonté de concilier ce qui paraît inconciliable : croissance économique et progrès social, dans le respect des ressources naturelles. Commerce équitable, réchauffement climatique, finance solidaire, OGM..., les chiffres controversés et les effets pervers ne manquent pas ! Pourtant, loin de discréditer le développement durable, ils sont autant d'aiguillons pour en dépasser les contradictions, le remettre sans cesse en question et innover.
Décliné depuis quelques années en habitat durable, ville durable, tourisme durable, etc., le «développement» cède peu à peu la place au seul «durable». Et si, paradoxe ultime, le développement durable n'était qu'un concept transitoire permettant de faire passer la civilisation moderne du stade de développement à celui de durabilité ?

Sylvain Allemand est journaliste. Il collabore à Alternatives économiques. Auteur du Développement durable (éditions Autrement), il est également l'auteur de La Mondialisation et Siffler en travaillant ? aux éditions Cavalier Bleu.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Comment concilier l'inconciliable ?

Introduite dans les débats publics par le rapport Brundtland publié en 1987, la notion de développement durable a plus de vingt ans, mais elle continue à être méconnue ou à susciter le scepticisme. Beaucoup y voient un mot-valise ou pis : un phénomène de mode, sinon un slogan détourné par les spécialistes de la communication et du marketing. Et pour tout dire, une notion un peu floue. Il est vrai que l'expression n'est pas heureuse. Abstraite, elle confine aussi à l'oxymore - cette figure poétique consistant à rapprocher deux réalités a priori opposées, comme «soleil noir», par exemple. Là où le mot «développement» suggère un mouvement, «durable» évoque la fixité. Cette impression est encore renforcée par l'association des trois dimensions de ce développement à des «piliers» : économique, social et environnemental. On dispose bien d'une définition officielle, celle du rapport Brundtland, à savoir : «Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.» Pour être généreuse, une telle définition ne se révèle pas aussi opérationnelle que ses promoteurs l'escomptaient, ni très «parlante». D'abord, elle met l'accent sur la responsabilité à l'égard des générations futures, là où les générations présentes ont de quoi se préoccuper légitimement de leur propre sort, dans les pays du Sud plus encore que dans les pays du Nord... Ensuite, elle réduit le développement durable à trois piliers (l'économique, l'environnemental et le social), en semblant oublier les enjeux culturels (la diversité des visions du monde, des langues, la préservation du patrimoine hérité des géné­rations passées) et politiques (la démocratie, la définition d'une nouvelle gouvernance). Aussi, depuis, une profusion de définitions ont été proposées, comme pour suppléer les manques de la première, ce qui n'a pas été sans engendrer une certaine cacophonie, les uns mettant l'accent sur les enjeux environnementaux, les autres sur les enjeux sociaux. Sans compter la querelle sémantique, entre théoriciens, autour du choix du qualificatif : durable ou soutenable (ou encore viable) ? Dans un cas (durable), on ne renonce pas à entretenir la croissance économique, en se souciant cependant davantage que par le passé de ses effets sur l'environnement et la cohésion sociale. Dans l'autre (soutenable), on se préoccupe des équilibres au regard de la planète, quitte à refréner la croissance.
Si, d'après les sondages, les Français sont désormais une majorité à avoir entendu parler de développement durable, ils sont encore peu nombreux à se dire en mesure de le définir (la plupart le réduisant aux mesures de protection de l'environnement, ou l'assimilant à l'écologie). D'après la dernière étude Ethicity réalisée en 2006, pour l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), 77 % des Français disent savoir ce qu'est le développement durable contre 54 % en 2004, mais sans en proposer une définition... En bref, paraphrasant saint Augustin qui parlait du temps, on peut dire que les Français savent ce qu'est le développement durable, à condition de ne pas leur demander de le définir... Cause ou conséquence ? Toujours est-il que les instituts de sondages et leurs commanditaires continuent à interroger les Français de préférence sur un aspect dudit développement durable, mais un aspect seulement : la consommation (citoyenne), le commerce équitable, l'environnement, le réchauffement de la planète ou le microcrédit, autrement dit des thématiques censées être plus précises car plus ciblées, mais qui ne font qu'aborder le développement durable par un bout plus ou moins important de la lorgnette, non sans, du même coup en véhiculer une vision réductrice et compliquer son appropriation par l'opinion publique. Difficile à appréhender, le développement durable l'est d'autant plus que les acteurs impliqués dans sa mise en oeuvre, à l'échelle locale, nationale ou internationale sont extrêmement divers : États, organisations interna­tionales, ONG, entreprises, etc., sans oublier... nous-mêmes, citoyens ou simples salariés, consommateurs, électeurs... Autant d'acteurs qui ont leur propre approche du développement durable, fonction de leur vision du monde, de leur appétence pour le modèle de consommation de masse hérité de la société industrielle, de leur capacité à prendre part aux débats, à s'informer...


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli