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Am see

Couverture du livre Am see

Auteur : Catherine Weinzaepflen

Date de saisie : 02/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-7210-0559-5

GENCOD : 9782721005595

Sorti le : 16/05/2007


  • La présentation de l'éditeur

AM SEE

«Au-dessus de la porte d'entrée du café d'où je t'écris, l'image d'un immense paquebot dans un cadre en loupe. Tu vois où je veux en venir... Qu'importe alors sa desti­nation. Bien sûr, tu peux mettre en place une palmeraie sur sol de sable blanc, des perroquets voletant d'un arbre à l'autre et le doux ressac d'une mer calme. Mais là n'est pas l'essentiel pour moi. L'odeur de la haute mer, un irrepérable horizon pour une croisière qui n'en finit pas et le sillage du bateau comme seule preuve du déplace­ment : autant d'éléments pour me convenir.»

C.W.

Catherine Weinzaepflen a publié ses premiers livres aux Éditions Des femmes : Isocelles (1977) et La Farnésine, jardins (1978). Romancière et poète, elle est également l'auteure, entre autres, de Portrait et un rêve (Prix France Culture 1983), L'Ampleur du monde, Totem (Flammarion), Ismaëla (Atelier des Brisants), Les Mains dans le jaune absent (Éditions du Scorff). En 2006, elle a reçu le prix Brantôme pour son roman Orpiment (Des femmes-Antoinette Fouque). La première version du texte Am See, intitulée La Parole nomade, a été mise en ondes sur France Culture en 1980. Am See a été publié pour la première fois en 1985 (Flammarion).



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  • Le message de l'auteur

Catherine Weinzaepflen - 04/06/2007



  • Les premières lignes

le 9 nov.

Le froid et la pluie continuent. Et tant de difficultés à me lever le matin...
Tu me demandes s'il est nécessaire de partir aussi loin. L'éloignement est important, c'est sûr. Mais surtout, il s'agit d'un endroit que je connais et je n'envisage pas, en ce moment, d'aller n'importe où.
La maison est très isolée, à une vingtaine de kilomètres de la ville. Je ne pense pas que cette situation ait changé. Rien ne signale son existence à ceux qui circulent sur la route, en direction des chutes. Lorsque tu t'engages sur le chemin - deux mètres de large - tu t'enfonces dans une folle végétation. À cinquante mètres de la route, sur la droite, une trace de sentier, cachée par les herbes. Le toit en tôle ondulée que l'on distingue à travers le feuillage est celui d'un ancien garage. Je me demande si la graisse noire qui maculait la fosse a séché depuis. Autrefois déjà, les carreaux du réduit où l'on entreposait les pièces détachées étaient brisés et personne ne songeait à les remplacer.
Avant d'atteindre la maison, le chemin tourne à droite. Le bâtiment tout de plain-pied, est percé de fenêtres dont certaines, symétriques, permettent de voir une partie du fleuve à travers la maison. Tu te trouves immédiatement dans une très grande salle de séjour. À droite, une porte donne sur la cuisine, à gauche, une autre permet d'accéder à la chambre meublée d'un seul immense lit et d'une armoire. Au-delà de cette pièce, la salle de bains, de mêmes dimensions.
L'année où j'y ai séjourné, je ne disposais pas d'une chambre à moi... L'espace qui m'était réservé se trouvait dans la cuisine que l'on avait séparée en deux par un grand rideau. Derrière celui-ci, un lit surmonté d'une moustiquaire. Dire que je n'avais pas été en mesure de comprendre alors, que l'installation de cette «pièce» témoignait de toute leur attente... (...)

Je t'embrasse.
Camille


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