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Sténo sauvage : la vie et la mort d'Isaac Babel

Couverture du livre Sténo sauvage : la vie et la mort d'Isaac Babel

Auteur : Jerome Charyn

Traducteur : Marie-Pierre Bay

Date de saisie : 10/07/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bibliothèque étrangère

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-7152-2596-1

GENCOD : 9782715225961

Sorti le : 13/04/2007

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  • La présentation de l'éditeur

" J'ai trouvé les Nouvelles de Babel dans une librairie et suis tombé sur celle intitulée " Le Roi", avec son hors-la-loi pervers en complet orange qui règne sur Odessa et se débarrasse de ses ennemis en tirant en l'air.
Il s'appelait Benya Krik et je l'ai reconnu tout de suite, au point d'en ressentir des spasmes de plaisir et de souffrance... J'ai continué à lire, encore et encore. Babel m'entraînait dans d'impitoyables contes de fées... avec ce langage étrange qui rayonne dans toutes les directions et nous baigne dans une hémorragie de verbes et de noms. " Jérôme Charyn, comme Ernest Hemingway avant lui, ne pouvait qu'être fasciné par le style haletant, coloré, haché, par la "sténo sauvage" d'Isaac Babel.
Pendant les années 1920, les deux livres de nouvelles de Babel, Cavalerie rouge et les Contes d'Odessa, connaissent un immense succès et permettent de croire que la révolution russe a trouvé son grand écrivain. Mais les excès dont Babel est témoin lui font vite horreur, tandis que l'impitoyable censure le freine dans tous les domaines. Arrêté en 1939, il sera fusillé en 1940 sur ordre de Staline. Jérôme Charyn nous donne ici un portrait tout en nuances d'un homme dévoré par un système auquel il avait d'abord cru et d'un écrivain qui n'a pas eu le droit de donner sa pleine mesure.

Jérôme Charyn est l'auteur de plus de trente romans et essais critiques. Il vit à New York et à Paris où il enseigne à l'Université américaine.





  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, juillet 2007

Le truculent romancier américain, après avoir écrit sur Hemingway, le ping-pong, New York et son enfance dans le Bronx, se penche cette fois sur un écrivain inouï, le Russe Isaac Babel, dont le charme fragile et la férocité ont illuminé à jamais ceux qui eurent un jour la chance de dévorer ses nouvelles...
Reliant l'oeuvre et la biographie avec une grande pertinence, Charyn donne à voir un homme incernable broyé par un système. En refermant son portrait-enquête, le néophyte n'aura plus qu'une seule envie : aller faire immédiatement connaissance avec le petit monde de Babel. Rencontrer enfin Benya Krik, hors-la-loi pervers en complet orange qui régnait sur Odessa, roulait tous les policiers locaux, se débarrassait de ses ennemis en tirant en l'air, et pouvait tomber amoureux de la fille d'un commerçant au cours d'une de ses rapines nocturnes avant de restituer les marchandises volées !


  • La revue de presse Claude Arnaud - Le Point du 31 mai 2007

Isaac Babel fut de ces esprits assez libres, sous Staline, pour penser par eux-mêmes. Longtemps gâté par le régime issu de 1917, l'auteur des très populaires «Contes d'Odessa» ne put jamais devenir un bon «ingénieur des âmes» - le triste statut que Staline réservait aux écrivains...
Le bel essai que Jerome Charyn consacre à Babel montre comment la mythomanie cruelle de ce lyrique, qu'on pourrait comparer à Blaise Cendrars, fut stérilisée par la peur, au tournant des années 30. Au contraire de Lénine, Staline lisait volontiers par plaisir ; il pouvait s'enflammer pour Boulgakov, dont «Le Maître et Marguerite» raillait pourtant le régime, comme expédier au goulag Mandelstam pour un seul poème. Il y avait du poète rentré chez ce tyran capable de pleurer à la mort d'un auteur qu'il avait fait torturer, et qui dut juger Babel un «ingénieur» insuffisamment productif : dénoncé par le chef de la Tcheka, Iejov, dont la maîtresse avait d'abord été la sienne, Babel finira en 1939 à la Loubianka...
Toutes ces horreurs n'ont qu'un demi-siècle. A lire Malraux, Babel et Charyn, on jurerait pourtant qu'elles remontent au Moyen Age.


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