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J.-K. Huysmans : le forçat de la vie

Couverture du livre J.-K. Huysmans : le forçat de la vie

Auteur : Patrice Locmant

Date de saisie : 28/09/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Bartillat, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-84100-394-5

GENCOD : 9782841003945

Sorti le : 19/04/2007


  • La présentation de l'éditeur

Qui fut Joris-Karl Huysmans (1848-1907) ? Écrivain et critique d'art ; romancier naturaliste, esthète décadent et converti littéraire ; défenseur de l'art moderne et des peintres primitifs ; figure majeure de l'avant-garde fin de siècle avant de se retirer, à la fin de sa vie, dans la solitude des monastères, J.-K.
Huysmans a plusieurs visages... Derrière les multiples facettes de sa personnalité se cache un homme discret, voire secret, mal connu ; un homme irrésistiblement attiré vers l'Absolu, habité par le doute et pétri de contradictions, un " forçat de la vie " en somme, comme il se définit lui-même ; mais un caractère indépendant, aux convictions sincères et qui n'a eu de cesse de résister à toutes les compromissions de son époque pour préserver sa liberté. En marge des biographies conventionnelles, Patrice Locmant traque, à travers ce portrait, " l'homme intérieur " et nous introduit dans l'intimité protégée de celui qui fit le choix de l'originalité pour tracer une voie nouvelle dans la littérature.

Patrice Locmant a préfacé plusieurs livres de Huysmans : Le Drageoir aux épices, Les Églises de Paris, et notamment À Paris et Écrits sur l'art aux Éditions Bartillat.

«Sous un titre formidable - «le Forçat de la vie» -, Patrice Locmant raconte l'enfer de J.-K. Huysmans, cet homme multiple épris d'absolu. Il fait si bien son portrait qu'on dirait qu'il l'a connu, et parfois consolé.»
(Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur)

«Un essai biographique dont le mérite principal est sa verve entraînante» (Jean Borie, Le Magazine littéraire)

«Une biographie signée Patrice Locmant sort de l'ombre un auteur inclassable» (François Cérésa, Le Figaro littéraire)

«Huysmans provoque des passions inépuisables... Patrice Locmant et les éditions Bartillat sont les principaux représentants de Huysmans à l'aube de ce XIXe siècle»
(Patrick Besson, Marianne)





  • La revue de presse François Cérésa - Le Figaro du 7 juin 2007

Patrice Locmant, dans la biographie qu'il lui consacre, l'assimile à un forçat de la vie, ce qui semble aussi excessif que l'amour de la litote chez Mme Verdurin. Il insiste sur le Jika intime qui, mine de rien, avec Des Esseintes dans À rebours et Durtal dans Là-bas, annonce, par son dégoût du monde et sa quête désespérée de l'absolu, le Bardamu de Céline et le Roquentin de Sartre. En effet. Sorte de Sapeur Camember échappé d'une tentation de saint Antoine, le décadent et mystique Huysmans, parfois plus fumeur que fumeux (ilmeurt d'un cancer de la mâchoire en 1907), donne l'impression d'être un Dorian Gray redessiné par Breton, agaçant et génial, auteur décrié d'À rebours, le premier antiroman du XXe siècle.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 31 mai 2007

Son existence, 1848-1907, est vraiment stupéfiante. Rondde-cuir au ministère de l'Intérieur pendant plus de trente ans, Georges Charles (alias Joris-Karl) Huysmans a été, un temps, naturaliste avec Zola avant de préfigurer le surréalisme...
Sous un titre formidable - «le Forçat de la vie» -, Patrice Locmant raconte l'enfer de cet homme multiple épris d'absolu. Il fait si bien son portrait qu'on dirait qu'il l'a connu, et parfois consolé.



  • Les premières lignes

«Dire qu'il y a toujours un Avant et un Après et jamais un Maintenant qui dure !»

Turbulences rue Suger

Le boulevard Saint-Michel, un après-midi d'été. Le défilé habituel et tonitruant des voitures. Sur les trottoirs bordés de platanes glisse le flot furieux des piétons. Vrombissements des moteurs, bousculades, cacophonie. Ainsi va la vie en ce début du XXIe siècle, dans la grande capitale moderne qu'est Paris. Chorégraphie urbaine rythmée par la mélodie des klaxons. Ballet contemporain des corps guidés par la rhapsodie régulière des feux tricolores. Comme la ville paraît calme, et les hommes immobiles dans leurs mouvements de fourmis affolées qui ne laissent, malgré le désordre apparent du décor, nulle place à l'improvisation.

22 février 1848. Le décor est, à peu de chose près, semblable. Et pourtant le désordre des corps semble d'une autre nature, furieux et plus libre dans ses mouvements, comme mu par une folie collective qui pousse la foule hurlante, délivrée de ses chaînes, en direction de la Seine dont la course s'accélère, comme effrayée par cette vague de colère qui se déverse dans les rues de Paris. Le long du boulevard, les platanes défeuillés se figent sous l'étreinte des pavés gelés. Une odeur de sueur mêlée d'alcool, portée par de grands cris, arpente le boulevard Saint-Michel. Une révolution est en marche.
Elle court et s'enlace, incontrôlable, autour de la petite rue Suger, où une mère, penchée au-dessus d'un berceau, effrayée par les hurlements qui montent du boulevard jusqu'à sa fenêtre, retient son souffle comme une bête traquée.

C'est aujourd'hui une rue calme et retirée. Presque une sente, un paisible chemin de traverse. Sur la place Saint-Michel voisine, l'archange au glaive ardent, au regard vengeur et triomphant, suspend, de son doigt impassible dressé vers les cieux impuissants, le cours du temps. Si bien que l'on se sent, au coeur de cette rue Suger, comme à l'abri de tout péril.
Au n° 11, au-dessus d'une large porte cochère à double vantaux, sur une façade grisonnante, est fixée une plaque, discrète, modeste, à l'image du quartier :

Ici est né
le 5 février 1848
J.-K. HUYSMANS
Ecrivain français

Quelques mots à demi effacés, l'empreinte d'une vie disparue elle-même sur le point de disparaître. Dernières traces d'une existence dont le souvenir glisse peu à peu vers l'oubli. Ultime tentative des hommes pour relier le monde des morts à celui des vivants et amarrer le passé au présent.
Certains lieux sont les geôliers de la mémoire. Contrairement aux cimetières, gardiens endormis des souvenirs morts et enterrés, ces lieux témoignent d'une vivante présence, d'une histoire qui se traîne et tarde à toucher à sa fin, d'un passé encore en démêlés avec l'instant présent et auquel il s'accroche comme pour ralentir son basculement amnésique dans le néant.
Ces lieux sont la véritable mémoire des vivants. Par fétichisme ou superstition, nous nous y agrippons dans un ultime espoir, comme on retient vainement un mourant qui s'en va. Demeures habitées par une présence obscure, où flotte un parfum désuet de souvenirs. Quartiers imprégnés de la mémoire d'un homme, où l'on vient chercher les preuves tangibles d'une existence, les traces effacées d'un passage parmi les vivants. Lieux d'une métempsychose féerique qui superpose au présent un passé fugitif.


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