Auteur : Julien Green
Date de saisie : 21/06/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-08-120487-4
GENCOD : 9782081204874
Julien Green retrace sa jeunesse à Paris, dans une famille nombreuse, désordre et bohème. Il vit la Première Guerre, s'engage même à peine majeur (il parle plus poésie qu'il ne se bat), et à l'armistice, part pour l'Université de Virginie.
À son retour, âgé de 23 ans, une idée se fixe en lui : il sera écrivain. Bientôt il croise Mauriac et Gaston Gallimard, Pour Un voyageur sur la terre, il signe un contrat sans savoir le déchiffrer et demande à Cocteau de dessiner son portrait pour le frontispice. Ce sera une vraie rencontre. Ces années furent pour lui des moments de liberté totale, décrits avec un charme et un humour merveilleux. Écrits en anglais, publiés aux Etats-Unis en 1942, ces Souvenirs ont été traduits par Green lui-même, mais le texte reste inédit en France.
Pour le lecteur français, il offre un éclairage décalé, complémentaire de son Journal.
Né à Paris de parents américains en 1900, décédé le 13 août 1998, Julien Green a été une des figures majeures de la littérature française. Il nous a laissé une importante oeuvre romanesque (Mont- Cinère, Adrienne Mesurat, Léviathan, Le Visionnaire, Chaque homme dans sa nuit...) et théâtrale (Sud, L'Ennemi, L'Ombre), ainsi que son Journal qui traverse tout le siècle. Le dernier volume du journal, Le Grand Large du soir, est paru en septembre 2006.
Peu d'expériences sont aussi émouvantes pour un lecteur que de découvrir le chef-d'oeuvre posthume d'un grand écrivain. On dirait que le temps s'écarte, comme un voile ; que les livres autrefois admirés menaient vers ce point d'aboutissement situé au-delà de la mort de l'auteur. Souvenirs des jours heureux est l'un des grands livres de Green, à côté de Frère François, de Mont Cinère et du journal des années cinquante. Le livre a été écrit en anglais et publié aux États-Unis en 1942, où l'auteur était en exil. Traduit en français par Green lui-même, il était resté inédit. Il retrace les années de sa jeunesse, jusqu'à ses premiers livres. On y retrouve, bien sûr, la qualité du mémorialiste, dont le récit de son exode, en 1940, avait donné un exemple inoubliable. Mais ce livre-là est plus intime, plus profond. Il est près de la source, de la substance même de Green : un Américain des États du Sud, qui ont disparu, transporté enfant dans une France qui elle aussi a disparu.
L'oeuvre de Julien Green ressemble à ces étoiles dont la lumière nous parvient mais qui se sont éteintes depuis longtemps. Souvenirs des jours heureux nous entraîne dans un monde qui est encore celui du xixe siècle...
Souvenirs... est donc le récit des années d'enfance, jusqu'au seuil de l'âge adulte, de Julien Green, Américain de Paris à l'imagination fertile qui se déplace en omnibus tiré par de lourds percherons, entouré de ses soeurs et de sa mère. C'est un livre curieux, désuet, mais d'où s'échappe pourtant un charme particulier, celui que peuvent avoir certaines images de lieux familiers que l'on retrouve dans un grenier...
Ce qui, finalement, nous touche le plus dans ce récit, c'est l'amour que Julien Green porte à la France. Affection qu'elle lui aura bien rendue.
Rédigés en anglais - chose exceptionnelle, car c'est en français que Green l'Américain a construit toute son oeuvre -, en 1942, période de guerre, les Souvenirs des jours heureux avaient pour vocation première, explique l'écrivain en postface, de «montrer à mes compatriotes ce que la France était pour moi et donc pour eux». C'est donc la France, telle qu'elle apparaissait au regard du petit Américain au seuil du XXe siècle, telle qu'il s'est attachée à elle au point de s'engager à 17 ans pour la défendre, qui est au coeur de ce joli texte, demeuré inédit en français jusqu'à ce jour.
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