Auteur : Romain Pigeaud
Date de saisie : 29/05/2007
Genre : Archéologie, Préhistoire
Editeur : EDP sciences, Les Ulis, France
Collection : Bulles de sciences
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 2-86883-921-5
GENCOD : 9782868839213
Sorti le : 25/05/2007
Comment reconstituer la Préhistoire ?
Comment faire parler les grottes et les silex ?
Les archéologues «officiels», ceux qui étudient les pyramides et les monuments romains bien visibles, sont écoutés avec respect. Les préhistoriens, eux, n'ont que quelques morceaux de métal rouillé ou des bouts d'os et de pierre à montrer... Et pourtant, ils parviennent à reconstituer notre lointain passé. Il ne s'agit pas de sorcellerie, d'imagination exaltée ou d'une oeuvre de faussaire mais d'un véritable travail scientifique.
Comment reconstituer la Préhistoire ? montre combien il est difficile de faire parler les archives du sol. L'ouvrage détaille les trois niveaux de recherche : la fouille, l'analyse et l'interprétation. Il présente les techniques, de plus en plus sophistiquées, et les garde-fous propres à chaque niveau.
Car la Préhistoire, cette jeune science pluridisciplinaire, a l'avenir devant elle, tant la soif de comprendre notre passé est le corollaire de notre besoin de modernité. Le préhistorien ne travaille pas pour lui, mais pour les générations futures. Bénéficiant des techniques et matériels modernes des autres disciplines scientifiques, il peut aujourd'hui mieux exploiter les formidables ressources du passé, que nous sommes loin d'avoir épuisées.
La Préhistoire n'est donc pas la science du passé, c'est la science de l'expérience du passé. Comment reconstituer la Préhistoire ? décrit le quotidien du préhistorien, son travail, ses déceptions, ses doutes. Une belle rencontre entre les mondes d'hier, d'aujourd'hui, et de demain.
Romain Pigeaud est docteur en Préhistoire, associé au département de Préhistoire du Muséum national d'Histoire naturelle (UMR 5198 du CNRS). Spécialiste de l'art des cavernes, il exerce également une activité de vulgarisateur scientifique et a publié de nombreux ouvrages.
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Extrait de l'introduction :
«Parlez... mais parlez donc !» Cette adresse de l'abbé Mahé, en 1825, aux grosses pierres des dolmens a quelque chose de pathétique (figure 1). C'est pourtant la même phrase que le préhistorien se retient de prononcer chaque jour dans son laboratoire ou sur son terrain. Que cette pierre soit un fossile ou un élément de construction mégalithique, elle offre une résistance qu'il faut vaincre par tous les moyens. Heureusement, ceux-ci ont considérablement augmenté. Qu'il est loin, le XVIIe siècle, époque où le danois Nicolas Sténon définissait pour la première fois le principe fondamental de la stratigraphie : de deux couches de terrain superposées, c'est celle située au-dessous qui est la plus ancienne. Ce principe est la loi d'airain de l'archéologue qui n'a pas accès aux textes, c'est-à-dire le préhistorien.
La Préhistoire, c'est bien sûr tout ce qui est arrivé à l'Homme avant qu'il invente l'écriture. Par convention, on situe celle-ci en Mésopotamie, voici plus de 3 000 ans avant J.-C. Mais en toute rigueur, chaque région du Monde n'est pas entrée dans l'Histoire au même moment. En France, on pourrait situer ce passage au moment de l'arrivée des premiers colons grecs et de la fondation de Marseille, vers 600 ans avant J.-C. Ou bien le dater des premiers textes antiques (Pythéas, Poseidonios, Diodore de Sicile...) où l'on parle des Gaulois - car on peut rentrer dans l'Histoire sans le savoir, à son corps défendant. Le danger serait d'y voir forcément un progrès ; après tout, il existe encore aujourd'hui des peuples sans écriture : sont-ils pour autant moins évolués ? Le préhistorien doit donc se positionner dans le temps mais aussi face à sa propre vision du développement de l'humanité.
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