Auteur : Thöndrupgyäl
Traducteur : Françoise Robin
Date de saisie : 01/06/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bleu de Chine, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-84931-026-7
GENCOD : 9782849310267
Le narrateur reçoit une lettre lui annonçant le décès d'un ami artiste, perdu de vue depuis longtemps, et dont il avait jadis juré de narrer l'existence tumultueuse. Cette disparition brutale le pousse à tenir sa promesse : les souvenirs s'emboîtent, dévoilant une vie de peintre sublimée par l'amour et la création artistique.
Fils de paysans tibétains de l'Amdo (nord-est du Tibet), adolescent pendant la Révolution culturelle, historien et homme de lettres, Thöndrupgyäl (1953-1985) s'est suicidé à trente-deux ans, laissant une oeuvre importante.
De Thöndrupgyäl, Bleu de Chine a publié La Fleur vaincue par le gel.
Extrait de l'avant-propos :
La nouvelle ici traduite occupe à deux titres une place particulière dans l'oeuvre fictionnelle de Thöndrupgyäl (1953-1985), chef de file des écrivains tibétains qui émergèrent après la révolution culturelle. D'une part, les événements et les personnages décrits font la part belle à la première moitié du XXe siècle, alors que les autres nouvelles que nous a laissées son auteur (quatorze au total) se déroulent en général entre 1950 et 1985. D'autre part, Thöndrupgyäl s'est dispensé de livrer un message social, ignorant ainsi la tâche assignée par les autorités chinoises à la littérature apparue au Tibet et à laquelle lui-même a largement souscrit. L'Artiste tibétain se contente en effet de décrire des sentiments humains universels tels que l'amour et l'amitié, et d'évoquer les questions de transmission, de mémoire et d'ingratitude. Nulle morale, rien que la vérité des sentiments et l'intemporelle fragilité des relations humaines. La littérature pour la littérature, en quelque sorte, ce qui est assez rare pour être signalé dans un contexte où celle-ci a d'abord et avant tout été encouragée par les autorités culturelles de l'État chinois pour servir des motifs sociopolitiques.
En outre, cette nouvelle permet à Thöndrupgyäl d'évoquer un monde peu connu du lectorat tibétain et, a fortiori, des lecteurs occidentaux : la communauté des villageois artistes de la vallée de Rebkong (chinois : Tongren, actuelle province du Qing-hai), riche tant du point de vue de ses ressources naturelles que des érudits et artistes qu'elle a vus naître. Principalement religieux, l'art produit par ces villageois est avant tout pictural et s'exporte dans tout l'Amdo, jusque dans les célèbres monastères de Labrang et Kumbum. Il a connu son apogée entre les XVIIe-XIXe siècles, deux cent années pendant lesquelles les habitants de la province de l'Amdo se sont convertis en masse au bouddhisme de type réformé gelukpa, mouvement qui entraîna la construction ou la conversion de très nombreux monastères, d'où des besoins accrus en matière de peintures murales, de décoration intérieure, de thangka, d'appliqués géants que l'on déroulait une à deux fois par an lors des fêtes locales.
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