Auteur : Philippe Frey
Date de saisie : 25/06/2007
Genre : Récits de Voyages
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7096-2901-0
GENCOD : 9782709629010
Sorti le : 04/04/2007
Philippe Frey a traversé tous les déserts du monde, les plus grands de chaque continent.
Depuis trente ans, il a parcouru près de quarante mille kilomètres, à pied ou à dos de chameau, dans la fournaise, les vents de sable, surmontant la faim, la soif, l'épuisement, la solitude, et mille dangers... En devenant tour à tour chamelier saharien, chasseur-cueilleur en Afrique australe, Baloutche masqué en Orient ou en se faisant accepter par les tribus indiennes du Nouveau Monde, Philippe Frey a découvert des peuples et des cultures parmi les plus vieux du monde.
Ethnologue de la survie, il a pu ainsi étudier les capacités de l'homme à résister et à s'adapter au plus hostile des milieux. Aujourd'hui, après avoir vécu tant d'aventures, d'expériences, ressenti tant d'émotions, Philippe Frey, qui poursuit son exploration des déserts encore quatre mois par an, cherche à transmettre sa passion et ses découvertes. Il nous sert de guide dans ce voyage passionnant au coeur de la fournaise.
Philippe Frey est docteur en ethnologie. Il est l'un des meilleurs connaisseurs des déserts et des nomades, dont il connaît bien des secrets. Il est aussi l'auteur de nombreux livres dont Nomade blanc.
Amené à s'interroger sur les mécanismes de la souffrance, de la solitude et sur la mort, ce docteur en ethnologie s'est spécialisé dans les techniques de survie à force d'observer les nomades. L'expérience lui fut salvatrice lors des trois mois passés dans les geôles de Jaisalmer (Inde), pour avoir franchi illégalement une frontière. 50°, déserts brûlants, foisonnant récit de ses voyages, est aussi un essai sur la question qui le hante : «Pourquoi les plus vieilles populations de la planète sont-elles souvent les peuples du désert ?»
Extrait du prologue :
Pourquoi parcourir les déserts ? L'expression même «traversée du désert» évoque plutôt pour chacun une période difficile, faite de souffrances et de doutes.
On pourrait aussi bien se demander pourquoi naviguer sur les océans, escalader des sommets ou explorer l'espace. À chaque fois, c'est certainement la curiosité qui nous pousse à découvrir des lieux inconnus, se dépasser et se confronter à soi-même et ses interrogations : Vais-je y parvenir ? Suis-je capable de m'adapter à ces nouvelles situations ? Que vais-je apporter à la connaissance ? N'est-ce pas un petit apport au monde et à l'humanité ?
Certes, au début, on part souvent sans trop savoir pourquoi. On lâche les amarres. La tête haute, mais avec une certaine appréhension quand même, on a décidé de découvrir de nouveaux horizons pour ressembler aux héros de bande dessinée qui nous fascinaient tant enfant ou aux personnages de Kessel, de Jules Verne... La vraie raison est souvent plus secrète. Rares aussi sont ceux qui quittent une vie bien rangée parce qu'ils se sentent mal chez eux. Ils savent bien au fond d'eux-mêmes qu'ils transporteront leur mal-être dans leur bagage... Non, c'est un appel sourd et irrépressible qui vous pousse en avant.
Il faut un certain courage pour ne pas faire comme les autres, se sentir différent, étranger à son propre pays. Il faut aussi pouvoir y revenir un jour - personne ne peut jouer les grands nomades asociaux bien longtemps... - et retrouver un père, une mère, une aimante.
Et je suis parti...
Heureusement, l'appel de l'inconnu s'est fait à l'adolescence, lorsque l'enfant se cherche et peine à entrer dans sa peau d'homme. Du coup, mon apprentissage de la vie également a été celui des grands espaces et d'autres cultures. On apprend à s'adapter et on se dit aussi que le monde et ses mystères sont tellement vastes qu'il y faut bien plus d'une vie et qu'on a déjà gagné du temps : on a commencé sa vie de rêve et d'aventure tôt.
Tant de gens qui vivent et travaillent sous la grisaille se disent : «Ah, que j'aimerais partir et m'évader !» Il faut s'en donner les moyens et renoncer à la sécurité, la stabilité ou la tranquille assurance de ne vivre que comme il faut et à l'endroit où il faut.
Aujourd'hui beaucoup de gens voyagent en dilettante. Force est de constater que le voyage n'a jamais été aussi facile et aussi bon marché. Mais les touristes en reviennent sans réelle découverte, sans surprise... avec un léger hâle qui ne durera que deux semaines au plus. Il disparaîtra bien avant le souvenir des hôtels, des lagons ou des montagnes. Et tout se sera estompé.
Une certaine routine aura repris le dessus dès la reprise du travail.
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