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Ma grande guerre : récits et dessins 1914-1918

Couverture du livre Ma grande guerre : récits et dessins 1914-1918

Auteur : Gaston Lavy

Date de saisie : 21/10/2004

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Larousse, Paris, France

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-03-505459-3

GENCOD : 9782035054593

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  • La revue de presse Philippe Gavi - Le Nouvel Observateur

Le «manuscrit» de Gaston Lavy dormait dans les archives du Musée d'Histoire contemporaine. Une rareté, presque un incunable. Ce journal d'un poilu est un authentique chef-d'oeuvre d'art naïf. En 1920, ce fils de peintre-plâtrier, avant-dernier d'une fratrie de sept enfants, dessinateur et métreur en bâtiment, a entrepris de faire le récit, à partir de notes et de croquis réalisés in vivo, des «modestes souvenirs» de ces heures cruelles «dont nul, s'il ne les a subies, ne peut en comprendre toute l'horreur». Il le fait en «infime acteur de la grande tragédie». La tâche lui a pris vingt ans. Miracle, l'autodidacte a la précision d'un scribe, l'oeil de Capa, le lyrisme de Bernanos, l'humour noir de Courteline ou du Sapeur Camember, le goût de l'absurde et du détail qui tue d'un Kafka. On est stupéfait par la qualité de la mise en pages, dans le style scolaire des livres illustrés de l'époque, charmé par les aquarelles à l'esprit goguenard, touché par cette calligraphie de greffier... Lavy procède par touches, plans rapprochés et dialogues. Il fait voir la petitesse d'esprit, l'incurie, la lâcheté des gradés... Les descriptions coupent le souffle : telle «cette rampe de terre qui dévale jusqu'à l'horizon étale sous la clarté de la fusée des tons de cendre, çà et là quelques piquets à moitié enterrés dressent leurs têtes embroussaillées de volutes barbelées»... Au fil des jours, le lecteur revit physiquement, comme s'il y était, l'inouïe pagaïe, la faim et le froid, les pauvres corps raidis, la vache laitière à l'infirmerie, le «marche ou crève» dans l'aube blafarde, les corvées inutiles, les maisons éventrées, l'église décapitée, les unités paumées, les mutineries... Quel sens donner au destin ? La femme et la fille de ce rescapé de la première grande boucherie mondiale ont brûlé vives le 5 octobre 1921, dans l'incendie du tunnel des Batignolles.


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