Auteur : Natalie Zemon Davis
Date de saisie : 15/06/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Biographie Payot
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-228-90175-8
GENCOD : 9782228901758
Sorti le : 11/04/2007
Rendu célèbre par la plume romanesque d'Amin Maalouf, Léon l'Africain est avant tout un personnage de chair et de sang qui, au tournant des XVe et XVIe siècles, connut un destin hors du commun.
Chassé de Grenade avec sa famille par la reconquête catholique en 1492, devenu diplomate au service du sultan de Fès, il voyagea aux confins de l'Afrique noire et de l'Égypte jusqu'à la cour du Grand Turc Selim à Constantinople. Capturé en mer par des pirates et jeté dans une geôle romaine, il en fut libéré par le pape Léon X en échange de sa conversion au christianisme. D'Hassan al-Wazzân, le voyageur musulman, il devint Léon l'Africain, l'érudit et géographe chrétien qui, aux plus belles heures de la Renaissance, ouvrit les portes de la langue et de la civilisation arabes à des humanistes italiens avides de savoir.
La très grande historienne qu'est Natalie Zemon Davis s'est lancée à la poursuite de ce passeur de frontières entre Orient et Occident qui aimait à brouiller les pistes. En habile conteuse, elle nous entraîne sans peine dans les méandres de cette aventure fascinante. Établissant d'audacieux parallèles des deux côtés de la Méditerranée entre Rabelais et al-Idrîsî, Machiavel et Ibn Battûta, Castiglione et Ibn Khaldûn, elle jette surtout des passerelles entre des cultures et des traditions dont elle préfère souligner les emprunts plutôt que les différences, " témoignant qu'il est possible de communiquer et de faire preuve de curiosité dans un monde divisé par la violence ".
Une belle leçon de tolérance et d'espoir, toujours d'actualité.
Pionnière de l'histoire culturelle et sociale, l'Américaine Natalie Zemon Davis a connu un succès mondial avec son best-seller Le Retour de Martin Guerre, adapté par deux fois au cinéma. Résolument francophile, comme le montrent ses travaux sur la France moderne (Essai sur le don dans la France du XVIe siècle, 2003 ; Juive, catholique, protestante, 1997), elle a codirigé le vol. 3 de l'Histoire des femmes de Georges Duby et a récemment fait l'objet d'un livre d'entretiens avec Denis Crouzet (L'Histoire tout feu tout flamme, 2004). Professeur émérite de l'université de Princeton, elle vit désormais à Toronto.
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Dans «Léon», le savant chrétien de Rome qui donne des leçons d'arabe à son parrain le cardinal Gilles de Viterbe et travaille avec des intellectuels juifs, que reste-t-il de Hassan le Maghrébin musulman qui voyageait pour le compte du sultan de Fès ? Etait-il deux en un, comme Martin Guerre, le vrai, et Armand du Tilh, le faux ? A-t-il pratiqué la taqiyya, cette dissimulation de la vraie foi par précaution qu'autorise la doctrine coranique, même lorsqu'il parle, une seule fois il est vrai, de «la pestilence de Mucametto», façon qui n'est qu'à lui de désigner le Prophète ? Mal à l'aise entre deux mondes, celui dans lequel il est né et qu'il aurait trahi, celui dans lequel il s'est littérairement épanoui mais était socialement déclassé, il s'est, de retour en Afrique après le sac de Rome en 1527, enfermé dans le silence. C'est ce que suppose Natalie Davis. Car son livre, subtil et foisonnant, très sûr et documenté sur les lieux et les milieux qu'a fréquentés Hassan/Léon, fait appel, dès qu'il traite de sa personne même, au-delà de rares certitudes, à beaucoup de conjectures. Il s'ensuit un large recours au conditionnel, que l'auteur avoue et assume, parlant d' «histoire plausible». Quand elle revêt une telle force, et servie par tant de probité, aucune histoire n'est plus légitime que celle-là, ni plus séduisante. Car on y voit comment, écrit Natalie Davis, Léon l'Africain «a cousu ensemble les ficelles diverses de sa vie», et surtout comment la grande historienne lui a tenu la main.
En retraçant le destin de Léon jusqu'à son retour en terre d'islam, et en retrouvant dans les textes qu'il écrit lors de son séjour italien les modèles de la littérature arabe, Natalie Zemon Davis réussit donc un double pari : donner au monde musulman sa place véritable dans l'histoire des échanges intellectuels du XVIe siècle, et reconnaître aux hommes ballottés par les guerres et l'affrontement des religions le rôle de sujets de leur histoire.
Rome, octobre 1518. Dans les rues, on parle de la capture d'un diplomate musulman. De quel sultan est-il le représentant ? Personne ne le sait. Lui-même entretient le doute. Il s'appelle Hassan al-Wazzân, mais l'histoire de ce côté-ci de la Méditerranée le retiendra sous le nom de Léon l'Africain. Un destin hors du commun que Natalie Zemon Davis retrace avec autant d'érudition que de ferveur...
Captivée par son sujet, Natalie Zemon Davis nous passionne pour cette époque, notamment cette société nord-africaine du XVI e siècle, où se mêlent les peuples et les religions.
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