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Pour l'amour d'un stradivarius

Couverture du livre Pour l'amour d'un stradivarius

Auteur : Pierre Amoyal

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-221-09473-0

GENCOD : 9782221094730

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  • La présentation de l'éditeur

«J'arrive devant l'hôtel au volant de ma voiture. Ne trouvant pas de place pour me garer, je me mets en double file, le temps de ranger mes affaires. Mon violon à la main, je me précipite dans le hall, où m'attendent mes bagages. Je pose mon blouson sur un sac et, par-dessus, les clefs de la voiture. Je n'ai toujours pas lâché mon violon. J'ai plusieurs sacs à caser, ainsi que mon instrument. À tout seigneur tout honneur, je m'occupe d'abord de mon ami Kochanski, que j'installe sur la banquette arrière. Je reviens dans le hall, attrape mon blouson, cherche mes clefs et cours à la voiture, croyant les avoir laissées à l'intérieur.
Le voleur est déjà au volant. Il met le contact, le moteur rugit, la Porsche démarre sur les chapeaux de roue.»

Depuis toujours Pierre Amoyal a rêvé de jouer un stradivarius. Le rêve devient réalité, et Pierre Amoyal offre au monde, avec cet instrument qui est véritable prolongement de lui-même, des concerts qui assoient définitivement sa réputation. En 1987, son stradivarius, le Kochanski, est dérobé. Pour le soliste, c'est pire qu'un vol : une amputation. Pendant quatre ans, il vivra des aventures dignes de Rouletabille pour récupérer son instrument : antiquaires véreux, collectionneurs peu clairs et policiers bizarres mènent une curieuse ronde pour garder ou revendre ce violon rarissime; les fausses demandes de rançon pleuvent; les propositions d'aide les plus absurdes lui sont faites...
Ce polar se double d'une extraordinaire autobiographie, pleine de verve et d'émotion. Celle d'un jeune prodige qui, à quatre ans, décide qu'il sera violoniste, à douze ans est premier prix du Conservatoire et à vingt ans virtuose international. Enseignant au conservatoire de Paris à vingt-huit ans, Pierre Amoyal transmet à ses élèves l'héritage de ses prédécesseurs. Homme de passion et de coeur, il s'engage dans des spectacles bien loin des classiques concerts musicaux et ira jusqu'à monter un spectacle avec l'écrivain-clown, spécialiste des enfants autistes, Howard Buten.
Un merveilleux hommage à ceux qui «font» la musique : par de multiples anecdotes et souvenirs, Pierre Amoyal nous emmène à la rencontre des musiciens, chefs d'orchestre et compositeurs qu'il a croisés ou interprétés.

Né en 1949 dans une famille russe, Pierre Amoyal s'est imposé à la vitesse d'une comète comme l'un des violonistes solistes les plus talentueux de notre époque. Il a écrit ce livre en collaboration avec Max Genève, romancier, auteur entre autres du «Château de Bela Bartok» (Zulma) et de romans policiers (Gallimard Série noire).





  • La revue de presse Agathe Fourgnaud - Le Point

En 1987, le violoniste Pierre Amoyal se faisait dérober son Stradivarius, l'un des cinq plus beaux violons au monde... de la fausse voyante au vrai truand en passant par les collectionneurs véreux, le célèbre concertiste vit des aventures dignes de Rouletabille. Jusqu'au jour où il remet enfin la main sur son instrument. Et décide de raconter ses péripéties... On comprend, à la lecture de ce livre long à accoucher, «Pour l'amour d'un Stradivarius», la raison de sa recherche effrénée : il ne s'agissait pas simplement de la perte d'un objet aimé, mais d'une véritable amputation. «Jusque-là, j'avais eu un parcours béni des fées. J'avais fait les bonnes rencontres au bon moment, et je m'étais offert l'inaccessible. Il y avait un côté insolent dans mon succès», dit-il. Cette épreuve l'a dégrisé.


  • La revue de presse Henri Haget - L'Express

... Pierre Amoyal, 55 ans, ne passe pas seulement pour l'un des plus grands violonistes du monde; il est aussi l'homme qui, un jour, s'est fait voler son stradivarius. L'affaire, qui dura quatre ans, avait ému toute la France. Aujourd'hui, le musicien raconte cet incroyable thriller dans un livre : Pour l'amour d'un stradivarius (Robert Laffont). L'histoire d'un rapt, donc. Parfaitement, d'un rapt. Car on comprend très vite, dans le livre comme dans la vie, que le célèbre violon, avant d'être une oeuvre d'art, incarne, au coeur du maestro, le plus fidèle des compagnons, son frère de son. «Chaque matin, quand j'ouvre sa boîte, il me parle, résume Pierre Amoyal. Et, moi, je lui confie mes secrets.»... C'est l'un des vingt plus beaux violons au monde, un joyau datant de 1717, l'âge d'or du maître de Crémone Antonio Stradivari. Combien coûte- t-il ? «Une fortune.» Pierre Amoyal répugne à en donner le prix... Il ne le quitte jamais des yeux. N'en laisse la garde à personne. Le serre contre lui quand il voyage. Ce n'est pas que l'ancien violon du tsar Nicolas II soit fragile. Il a survécu à la révolution bolchevique et sa caisse n'a pas varié d'un millimètre depuis trois siècles. C'est juste que le musicien se souvient qu'un bref instant de mégarde, le 15 avril 1987, lui a valu sa première mort. «Je voyais mon violon partir et j'ai eu l'impression que mon corps se vidait de son sang et de son âme.»

La scène se déroule à Saluzzo, dans le nord de l'Italie, où Pierre Amoyal est venu diriger une master class. Sa Porsche 911 est garée devant l'hôtel. Il paie sa note, commence par ranger son violon dans le coffre. Les clefs de la voiture traînent sur un sac. Le temps qu'il s'en aperçoive, le type a déjà enclenché la première. Valentino Giordano, alias le Gitan, plus connu pour ses talents de braqueur que pour son instinct de mélomane, a-t-il volé le bolide ou le stradivarius ?... Durant quatre ans, Pierre Amoyal va mener une enquête qui le conduira au bord de la schizophrénie... Il engagera des détectives privés, passera des petites annonces de collectionneur véreux pour appâter les malfrats, traquera les informateurs jusque dans les arrière-salles de bistrots sordides. Il finira même par payer 250 000 dollars pour faire sortir un mafioso de prison et tendre une embuscade fatale aux ravisseurs sur l'autoroute Milan-Turin... Tout se passe comme si son aventure rocambolesque l'avait aidé à tomber le corset du virtuose. Après y avoir sacrifié quelques centaines de milliers de dollars, Pierre Amoyal n'assure plus ses mains. «A quoi bon ? Si je deviens sourd, j'aurai l'air fin...»... L'épreuve a eu du bon. S'il vénère toujours autant son stradivarius, il n'en fait pas l'unique instrument de son talent : «J'ai longtemps pensé que ce violon était un don de Dieu. Désormais, il ne m'intimide plus. Dans notre couple, chacun a fini par trouver sa place.» Il sait maintenant qu'il est à la hauteur du mythe enfanté par Antonio Stradivari... Pierre Amoyal ne joue pas de la musique ; il la vit. C'est son ancien professeur, l'intransigeant Jascha Heifetz, qui, lors d'une ultime leçon, vingt ans après leur première rencontre, lui a légué les clefs du paradis. Le violoniste devait enregistrer la Havanaise de Saint-Saëns, une pièce très subtile, tout en finesse.

Pour en déjouer les pièges, il appelle son maître à Los Angeles. «Si vous y tenez, venez...», lâche celui-ci d'une voix hésitante. Sur place, Pierre Amoyal découvrira que son précepteur est presque infirme du bras droit et qu'il ne peut plus jouer du violon. 20 000 kilomètres pour rien ? «Au travail !» tranche Heifetz, qui, pour le reste, n'a pas changé. Quelques mesures plus tard, le verdict tombe. «Stop ! Ce qui vous manque, Pierre, c'est de n'avoir jamais dansé la havanaise avec une jolie femme de Cuba. Moi, si.» Et, doucement, le vieil homme se met à onduler au milieu de son salon en fredonnant Saint-Saëns. «Il dansait très bien, se souvient Pierre Amoyal. En un clin d'oeil, j'ai compris sur quelles notes je devais appuyer et comment phraser.» Ce jour-là, Jascha Heifetz lui a montré que le génie n'avait pas besoin d'un stradivarius pour s'exprimer...



  • Le message sonore

... Pierre Amoyal, 55 ans, ne passe pas seulement pour l'un des plus grands violonistes du monde; il est aussi l'homme qui, un jour, s'est fait voler son stradivarius. L'affaire, qui dura quatre ans, avait ému toute la France. Aujourd'hui, le musicien raconte cet incroyable thriller dans un livre : Pour l'amour d'un stradivarius (Robert Laffont). L'histoire d'un rapt, donc. Parfaitement, d'un rapt. Car on comprend très vite, dans le livre comme dans la vie, que le célèbre violon, avant d'être une oeuvre d'art, incarne, au coeur du maestro, le plus fidèle des compagnons, son frère de son. «Chaque matin, quand j'ouvre sa boîte, il me parle, résume Pierre Amoyal. Et, moi, je lui confie mes secrets.»... C'est l'un des vingt plus beaux violons au monde, un joyau datant de 1717, l'âge d'or du maître de Crémone Antonio Stradivari. Combien coûte- t-il ? «Une fortune.» Pierre Amoyal répugne à en donner le prix... Il ne le quitte jamais des yeux. N'en laisse la garde à personne. Le serre contre lui quand il voyage. Ce n'est pas que l'ancien violon du tsar Nicolas II soit fragile. Il a survécu à la révolution bolchevique et sa caisse n'a pas varié d'un millimètre depuis trois siècles. C'est juste que le musicien se souvient qu'un bref instant de mégarde, le 15 avril 1987, lui a valu sa première mort. «Je voyais mon violon partir et j'ai eu l'impression que mon corps se vidait de son sang et de son âme.»

La scène se déroule à Saluzzo, dans le nord de l'Italie, où Pierre Amoyal est venu diriger une master class. Sa Porsche 911 est garée devant l'hôtel. Il paie sa note, commence par ranger son violon dans le coffre. Les clefs de la voiture traînent sur un sac. Le temps qu'il s'en aperçoive, le type a déjà enclenché la première. Valentino Giordano, alias le Gitan, plus connu pour ses talents de braqueur que pour son instinct de mélomane, a-t-il volé le bolide ou le stradivarius ?... Durant quatre ans, Pierre Amoyal va mener une enquête qui le conduira au bord de la schizophrénie... Il engagera des détectives privés, passera des petites annonces de collectionneur véreux pour appâter les malfrats, traquera les informateurs jusque dans les arrière-salles de bistrots sordides. Il finira même par payer 250 000 dollars pour faire sortir un mafioso de prison et tendre une embuscade fatale aux ravisseurs sur l'autoroute Milan-Turin... Tout se passe comme si son aventure rocambolesque l'avait aidé à tomber le corset du virtuose. Après y avoir sacrifié quelques centaines de milliers de dollars, Pierre Amoyal n'assure plus ses mains. «A quoi bon ? Si je deviens sourd, j'aurai l'air fin...»... L'épreuve a eu du bon. S'il vénère toujours autant son stradivarius, il n'en fait pas l'unique instrument de son talent : «J'ai longtemps pensé que ce violon était un don de Dieu. Désormais, il ne m'intimide plus. Dans notre couple, chacun a fini par trouver sa place.» Il sait maintenant qu'il est à la hauteur du mythe enfanté par Antonio Stradivari... Pierre Amoyal ne joue pas de la musique ; il la vit. C'est son ancien professeur, l'intransigeant Jascha Heifetz, qui, lors d'une ultime leçon, vingt ans après leur première rencontre, lui a légué les clefs du paradis. Le violoniste devait enregistrer la Havanaise de Saint-Saëns, une pièce très subtile, tout en finesse.

Pour en déjouer les pièges, il appelle son maître à Los Angeles. «Si vous y tenez, venez...», lâche celui-ci d'une voix hésitante. Sur place, Pierre Amoyal découvrira que son précepteur est presque infirme du bras droit et qu'il ne peut plus jouer du violon. 20 000 kilomètres pour rien ? «Au travail !» tranche Heifetz, qui, pour le reste, n'a pas changé. Quelques mesures plus tard, le verdict tombe. «Stop ! Ce qui vous manque, Pierre, c'est de n'avoir jamais dansé la havanaise avec une jolie femme de Cuba. Moi, si.» Et, doucement, le vieil homme se met à onduler au milieu de son salon en fredonnant Saint-Saëns. «Il dansait très bien, se souvient Pierre Amoyal. En un clin d'oeil, j'ai compris sur quelles notes je devais appuyer et comment phraser.» Ce jour-là, Jascha Heifetz lui a montré que le génie n'avait pas besoin d'un stradivarius pour s'exprimer... (Henri Haget, L'Express le 11/10/2004)


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