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Tous ces visages

Couverture du livre Tous ces visages

Auteur : Jean-Pierre Gredy

Date de saisie : 05/07/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.90 € / 123.98 F

ISBN : 978-2-246-72411-7

GENCOD : 9782246724117

Sorti le : 09/05/2007

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  • La présentation de l'éditeur

" Le peu d'aptitude que je manifeste à jouir du moment présent ne me prédisposait pas, semblait-il, à devenir un amuseur.
Or, par une fantaisie du destin, j'ai fait carrière dans le badinage. A moins de trente ans, j'étais déjà un professionnel du rire, un expert de la facétie et du quiproquo, le champion de la réplique qui fait mouche. En collaboration avec Pierre Barillet, un autre faux extraverti, j'ai écrit tout un répertoire de pièces de la catégorie dite " de boulevard ". Les auteurs comiques n'ont pas forcément la tête de l'emploi, ni de propension à l'enjouement.
On pense immanquablement à Feydeau traînant son ennui chez Maxim's. Nous ne faisons donc pas exception à la règle. Le comique serait-il radioactif ? Et devrait-on le manier avec des gants et un masque ? L'observation du genre humain sur laquelle se fonde toute comédie digne de ce nom, et souvent dans ce qu'il a de plus absurde et de plus mesquin, engendre-t-elle la misanthropie ? "

Né en 1920 en Egypte où il passa sa première enfance, Jean-Pierre Gredy a écrit, en collaboration avec Pierre Barillet, une trentaine de pièces, la première étant Le Don d'Adèle (1948) qui tint l'affiche à Paris pendant trois ans. Parmi d'autres succès : Fleur de cactus, dont la version américaine se joua 1 234 fois d'affilée à Broadway, en 1965. Jean-Pierre Gredy vit maintenant à Paris. Les comédies de Barillet et Gredy sont toujours jouées dans le monde entier.





  • La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 5 juillet 2007

Auriez-vous aimé dîner à côté de Mae West, Marlene Dietrich ou Greta Garbo ? Entendre Malraux expliquer que Napoléon avait les yeux bleus ? Accompagner Roland Petit et Leslie Caron à Hollywood ? Jean-Pierre Gredy, un rien épaté, est monté sur les yachts de la vie dorée. Agitant les shakers de la café-society, cet espion d'écritoire a fait son miel avec les extravagances des chères vieilles choses...
Jean-Pierre Gredy est resté un conteur à ultrasons, capable de comparer l'aigu de la voix de Philippe Jullian avec celui de Truman Capote ou de vous expliquer tout de go qu'Andy Warhol «avait l'air d'un benêt»...
Il donne un livre de diseur, boulevardier dans l'esprit de Paris, foutraque à la britannique, secrètement blessé par des ombres.


  • La revue de presse Benoît Duteurtre - Le Figaro du 17 mai 2007

Jean-Pierre Grédy, le célèbre auteur de théâtre publie des souvenirs où passent des stars et des mots de scène...
Dans ce roman d'une vie, on voit se forger la personnalité d'un artiste au gré des rencontres, des mésaventures, des expériences accumulées - jusqu'à ce que la «fantaisie du destin» choisisse de mettre tout cela au service de la comédie...
Ce garçon solitaire, devenu dramaturge à succès, n'a rien perdu de sa sensibilité à fleur de peau, ni des tourments secrets qui font le prix de ses souvenirs. «À Paris, il faut bien marquer les genres : on rit ou on pense», rappelle-t-il à propos du théâtre. Sa vie démontre qu'on peut faire les deux, et son théâtre (leur théâtre) nous rappelle qu'entre le rire gras et l'intellectualisme fumeux, il reste une place de choix pour l'esprit.



  • Le message sonore

Jean-Pierre Gredy - 11/06/2007



  • Les premières lignes

Le peu d'aptitude que je manifeste à jouir du moment présent ne me prédisposait pas, semblait-il, à devenir un amuseur.
Or, par une fantaisie du destin, j'ai fait carrière dans le badinage. A moins de trente ans, j'étais déjà un professionnel du rire, un expert de la facétie et du quiproquo, le champion de la réplique qui fait mouche. En collaboration avec Barillet, un autre faux extraverti celui-là, que son tempérament marqué par une ascendance en partie slave ne portait pas non plus à l'optimisme, j'ai écrit tout un répertoire de pièces de la catégorie dite «de boulevard». Saison après saison, mon nom accolé sur une affiche à celui de Barillet représentait pour le public la garantie d'une soirée riche en joyeusetés et aimables digressions. Dans les programmes, la photo de ces deux jeunes gens au regard inquiet a depuis longtemps cédé la place à deux messieurs grisonnants dont la gravité aurait aussi bien convenu à des médecins ou des avocats, démentant quelque peu la légèreté du spectacle proposé Notre égale réticence à nous montrer, l'un comme l'autre, à la télévision, préservait suffisamment notre anonymat pour que seule la marque de fabrique assure la promotion du produit.
Les auteurs comiques n'ont pas forcément la tête de l'emploi, ni de propension à l'enjouement. On pense immanquablement à Feydeau traînant son ennui chez Maxim's, ou à Louis Verneuil, célèbre auteur de boulevard d'entre les deux guerres, qui finit par se suicider dans une chambre de l'hôtel Terminus. Nous ne faisons donc pas exception à la règle. Le comique serait-il radioactif ? Et devrait-on le manier avec des gants et un masque ? L'observation du genre humain sur laquelle se base toute comédie digne de ce nom, et souvent dans ce qu'il a de plus absurde et de plus mesquin, engendre-t-elle la misanthropie ?
Il est une idée reçue selon laquelle, pour déclencher le rire en tournant en dérision les travers et les ridicules de ses semblables, il faut d'abord savoir se moquer de soi-même et pour cela être déjà contaminé par cette maladie de l'âme : le désenchantement.

Certaines rencontres laissent en vous un souvenir inoubliable. J'en fis l'expérience alors que j'entrais déjà dans la trentaine. Mais j'avais gardé une certaine naïveté.
Cette histoire se situe au début des années cinquante, alors que Barillet et moi venions de connaître deux grands succès, Le Don d'Adèle et Ami-Ami. La première de ces pièces était une comédie bouffonne, la seconde une comédie légère dans le goût de Noël Coward. Elles se jouaient devant des salles combles. Après l'Occupation, le public avait soif d'amusement. Paris, avide de nouveaux talents, adopta ces deux jeunes auteurs dont les noms étaient associés sur l'affiche, comme ceux de Fiers et Caillavet. Nous fûmes, du jour au lendemain, invités et fêtés.
J'exultais mais le succès m'inquiétait plus qu'il ne me rassurait, ne serait-ce que parce qu'il fallait le renouveler.
Ce soir-là, j'allai chez les Seidman qui recevaient tous les dimanches dans leur salon de l'avenue Marceau.


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