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Journal, 1894-1927

Couverture du livre Journal, 1894-1927

Auteur : Marguerite de Saint-Marceaux

Préface : Michelle Perrot

Date de saisie : 18/05/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Prix : 50.00 € / 327.98 F

ISBN : 978-2-213-62523-2

GENCOD : 9782213625232

Sorti le : 25/04/2007

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  • La présentation de l'éditeur

" Dans cent ans nos étonnements feront rire ", écrit en 1896 Marguerite de Saint-Marceaux dans le journal qu'elle tient assidûment de 1894 à 1927.
Aurait-elle pu imaginer que ce texte serait un jour édité et que les lecteurs du XXIe siècle y découvriraient une personnalité singulière et un témoignage unique sur son époque ? Née en 1850, mariée successivement à un peintre et à un sculpteur, " Meg " tient un salon dont le fonctionnement en fait un modèle de celui de Madame Verdurin. Bonne pianiste et chanteuse amateur, elle reçoit compositeurs et interprètes, qu'elle détecte avec un flair étonnant, aussi bien que peintres, sculpteurs et écrivains, et entretient avec nombre d'entre eux des amitiés solides.
C'est bien sûr ses réceptions (on y rencontre Fauré, Ravel, Alexandre Dumas fils, Colette, Boldini, Jacques-Emile Blanche, Isadora Duncan...) que relate son journal, mais aussi, et bien au-delà, l'ensemble de sa vie, en une chronique qui mêle les aspects privés et affectifs au tourbillon de ses activités : elle est de tous les vernissages, ne manque pas une première au concert ou à l'opéra, visite musées et monuments au cours de voyages à travers l'Europe. En accord avec son temps, elle adopte avec joie tous les aspects du modernisme : elle se promène à bicyclette et découvre les plaisirs de l'automobile, prend des photos, s'émerveille du cinéma, passe son baptême de l'air en 1913 après la guerre, elle juge cependant avec sévérité les transformations de la mode féminine, reflet de l'évolution des moeurs.
La plupart des événements contemporains trouvent un écho dans son journal, l'incendie du Bazar de la Charité aussi bien que les inondations de 1910, et l'actualité politique (l'affaire Dreyfus, la guerre...) sur laquelle elle exprime des opinions tranchées. Témoin et acteur privilégié de la vie artistique, Marguerite de Saint-Marceaux, qui chante avec Debussy en 1894 et voit Antonin Artaud jouer Pirandello en 1923, fait participer ses lecteurs à l'effervescence de la création dont Paris est le foyer.
Source pour l'histoire, ce journal, publié ici dans son intégralité, procure aussi un plaisir romanesque de lecture.

Myriam Chimènes est directrice de recherche au CNRS (Institut de recherche sur le patrimoine musical en France). Elle a publié notamment Mécènes et musiciens, Du salon au concert à Paris sous la III` République (Fayard, 2004).





  • La revue de presse Dominique Bona - Le Figaro du 17 mai 2007

Celle qui inspira le personnage de Proust de «La Recherche», tenait brillant salon au coeur du monde artistique. Son «Journal» est le témoignage précieux d'une époque...
Chronique d'une vie artistique dont elle fut sinon l'une des muses au moins une grande prêtresse, le Journal de Meg remplit plus de mille pages en fins caractères. C'est aussi une chronique familiale et mondaine, où elle évoque sa progéniture, ses soucis de santé, ceux surtout de son mari qui endurait tous les maux de la terre ; elle décrit ses étés en Normandie dans sa belle maison de Cuy-Saint-Fiacre, ou dans celle qu'elle fit plus tard construire à Jouy-en-Josas. La Première Guerre fait partie des très nombreuses épreuves qu'elle relate, avec un curieux mélange de sensibilité et de stoïcisme. Elle se soignait à la musique, qui venait à bout de ses pires chagrins. Ce qui domine pourtant le compte-rendu vétilleux de sa vie, c'est l'art : les événements de son salon, ses innombrables sorties en ville consacrées aux concerts, aux théâtres, à l'opéra, ou ses soirées privées, de préférence musicales, comme celles que donnait sa grande amie la princesse de Polignac, née Winaretta Singer (les machines à coudre). Une préface brillante de Michelle Perrot, une édition érudite de Myriam Chimènes et un remarquable travail de notes accompagnent cette lecture, qui vaut surtout comme témoignage précieux sur toute une époque.


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