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La maison de l'ange

Couverture du livre La maison de l'ange

Auteur : Colleen McCullough

Traducteur : Blandine Roques

Date de saisie : 22/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Archipoche, Paris, France

Collection : Archipoche

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-35287-041-8

GENCOD : 9782352870418


  • La présentation de l'éditeur

Colleen McCullough
LA MAISON DE L'ANGE

À vingt et un ans, Harriet, une jeune infirmière, décide de prendre son indépendance et loue un appartement dans un quartier mal famé de Sydney.
Dans cette maison, dont la propriétaire pratique les arts divinatoires, Harriet noue des liens d'amitié avec les loca­taires. Portée par l'atmosphère bohème du lieu, elle s'initie aux plaisirs des sens et découvre l'amour.
En ce début des années 1960, la vie n'est pas qu'une longue fête sans fin. Quand le drame survient, Harriet, qui s'est prise d'affection pour Flo, la fillette autiste de sa propriétaire, n'hésite pas. Ce petit ange de quatre ans, attachant et mystérieux, est en danger. Elle tente alors de la mettre à l'abri...
Née en 1937 à Wellington (Australie), Colleen McCullough suit des études de neurophysiologie, qu'elle achève en Angleterre. Elle travaille ensuite plusieurs années durant à l'Institut pour la santé de l'enfance de l'Université de Londres. Elle publie son premier roman, Tim, en 1974, trois ans avant son succès international, Les oiseaux se cachent pour mourir. Avec son plus récent roman, Corps manquants (l'Archipel, 2007), elle aborde un nouveau genre : le thriller.

«Colleen met beaucoup d'elle-même dans son personnage.
Un roman attachant qu'on ne lâche pas.»

(Le Point)





  • Les premières lignes

Vendredi 1er janvier 1960

Bon sang, comment me débarrasser de David ? Ne croyez pas que je n'aie pas songé à le tuer. Mais si je suis aussi douée pour le meurtre que pour choisir mon cadeau de Noël, le bikini acheté avec les cinq livres de mamie...
«Retourne à la boutique, ma fille, et prends donc un truc une pièce avec un plastron qui couvre la zone straté­gique», a dit maman.
Sincèrement, j'ai été un peu horrifiée quand le miroir m'a révélé tout ce que montrait ce bikini, y compris ces rouflaquettes noires de poils pubiens que je n'avais pas remarquées, tapies sous le plastron. À la seule perspec­tive d'arracher des milliers de ces poils, je suis retournée changer le bikini contre un modèle à la Esther Williams, du type «American Beauty», le dernier cri. Un rose tirant sur le rouge, superbe. La vendeuse m'a dit que j'étais à croquer mais, franchement, qui aurait idée de me «croquer» quand ce fichu David Murchinson tourne autour de ma carcasse comme un chien défend son os ?
Aujourd'hui, il faisait plus de 35°, je suis donc descen­due à la plage baptiser mon nouveau maillot. Les vagues étaient hautes, c'est assez rare à Bronte, mais elles avaient l'air de saucisses de satin vert - des dumpers ce qui ne vaut rien pour le surf. J'ai étalé ma serviette sur le sable, tartiné mon nez de crème à l'oxyde de zinc, enfilé mon bonnet assorti «American Beauty» et j'ai couru vers l'eau.
«Elles sont trop fortes, tu vas te faire renverser», a lancé une voix.
David. Fichu David Murchinson. Si jamais il suggère que le trou d'eau des gosses serait plus sûr, ça va barder, me suis-je dit en bandant mes muscles sous le plastron.
- Allons plutôt au trou d'eau des gosses, c'est plus sûr.
- Pour se faire aplatir par des mômes qui te sautent dessus ? Merci bien ! ai-je rétorqué avec hargne avant d'engager les hostilités.
Enfin «hostilités» n'est pas vraiment le mot. Je me mets à hurler, je lui fais une scène et David garde son air supérieur sans mordre à l'hameçon. Mais, aujourd'hui, la dispute a engendré une nouvelle engueulade. Cette fois, j'ai été assez finaude pour lui annoncer que je ne suppor­tais plus ma virginité.
- Je veux une liaison !
- Ne dis pas d'idioties, a répondu David, impertur­bable.


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