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Franc-tireur : autobiographie

Couverture du livre Franc-tireur : autobiographie

Auteur : Eric John Hobsbawm

Traducteur : Yves Coleman | Dominique Peters

Date de saisie : 28/06/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Hachette Littératures, Paris, France

Collection : Pluriel

Prix : 10.80 € / 70.84 F

ISBN : 978-2-01-279368-2

GENCOD : 9782012793682

Sorti le : 09/05/2007


  • La présentation de l'éditeur

Eric Hobsbawm est membre de la British Academy, professeur émérite de l'université de Londres et de la New School of Social Research de New York. Il est notamment l'auteur de L'Âge des extrêmes : le court XXe siècle (1914-1991) (Complexe, 1999) et, en «Pluriel», de la trilogie sur le «long XIXe siècle» (2002) : L'Ère des révolutions, L'Ère du capital, L'Ère des empires.

Né en 1917 à Alexandrie d'une mère autrichienne et d'un père anglais, Eric Hobsbawm quitte Vienne pour Berlin à l'été 1931 et assiste aux derniers soubresauts de la République de Weimar. Quand Hitler arrive au pouvoir, le jeune Eric Hobsbawm se convertit au communisme, et part pour l'Angleterre dès 1933. À Cambridge, il côtoie Philby, Burgess, MacLean et Blunt, que leur engagement communiste, analogue au sien, conduira à la plus fantastique histoire d'espionnage au profit de l'Union soviétique du XXe siècle. Son engagement marxiste va fournir le fil conducteur de sa vie, le conduisant à une bagarre mémorable avec Koestler en 1956, à rencontrer durant ses nombreux voyages les dirigeants d'un tiers-monde émergent, de Che Guevara à Salvador Allende, puis à analyser l'émergence des nationalismes après la chute du Mur. Une passionnante traversée des tumultes du siècle servie par une plume alerte.



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  • La revue de presse Eric Aeschimann - Libération du 28 juin 2007

Souvenirs d'enfance, conversations avec Arthur Koestler ou Louis Althusser, description d'un village bobo avant l'heure au pays de Galles, récit de séjours dans l'Amérique des sixties, Franc-Tireur (le titre original, Interesting Times, était bien meilleur) nous promène à travers le siècle avec une gourmandise inaltérée pour ses grands mouvements et ses plus infimes détails : la respiration de l'Histoire.



  • Les premières lignes

Extrait de la préface :

Quand on veut écrire une autobiographie, il faut aimer lire des autobiographies. Pendant que j'écrivais ce livre, je fus surpris du nombre d'hommes et de femmes que j'ai connus qui ont couché leur vie sur le papier, sans parler des plus éminents ou des plus scandaleux (en général) qui ont fait rédiger leurs autobiographies par d'autres. Et je ne compte même pas la quantité considérable de faits autobiographiques que mes contemporains ont dissimulés dans des ouvrages de fiction. Cette surprise n'est sans doute pas justifiée. Ceux qui par profession écrivent et communiquent ont tendance à évoluer parmi des gens qui font de même. Ainsi s'accumulent articles, interviews, photos, bandes magnétiques (ou vidéos) et volumes tel que celui-ci, dont un nombre incroyable dû à des universitaires. Je ne suis pas le seul.
La question se pose néanmoins de savoir pourquoi quelqu'un comme moi devrait écrire son autobiographie et, plus précisé­ment, pourquoi d'autres, qui n'ont aucun lien particulier avec moi, ou qui ne connaissaient même pas mon existence avant de voir la couverture de ce livre dans leur librairie, pourraient trouver qu'il mérite d'être lu. Je ne suis pas de cette sous-espèce spéciale qu'on classe - dans une chaîne de librairies londoniennes du moins - dans la section des biographies de «personnalités», de «people» comme on dit dans le jargon d'aujourd'hui, c'est-à-dire des indi­vidus suffisamment connus, quelle qu'en soit la raison, pour que leur simple nom éveille la curiosité. Je n'appartiens pas à la classe de ceux dont la vie publique les autorise à intituler leur autobio­graphie «Mémoires», ces hommes et ces femmes dont les actions sur la scène publique doivent être connues ou défendues, ou qui ont vécu, voire influencé, de grands événements. Je ne suis pas l'un d'entre eux. Il est probable que mon nom figurera dans quelques ouvrages d'un ou deux champs de connaissances spécialisés, comme le marxisme et l'historiographie du XXe siècle, et peut-être surgira-t-il dans quelques livres sur la culture intellectuelle bri­tannique au XXe siècle. À part cela, si mon nom devait disparaître complètement, comme la pierre tombale de mes parents que j'ai vainement cherchée il y a cinq ans dans le cimetière central de Vienne, il n'y aurait pas de manque visible dans la narration de ce qui s'est produit au cours de l'histoire du XXe siècle, en Grande-Bretagne ou ailleurs.


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