Passion du livre - tout sur le livre : Kaboul beauté

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Kaboul beauté

Couverture du livre Kaboul beauté

Auteur : Deborah Rodriguez

Traducteur : Danièle Mazingarbe

Date de saisie : 15/05/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Presses de la Cité, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 19.80 € / 129.88 F

ISBN : 978-2-258-07404-0

GENCOD : 9782258074040

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

En 2002, Deborah Rodriguez arrive à Kaboul avec une petite organisation humanitaire. Cette coiffeuse du Michigan, drôle et énergique, est venue en Afghanistan à la fois par désir d'aider les autres et pour échapper à un mari jaloux et violent. N'ayant pas de formation médicale, elle se sent d'abord inutile, mais découvre vite que son expérience de coiffeuse peut changer la vie des femmes afghanes. Les salons de beauté, autrefois la fierté de Kaboul, ont été détruits par les talibans. Et pour cause : c'est l'un des seuls domaines dont le contrôle échappe totalement aux hommes, qui n'ont pas le droit d'y pénétrer.

Sans relations et sans argent, Deborah Rodriguez se bat pour monter une école où les élèves puissent suivre une formation d'esthéticienne et acquérir leur autonomie financière. Cette femme déterminée va soulever des montagnes, obtenir des parrainages prestigieux et... réussir ! En 2003, elle crée son école de beauté.

Kaboul Beauté est l'histoire de cette personnalité hors du commun, de son école et de ses élèves qui luttent pour leur liberté.

Deborah Rodriguez est née et a grandi à Holland dans le Michigan, où elle a été coiffeuse. Depuis 2003, elle vit à Kaboul avec son mari afghan.





  • Les premières lignes

Aujourd'hui, mes clientes arrivent au salon juste avant huit heures. D'ordinaire, je serais encore dans mon lit, m'efforçant de grappiller quelques minutes de sommeil. Je maudirais sans doute encore le coq du voisin pour m'avoir réveillée à l'aube, je pesterais contre les marchands de légumes qui empruntent la rue à trois heures du matin avec leurs charrettes à cheval brinque­balantes et contre le mollah voisin qui psalmodie son interminable appel à la prière de quatre heures et demie. Mais nous sommes le jour des fiançailles de Roshanna, et je suis fin prête pour me mettre au travail. J'ai déjà fumé quatre cigarettes et bu deux tasses de café instantané que j'ai préparées moi-même, car la cuisinière n'est pas encore arrivée. Ne croyez pas que ce soit une tâche facile, j'éprouve encore une certaine difficulté à faire bouillir de l'eau en Afghanistan. Je dois poser une allumette enflammée sur chacun des brûleurs du vieux réchaud à gaz capricieux, je tourne un bouton au hasard et je recule pour voir quel brûleur s'enflamme comme une torche. Puis j'y pose une casserole et je prie pour que les bactéries flottant dans l'eau de Kaboul périssent dans l'ébullition.

La belle-mère de Roshanna est la première à pénétrer dans le salon. Nous échangeons le salut traditionnel afghan : nous nous étreignons les mains et nous embrassons trois fois sur les joues. Mon amie la suit, minuscule fantôme bleu sous la burqa qui la recouvre de la tête aux pieds, avec juste un carré de filet devant les yeux. Mais le filet est de travers, et elle se cogne contre le chambranle de la porte. Elle rit, agite les bras sous le tissu ondoyant, et deux de ses belles-soeurs l'aident à entrer. A l'intérieur, elle arrache la burqa et la jette sur un des séchoirs à cheveux.


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli