Passion du livre - tout sur le livre : La soeur de Mozart

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La soeur de Mozart

Couverture du livre La soeur de Mozart

Auteur : Rita Charbonnier

Traducteur : François Maspero

Date de saisie : 13/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 2-02-085868-1

GENCOD : 9782020858687

Sorti le : 13/04/2006


  • La présentation de l'éditeur

Dans leur enfance, une forte complicité unissait les deux petits Mozart : sous la direction sévère de leur père, le Roi et la Reine du Royaume Caché, comme ils aimaient s'appeler, se produi­saient en duo dans toutes les cours d'Europe, et Wolfgang avait une grande admiration pour sa soeur, virtuose du clavier et compositrice. Or, un beau jour, la jeune fille disparaît de la scène, ne laissant à l'Histoire que quelques lettres. Que s'est-il donc passé ? Qu'est devenu ce prodigieux talent né dans le corps d'une femme ?

Rita Charbonnier a mis en oeuvre toute son inclination musicale et une incroyable pénétration psychologique pour sortir de l'ombre le personnage de Nannerl et saisir les raisons de cet effa­cement : passion, rage, jalousie, ressentiment, incompréhension, détachement... jusqu'à la réconciliation, advenue après la mort de Wolfgang, qui laissera émerger l'affection et l'amour pour la musique qui, en fin de compte, a influencé toute sa vie. Dans un cadre historico-musical fascinant, c'est une héroïne à la fois passionnante et touchante qui nous est dévoilée, merveilleuse figure féminine du XVIIIe siècle, souvent très proche d'une femme de notre époque.

Traduit de l'italien par François Maspero.





  • Les premières lignes

Extrait de l'ouverture :

Salzbourg, 21 février 1777

Très chère Fräulein Mozart !
Je confie cette lettre aux mains de Victoria, à la veille d'une mission qui me tiendra longtemps éloigné de notre ville, car je désire, jeune et délicieuse amie, que vous gar­diez en votre possession quelque chose qui, de temps à autre, me rappellera à votre souvenir. Je sais ce que ce sou­hait peut avoir d'audacieux, mais ma crainte que tout ce que nous avons vécu ne se dissolve dans l'usure des jours pour ne rester que l'affaire d'une seule nuit l'emporte sur la modestie.
Votre pensée m'a accompagné dès l'instant où je vous ai vue disparaître dans l'obscurité des ruelles. Je ne voulais pas que vous me quittiez, même si c'est moi qui ai insisté; mais il n'eût pas été opportun, je crois, de rester plus de temps ensemble, au risque d'être découverts par quelque passant. J'ignore quelle justification vous avez fournie à votre famille pour votre rentrée tardive, et je n'entends nul­lement vous le demander; je suis certain que vous ne m'avez pas évoqué, et cela me suffit. La petite Victoria, pour sa part, dormait profondément, et quand je lui ai demandé de vous remettre cette lettre, elle n'a pas cillé. Je crois même que cela lui a fait plaisir.
Chère Fräulein Mozart, sachez combien il est rare de ren­contrer une personne qui possède votre profondeur et votre clarté d'esprit, liées à une telle sensibilité. Ce fut pour moi une merveilleuse surprise de découvrir ces dons en vous, car à Salzbourg (j'espère que ma franchise ne vous offus­quera pas) vous passez plutôt pour une personne renfer­mée, distante et même de tempérament irascible. Vous savez que je ne fréquente pas les salons du beau monde et que je ne goûte guère les commérages; ce serait d'ailleurs fort déplacé, au regard de ma position. Mais chaque fois qu'il m'est arrivé d'entendre prononcer votre nom au Palais par un collègue ou un subordonné, ce fut pour être opposé à celui de votre frère Wolfgang : il est si vif, si prompt à se ménager de larges auditoires, non seulement par le moyen de sa musique mais grâce, surtout, à sa conversation brillante et à la facilité de ses mots d'esprit, dont certains sont parfois fort lestes; pour ne pas parler de sa bonté, dont on cite d'innombrables exemples; de vous, en revanche, on prétend l'exact contraire !
Je vous dirai sans détour que c'est là une honte. Pour quelle raison cachez-vous au monde vos aspects les plus séduisants et les plus aimables, ceux-là mêmes que j'ai eu l'immense privilège de découvrir ?
(...)


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