Passion du livre - tout sur le livre : Les Etats manqués : abus de puissance et déficit démocratique

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Les Etats manqués : abus de puissance et déficit démocratique

Couverture du livre Les Etats manqués : abus de puissance et déficit démocratique

Auteur : Noam Chomsky

Traducteur : Paul Chemla

Date de saisie : 11/05/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-213-62919-3

GENCOD : 9782213629193

Sorti le : 02/05/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Les États-Unis ont dit et répété qu'ils avaient le droit d'intervenir militairement contre les «États manques» sur l'ensemble du globe. Les États manques, écrit Chomsky, sont ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas «protéger leurs citoyens de la violence, voire de la mort», et qui «se croient au-dessus des lois, nationales ou internationales». Bien qu'ils puissent avoir l'apparence de la démocratie, ils souffrent d'un grave «déficit démocratique» qui prive leurs institutions de contenu réel.
Ici, Noam Chomsky renverse la situation : il montre que les États-Unis partagent eux-mêmes des caractéristiques des États manques -et qu'ils constituent donc un danger croissant pour leur propre peuple et pour le monde. Explorant les tout derniers développements de la politique intérieure et extérieure américaine, Chomsky révèle les plans de Washington pour pousser plus loin la militarisation de la planète, en augmentant considérablement les risques de guerre nucléaire. Il évalue les dangereuses conséquences de l'occupation de l'Irak, qui a soulevé dans le monde une indignation générale. Il montre comment l'administration Bush «s'autoexempte» de piliers du droit international contemporain comme la Charte des Nations unies ou les conventions de Genève, ainsi que du protocole de Kyoto. Il examine enfin le système électoral américain, conçu pour éliminer les alternatives politiques authentiques, donc empêcher l'émergence de toute démocratie digne de ce nom.
Offensif, lucide, parfaitement documenté, Les États manques procède à une analyse exhaustive d'une superpuissance mondiale qui revendique depuis longtemps le droit de remodeler les autres pays à sa guise. Démantèlement systématique de la prétention des États-Unis à être l'arbitre de la démocratie dans le monde, cet ouvrage est à ce jour la critique de Chomsky la mieux ciblée - et la plus urgente.

Né en 1928, Noam Chomsky, professeur de linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology), est un auteur et philosophe politique radical de réputation internationale. Parmi ses plus récents ouvrages traduits en français : La Doctrine des bonnes intentions. Entretiens avec David Barsamian (Fayard, 2006), Dominer le monde ou sauver la planète ? (Fayard, 2004), Pirates et Empereurs (Fayard, 2003), La Loi du plus fort, avec Ramsey Clark et Edward Said (Le Serpent à plumes, 2002).





  • Les premières lignes

Extrait de la préface :

Le choix des problèmes qui méritent de figurer en bonne place sur la liste des pires menaces contre le bien-être et les droits de l'humanité est naturellement subjectif. Mais certains semblent incontournables, tant leur impact est direct sur les perspectives de survie dans des conditions décentes. Ils sont au moins trois : la guerre nucléaire, le désastre environnemental et le comportement du gouvernement de la première puissance mondiale, qui accroît la probabilité de ces catastrophes. Je dis bien le gouvernement, et c'est important, parce que la population, ce qui n'a rien d'étonnant, n'est pas d'accord. D'où un quatrième problème qui devrait beaucoup préoccuper les Américains et le monde : la fracture très nette entre l'opinion publique et l'action publique. C'est l'une des raisons d'une peur qu'on ne peut prendre à la légère : «Le "système" américain, globalement, est vraiment en difficulté - il s'oriente dans une direction qui met fin à ses valeurs historiques d'égalité, de liberté et de démocratie authentique.»
Le «système» est en train d'acquérir certaines caractéris­tiques des, failed states, les «États manques», pour reprendre une formule aujourd'hui à la mode et que l'on applique d'ordi­naire à des États qui, dit-on, menaceraient potentiellement notre sécurité (tel l'Irak), ou rendraient notre intervention nécessaire pour sauver leur population de graves menaces intérieures (comme Haïti). Certes, il est admis que ce concept est «d'une imprécision frustrante», mais on peut cerner cer­tains traits essentiels des «États manques». Ils ne peuvent pas ou ne veulent pas protéger leurs citoyens de la violence, voire de la mort. Ils ont tendance à se croire au-dessus des lois, nationales ou internationales, donc libres de se livrer à des agressions et à des méfaits. Et, quand ils ont les dehors d'une démocratie, ils souffrent d'un grave «déficit démocratique» qui prive leurs institutions formelles de contenu réel.
L'une des tâches les plus difficiles pour chacun, et les plus importantes, est de se regarder honnêtement dans la glace. Fai­sons-le, et nous n'aurons guère de mal à découvrir les traits des «Etats manques» ici, chez nous. Cette prise de conscience devrait profondément troubler ceux qui se soucient de leurs pays et des générations futures. J'écris «leurs pays» au pluriel à cause du rayon d'action considérable de la puissance des Etats-Unis, mais aussi parce que les risques ne sont localisés ni dans l'espace ni dans le temps.


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli