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Istanbul. Souvenirs d'une ville

Couverture du livre Istanbul. Souvenirs d'une ville

Auteur : Orhan Pamuk

Date de saisie : 22/06/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-07-077627-6

GENCOD : 9782070776276


  • La présentation de l'éditeur

Évocation d'une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois.
Au fil des pages, Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant, à pied, en voiture ou en bateau, et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore, devant des villas décrépies, dessinant ainsi le portrait fascinant d'une métropole en déclin. Ancienne capitale d'un vaste empire, Istanbul se cherche une identité, entre tradition et modernité, religion et laïcité, et les changements qui altèrent son visage n'échappent pas au regard de l'écrivain, fin connaisseur de son histoire, d'autant que ces transformations accompagnent une autre déchirure, bien plus intime et douloureuse, provoquée par la lente désagrégation de la famille Pamuk - une famille dont les membres, grands-parents, oncles et tantes, ont tous vécu dans le même immeuble - et par la dérive à la fois financière et affective de ses parents.
Dans cette oeuvre foisonnante, magistralement composée et richement illustrée, Orhan Pamuk nous propose de remonter avec lui le temps de son éducation sentimentale et, in fine, de lire le roman de la naissance d'un écrivain.

Orhan Pamuk, né en 1952 à Istanbul, est l'auteur notamment de Mon nom est Rouge (2001, prix du Meilleur Livre étranger) et de Neige (2005, prix Médicis étranger et prix Méditerranée). Son oeuvre est traduite dans plus de quarante langues. Il est le lauréat du prix Nobel de littérature 2006.



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  • La revue de presse Lila Azam Zanganeh - Le Monde du 22 juin 2007

Ville du crépuscule, ville d'un empire déchu et de minarets fantômes, Istanbul vacille aujourd'hui sur l'abîme de son passé. "Hüzün", "mélancolie", c'est ainsi qu'Orhan Pamuk - lauréat, à l'automne 2006, du prix Nobel de littérature - définit le génie de sa ville. Istanbul, son septième livre, est tout à la fois une histoire familiale, une cartographie intime et un conte fantasmagorique. Pamuk y inscrit l'étrange décrépitude d'une ville qui a pour toujours tourné le dos au chatoiement de son passé, à la luxuriance des reliques ottomanes et aux caïques du Bosphore, pour regarder vers un présent couleur de cendre, une modernité hybride, insinuée dans les interstices du passé...
A la dernière ligne d'Istanbul, Pamuk annonce à sa mère : "Je ne serai pas peintre... je serai écrivain." Istanbul est l'histoire de ce devenir écrivain. Plombé de temps à autre par de laborieux essais sur l'histoire, la littérature et la peinture, le livre est néanmoins porté par un souffle et une rigueur structurelle qui, eux non plus, ne sont pas sans rappeler les plus beaux romans de Pamuk. Et il plane sur Istanbul quelque chose de flou et de poétique qui transcende la netteté parfois excessive du style. Car Pamuk utilise, en turc, un temps du passé dont il nous dit qu'il n'existe que dans sa langue. Ce temps, qui permet une distinction entre vérité et incertitude, est le temps des rêves, des fables, des événements passés empreints d'un parfum de contes. C'est le temps du livre. Le temps d'une ville qui se survit à elle-même dans le secret de son ombre.


  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match du 24 mai 2007

Tout le livre baigne dans une atmosphère mélancolique. On comprend que tout au long du XXe siècle un sentiment de pauvreté, de défaite et d'humiliation a confiné les habitants dans une nostalgie orgueilleuse et désarmante qui justifiait toute absence d'énergie. Peu à peu, un décor de film avec coupoles, minarets, clochers, paquebots et cyprès sur fond bleuté et nacré s'est transformé en chaos incohérent de ruelles, de terrains vagues, de dépôts abandonnés et de palais en ruine...
Heureusement qu'il y a les trois mers (la Noire, celle de Marmara et le Bosphore) pour que l'esprit s'évade et que les rêves s'épanouissent. Seulement voilà, la fumée passe et la cheminée reste. Aujourd'hui, la ville s'enrichit à une vitesse folle. Si, à la fin, plus mou que l'Empire ottoman il n'y avait que le caramel, aujourd'hui, plus hystérique qu'Istanbul il n'y a que Shanghai. Soudain la splendeur fanée de la ville refleurit à l'ombre d'une marée de gratte-ciel. Et un livre, à lui seul, montre que dans la plus vieille de nos capitales prospère l'esprit le plus vif, le plus divers et, finalement, le plus européen.


  • La revue de presse Marc Semo - Libération du 10 mai 2007

Il y a lui, enfant puis adolescent. Un gosse de bonne famille, plutôt solitaire, pour qui «la rêverie est une bizarrerie propre à sa personne». Tenté d'abord par la peinture, il découvre ensuite sa vocation d'écrivain. Mais surtout il y a la ville, sa ville. Une Istanbul en noir et blanc, cafardeuse, neigeuse et enfumée l'hiver, et tout aussi mélancolique pendant les beaux jours...
Donc il se raconte longuement, mais il narre aussi avec intelligence et finesse une cité méconnue...
Comme tant d'autres, il reste hanté par cette ville d'avant, délabrée et infiniment triste que montrent par exemple les magnifiques photos d'Ara Güler dont certaines illustrent le livre.
La mélancolie, ce «sentiment noir», est le vrai fil directeur du livre.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 9 mai 2007

A son récit, érudit et intimiste tout à la fois, l'écrivain a joint des clichés en noir et blanc, de sa famille et de la ville, qui contribuent à rendre prégnante cette «substance fluctuante», entêtante, qu'est la mélancolie d'Istanbul. Texte et images conjoints, récit individuel et expérience collective ainsi mêlés parlent de la Turquie d'aujourd'hui avec une subtilité et une profondeur auxquelles un manifeste politique ou un discours militant n'atteindront jamais. C'est d'abord sur ce terrain-là qu'on attend un écrivain - Pamuk est au rendez-vous.



  • Le bouche à oreille des écrivains

Sophie Coeuré - 14/06/2007


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