Auteur : Georges-André Morin
Date de saisie : 10/05/2007
Genre : Histoire
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Documents
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-268-06187-0
GENCOD : 9782268061870
Etape essentielle de l'Histoire de l'Europe, la fin de l'Empire romain d'Occident, en 476, marque la transition de l'Antiquité vers le Moyen Âge. Sur ses décombres se fixent les racines de l'Europe contemporaine. Cet événement - son contexte, son déroulement, ses acteurs - est pourtant mal connu.
Comment, à la fin du V siècle, disparaît l'institution impériale en Occident, et quelles en furent les conséquences immédiates ? Pourquoi, après le partage de 395, l'Empire sombre-t-il en Occident en moins d'un siècle et survit-il plus de mille ans en Orient ? Cette mort rapide était-elle inéluctable ? Autant de questions sur le thème de la fin d'une civilisation, auxquelles Georges-André Morin apporte une réponse claire et précise.
Chronique accessible et vivante, riche en personnages, en événements et en péripéties mouvementées, La Fin de l'Empire romain d'Occident offre au lecteur un aperçu novateur de cette période fondamentale mais mal connue.
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Ravenne
Un mausolée pour un empire
Ici commence un esprit inconnu à l'Antiquité, et qui fait pressentir ce Moyen Age où tout était aventures : des femmes disposent des empires ; c'est par les femmes que le monde ancien s'unit au monde nouveau.
Chateaubriand
Une étrange capitale entre mer et marais
À la fin du IVe siècle, depuis longtemps déjà, «Rome n'est plus dans Rome». Au cours de ce siècle, au gré des partages, recompositions et impératifs militaires de l'Empire romain, bien des villes en ont, tour à tour, été la capitale. En Occident, après Trêves, Arles, Sirmium, parfois Paris, le plus souvent Milan, la capitale se fixe à Ravenne au tout début du Ve siècle.
Port militaire créé par Jules César, puis agrandi sous Auguste, Ravenne doit sa promotion aux lagunes et marécages, aujourd'hui asséchés, qui en protégeaient alors l'accès. Au moment où il fallait éviter que la capitale de l'Empire ne soit à la merci d'une incursion de Barbares, ces marais qui en faisaient un séjour désagréable, deviennent un atout stratégique. Avec les moyens militaires du Ve siècle, le site était inexpugnable. En cas d'alerte grave, un accès direct à l'Adriatique offrait à l'empereur la possibilité de s'embarquer vers une destination de repli, pour ne pas dire une fuite. Enfin, située à proximité de la Via Emilia, grande voie stratégique qui relie Milan à Rimini, Ravenne a l'avantage d'être à peu près à égale distance de Milan, Aquilée, et Rome.
À partir de 402, ce port militaire devient donc le séjour habituel de l'empereur Honorius, au moment où la principale menace militaire est le fait de Barbares qui ne maîtrisent ni les techniques de siège ni la navigation. L'empereur y est à l'abri d'un coup de main. Mais isolé dans ce qui n'est alors qu'une petite ville, il perd en agréments et en commodités ce qu'il gagne en sécurité. Pendant plusieurs années une partie des bureaux impériaux reste à Milan où l'empereur fait des visites régulières, de même qu'il séjourne à Rome en 404, puis du début de 407 au printemps 408.
Rien ne nous est parvenu quant aux détails de l'installation de la cour impériale dans l'inconfort de cette nouvelle capitale, rien des inévitables plaintes des courtisans, des fonctionnaires et de la domesticité impériale, aux habitudes bouleversées. Cependant, deux lettres de Sidoine Apollinaire datées des toutes dernières années de l'Empire d'Occident nous décrivent cette ville si particulière, plus d'un demi-siècle après être devenue capitale, en un temps où les constructions nécessaires avaient apporté un minimum de confort et d'organisation. La première est une description factuelle, la seconde humoristique.
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