Auteur : Jennifer D. Richard
Date de saisie : 07/05/2007
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-221-10826-0
GENCOD : 9782221108260
Sorti le : 15/03/2007
«C'est d'abord la montée de l'ascenseur qui m'a semblé interminable. Je n'y ai repensé que bien plus tard. Les chiffres défilaient normalement - enfin je crois- mais la vitesse était inhabituelle, j'avais l'impression de monter jusqu'au ciel.»
On n'a pas tous les jours vingt ans : Ladislas Baran et son frère jumeau ont bu plus que de raison pour fêter l'événement. Rentrant chez lui au petit jour, Ladislas bascule soudain dans un univers inconnu. Son identité a changé, il se nomme désormais Kaël Tallas et chacun reconnaît en lui le jeune et brillant mentor du ministre de l'Avancée sociale... Comment vivre dans la peau de cet étranger et s'adapter à ce nouveau monde dont les moeurs le révoltent ? Avec Bleu poussière, ou la véritable histoire de Kaël Tallas, Jennifer D. Richard livre un premier roman hypnotique, ainsi qu'une réflexion originale sur la schizophrénie.
Jennifer D. Richard, vingt-six ans, est lauréate, avec Gaëlle Nohant [L'Ancre des rêves), de l'édition 2007 de la Résidence du premier roman consacrée à la littérature fantastique.
L'ascenseur
C'est d'abord la montée de l'ascenseur qui m'a semblé interminable. Je n'y ai repensé que bien plus tard. Les chiffres défilaient normalement - enfin je crois -, mais la vitesse était inhabituelle, j'avais l'impression de monter jusqu'au ciel.
Faut dire que j'avais pas mal bu, ce soir-là.
Ils nous avaient pas loupés, les potes, pour la soirée de nos vingt ans, à mon frangin et moi. Fallait bien en profiter, c'était pas tous les jours qu'on sortait comme ça, avec l'aval des parents. Ils nous avaient même prêté la voiture pour nous récompenser de nos brillants résultats aux examens. Ils avaient enfin admis que malgré quelques problèmes disciplinaires, on était les meilleurs de notre section. Il fallait bien ça pour qu'ils se mettent à nous faire confiance, les vieux.
On avait commencé dans un bar du centre, à s'enquiller en gueulant contre la télévision qui retransmettait un match de speedball. Le patron nous a foutus dehors quand on s'est mis à se taper dessus avec les mecs qui supportaient l'équipe de pignoufs de Nerzoul. Eux aussi, ils ont fini sur le pavé. C'était plutôt bon enfant, pourtant, même si l'un d'eux a eu le nez cassé... Après ça, on a taillé la route jusqu'au Cathode Ray, une boîte qui venait d'ouvrir près du fleuve.
C'était le délire, là-dedans. J'ai jamais vu autant de filles dégoulinantes de désir. J'avais l'impression d'être un néon dans une forêt tropicale. Fallait que j'en profite pour deux, puisque Laszlo, mon frère, qui est plutôt du genre timide, prenait son pied rien qu'à me regarder palper. Je me suis mis torse nu, pour accélérer les choses qui allaient déjà bon train. Ça a fait son petit effet parce que - et c'est pas moi qui le dis -j'ai une carrure d'athlète. Ça va te forger le caractère, il avait dit, mon père, quand il m'a inscrit à la boxe à l'âge de quatorze ans. On peut dire que ça m'a forgé le physique, mais pour le caractère...
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