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Les dames de nage

Couverture du livre Les dames de nage

Auteur : Bernard Giraudeau

Date de saisie : 25/09/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Métailié, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-86424-614-5

GENCOD : 9782864246145


  • La présentation de l'éditeur

Je l'ai aimée comme un enfant, comme un homme, comme je n'ai plus jamais aimé... Elle s'est dissoute un jour, peu après notre amour, dans une eau claire. C'était dans un cristal d'émeraude glacé... J'ai continué à grandir sans elle, bien sûr, avec ce don qu'elle m'avait fait dès l'enfance de cette découverte sans cesse renouvelée de l'amour. Tout au long de ma vie j'ai aimé les nuques déliées, les femmes comme des gerbes et le secret des graines dans les épis... J'ai gardé de l'enfance, et d'Amélie, ils sont liés, l'amour de l'inconnu à défricher, avec la peur au ventre comme une jouissance.
Bernard Giraudeau nous embarque, au fil des amours de ses héros, de l'Afrique à l'Amérique du Sud, à la recherche de cet inconnu qui toujours fascine, avec un don irrésistible pour dire le clair-obscur des sentiments. Son regard précis s'exprime dans une prose drue, nette, crue et poétique à la fois qui échappe à toute nostalgie.

Bernard Giraudeau est né à La Rochelle. Acteur et cinéaste, il réalise des longs métrages, L'Autre et Les Caprices d'un fleuve, ainsi que des documentaires, dont La Transamazonienne, Esquisses philippines, Un ami chilien. Il est l'auteur, entre autres, du Marin à l'ancre, des Hommes à terre et des Contes d'Humahuaca.

Bernard Giraudeau a reçu le Prix Amerigo Vespucci 2007



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  • La revue de presse Emilie Grangeray - Le Monde du 29 juin 2007

Il chante l'océan bien sûr, plein de promesses et sur lequel il s'embarquera bien vite. Pour retrouver ses amis, Michel et Diego, l'Afrique et le Chili. Pour découvrir les villages et les ports, capter les couleurs et les odeurs. Et puis il y a aussi les retours à Paris dans le froid et la pluie, avec, en sus, les bouchons et les visages blêmes. Il faut alors repartir, coûte que coûte. Repartir et écouter les histoires des autres, comme celle, sublime, de ce marin travesti. Repartir par peur de l'habitude, et de voir ses rêves s'abîmer sur le bitume. Sans cesse, mais en prenant davantage le temps, Bernard Giraudeau est lui aussi parti défricher les êtres et le monde. En restent de magnifiques histoires qui invitent les terriens que nous sommes à rêver d'horizons maritimes.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express du 24 mai 2007

Les Dames de nage, qui vient de paraître chez Métailié, est un roman, si l'on en croit ce que mentionne l'éditeur. On dirait pourtant une autobiographie. Qu'importe ! C'est surtout un excellent livre, plein de bruit, de fureur, de révolte, de cette tendresse feutrée que l'on camoufle sous une apparente rudesse. Cette belle confession romancée permet à Giraudeau de croiser la voie de ses idoles, les Joseph Conrad, Alexander Kent, Robert Louis Stevenson ou Jack Kerouac.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 24 mai 2007

Parce qu'il est désormais un comédien d'escales et un écrivain au long cours, ce Gémeaux bousculé par le cancer prend le temps de musarder dans le passé. Il raconte comment, fuyant Paris sans regret, il a déchiré ses semelles sur la lave noire des volcans, foulé le mica des terres brûlées, traversé le Tocantins, navigué sur le Xingu, participé à des cérémonies chamanistes près de la frontière bolivienne, à des fêtes dogons au Mali, marché contre le simoun d'Iran et le khamsin d'Egypte, mangé du caldou au Sénégal et de la cazuela dans les Andes. Partout, il a favorisé le hasard, qu'il aime «comme la lumière», et comparé la canopée à une mer sombre...
«Les Dames de nage», c'est la chronique vagabonde d'une existence où les femmes ressemblent à des continents, et les pays lointains, à des corps de femmes parfumés aux essences florales. C'est le livre rond d'un homme maigre. Un chant du départ qui sent le vieux chanvre et le calfat des navires. C'est ce qu'on s'écrit pour se donner de la force, et une dernière salve de désir. L'acteur colérique est devenu un raconteur généreux.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 23 mai 2007

Construit de cent récits, comme autant de nouvelles emboîtées, ce roman frappe, une fois encore, par son énergie, le tranchant de son humanité, sa vibration intérieure. Dense, inspiré, il révèle une sensibilité à fleur de peau et un rare talent pour les miniatures...
Les Dames de nage confirme ainsi la singularité de l'univers de Bernard Giraudeau, son sens de l'éphémère et du temps qui brûle, son goût désespéré de la vie. En filigrane perce pourtant, tout au long du livre, une sagesse inédite, un désir farouche d'accéder enfin au bonheur et à la paix.



  • Les premières lignes

Je peux voir la canopée comme des vagues immobiles auxquelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l'infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l'indéfini du ciel. J'aime cet endroit comme une escale de paix. Je suis un égaré ayant décidé de se poser, de rester là dans chaque instant des souffles. J'écoute l'oiseau, un chant sur la page de silence. A la fin du jour il y a celui des voix de la vallée, isolées comme des notes échappées. J'apprends l'attente, celle de l'instant, celle de la pluie, des jours à venir, de la nuit, de la première étoile, celle du feu pour les repas et pour réchauffer les soirs. J'attends sans impatience, en vivant l'instant comme une éternité. Ajouté à ce bonheur, il y a l'inattendu de cette vie là-haut, les coups de vent soudains qui annoncent l'orage. Il y a alors une plainte rugueuse des écorces blessées, un bavardage précipité du feuillage sous les ailes sombres des nuages, et je me régale d'un poignard de feu, derrière les voiles d'eau. Il me semble que ces instants-là ne peuvent finir. Tous les soirs avant la noyade solaire, quand l'ombre du petit sycomore s'étire en géant, je m'assois sur le tronc couché qui barre le sentier. J'ai alors, comme le veilleur, le sentiment de garder un territoire.


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