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La voisine des vieux

Couverture du livre La voisine des vieux

Auteur : Julien Dunilac

Date de saisie : 07/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Slatkine, Genève, Suisse

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-8321-0273-2

GENCOD : 9782832102732

Sorti le : 04/04/2007

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  • La présentation de l'éditeur

S'agit-il d'un roman, d'un récit, ou de mémoires ? De tout un peu dans ce texte où l'actualité fait irruption sous la forme de titres d'articles de la presse quotidienne.
Abandonnant le recours à des personnages fictifs, saisis dans une tranche de vie arbitraire, Julien Dunilac s'y met en scène, avec Aurélie, pour raconter la vie quotidienne d'un couple, face à l'isolement de la vieillesse. En somme, presque tout sur presque rien, les petits riens qui servent d'alibi à la survie.
Humour et malice pimentent cette tranche de troisième âge, passage obligé de l'humaine condition, tandis qu'il arrive des choses importantes dans la vie de la jeune et jolie voisine...

Il n'est plus besoin de présenter Julien Dunilac, poète, romancier, essayiste et dramaturge. Après une carrière professionnelle très riche, il poursuit, dans sa retraite neuchâteloise, une oeuvre commencée il y a plus de cinquante ans, jalonnée par de nombreuses publications.





  • Les premières lignes

- Bizarre... murmure Aurélie, plus pour elle-même qu'à mon intention.
- Qu'y a-t-il de bizarre dans notre vie sans surprise ?
- Tu ne trouves pas ça bizarre, toi, la disparition du mari de Sophie ?
- Disparition, disparition, tu ne vas pas trop vite en besogne ?
- Trop vite ! Elle est rentrée de vacances il y a plus d'un mois. Seule ! Et lui, on ne l'a plus revu. Aux abonnés absents depuis des semaines. Tu trouves ça normal ?
Dernier week-end de septembre. En ville, la fête des vendanges bat son plein. On attend je ne sais combien de dizaines de milliers de personnes venues pour des libations bachiques ou le corso fleuri, ou les deux à la fois.
Nous n'en avons rien à faire, Aurélie et moi. De la fête nous n'avons que des relents de musique, fanfares en vadrouille ou ritournelles des manèges, une rumeur de foule qu'il arrive à la bise de porter jusqu'à nous.
Nous avons consacré la journée aux coings, seuls fruits du jardin ayant échappé, dans la fleur, au méchant gel du printemps dernier. Ils sont gros à souhait et d'un beau jaune, ombré d'une barbe duveteuse. Dans la main, comme des seins lourds de promesses.
Nous en avons tiré gelée couleur rubis, moelleuse sur la langue et marmelade dorée, selon les anciennes recettes de nos mères auxquelles c'est l'occasion, pour les octogénaires que nous sommes devenus, de rendre hommage.
Depuis dix ans au moins, Aurélie clame que c'est la dernière fois que nous nous échinons à ce travail épuisant qui va de la cueillette du fruit à ses transformations successives, tributaires du temps de cuisson, de gelée en marmelade et en pâte de coing, exigeant le périlleux, pour les doigts, découpage du fruit en quartiers, le rude évidage de son centre, sans parler du lavage préalable à la brosse à risette et des mille manipulations du pesage et adjonction de sucre kilo par kilo.


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