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Crises politiques en Palestine : 1997-2007

Couverture du livre Crises politiques en Palestine : 1997-2007

Auteur : Dominique Thomas

Date de saisie : 03/05/2007

Genre : Politique

Editeur : Michalon, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 2-84186-390-5

GENCOD : 9782841863907

Sorti le : 20/04/2007


  • La présentation de l'éditeur

L'accord de La Mecque signé en février 2007 entre les deux grands mouvements politiques rivaux palestiniens, le Hamas et le Fatah, est probablement l'un des premiers signes tangibles d'une volonté commune d'en finir avec les luttes intestines. Du respect de ce pacte par les deux parties, de leur bonne volonté réciproque à soutenir le nouveau gouvernement d'union nationale dépend pour une large part la (re)construction d'une Palestine indépendante. Néanmoins, l'émergence d'une société politique apaisée est encore loin d'être acquise pour les habitants de Gaza et de Cisjordanie. Outre les interférences considérables engendrées par l'absence d'un accord de paix définitif avec Israël et les diverses pressions exercées par la communauté internationale, les divisions idéologiques, les querelles de factions, la fracture des générations et les rivalités de pouvoir ont durablement atomisé la société politique palestinienne et radicalisé les positions. De surcroît, l'épineuse question du contrôle des forces de sécurité et leurs rapports avec les divers groupes armés du Hamas, du Fatah et des autres organisations est encore loin d'être réglée. Si ces quinze dernières années ont marqué un tournant décisif pour la Palestine (accords d'Oslo, création d'une Autorité nationale, nouvelle Intifada, succès électoral des islamistes...), l'avenir du pays reste incertain et les rapports de forces complexes. L'ouvrage particulièrement documenté de Dominique Thomas apporte un éclairage complet sur ces aspects essentiels pour comprendre les enjeux qui attendent la Palestine de demain.
Dominique Thomas est chercheur et consultant, spécialiste des mouvements islamistes et du monde arabe. Il a séjourné plusieurs années au Proche-Orient. Contributeur des Nouveaux mondes rebelles (Michalon. 2005), il a publié Les Hommes d'al-Qaïda et Le Londonistan aux mêmes éditions.





  • Les premières lignes

1993-2007 : BOULEVERSEMENTS MAJEURS SUR LA SCÈNE POLITIQUE PALESTINIENNE
1. La difficile mise en place d'une autorité politique

Les défis de l'Autorité nationale palestinienne

Yasser Arafat signe l'accord appelé «Gaza-Jericho d'abord» à Washington, en septembre 1993. L'Autorité nationale palestinienne, qui en est l'émanation, a alors quatre défis à relever.
Le premier concerne le type de relations que l'Autorité nationale palestinienne entend nouer avec l'ancienne force occupante, Israël, devenue partenaire légitime et reconnue. Cette nouvelle donne inclut une gestion partagée des ques­tions sécuritaires. Les relations liant désormais l'Autorité nationale palestinienne au gouvernement israélien corres­pondent à une forme de partenariat, ou plutôt une coopération - une collaboration pour certains - entre les deux parties. Les forces politiques radicalement opposées aux accords d'Oslo, comme les mouvements islamistes et pro­gressistes, allant jusqu'à qualifier l'Autorité nationale palesti­nienne de supplétif des forces de sécurité israéliennes. Sur le terrain, ce partenariat se matérialise par trois arrangements : d'abord, une coopération entre les services de sécurité, c'est-à-dire la Sécurité préventive générale palestinienne (SPG) et les renseignements intérieurs israéliens, puis une mise en place de patrouilles mixtes aux abords des points de contrôle séparant les zones A et B fixées par les accords et, enfin, par une institutionnalisation des bureaux de liaison pour les affaires civiles.
Sur le plan économique, la création de l'Autorité nationale palestinienne entérine les relations bilatérales, mettant à jour le déséquilibre absolu des échanges économiques, à l'avantage d'Israël. En effet, 75 % des importations palestiniennes proviennent d'Israël et 85 % de ses exportations sont écoulées sur le marché israélien. Autre élément illustrant cette inégalité dans les rapports économiques : les droits de passage frontalier perçus par les autorités israéliennes et rétrocédés au taux de 40 % seulement aux autorités palestiniennes, par l'intermédiaire de l'Office palestinien des transferts nationaux.


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