Auteur : Ariel Kenig
Date de saisie : 03/05/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Denoël, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-207-25960-3
GENCOD : 9782207259603
Sorti le : 29/03/2007
Tu es notre bunker.
À l'intérieur, une sorte d'inceste permanent nous flingue les cellules. Nous dégénérons. Nous faiblissons. Tes parois ne suffisent plus : il te faut renforcer l'isolement. Littéralement terrorises [...] nous ne vivons plus qu'en communauté restreinte. Plutôt que de nous battre en ton nom, comme s'il n'y avait plus rien à défendre, nous nous engageons dans de petites luttes domestiques. Plus loin n'existe pas.
La vie, c'est le blockhaus : l'habitation à loyer modéré, le hameau de campagne, le quartier pavillonnaire, le gratte-ciel résidentiel, l'impasse à lofts ou l'hôtel particulier. Les types de logis s'affrontent pendant que nos petits ego concourent. [...]Tous contre tous, nous avons amoindri nos forces, perdu notre lucidité, et cela m'est égal, au fond, de brûler mes liens. Que reste-t-il du sentiment d'être français ? Telle est la question qu'Ariel Kenig pose dans sa langue sensible et frontale.
Manifeste d'une jeunesse indignée mais volontaire, Quitter la France est écrit comme la lettre d'un amoureux déçu.
Ariel Kenig a vingt-trois ans. Il est l'auteur, chez Denoël, des romans Camping Atlantic (2005) et La Pause (2006). Lauréat de la fondation Beaumarchais, il écrit également pou le théâtre.
Trouver le moyen de sauver sa peau quand le réel vous étouffe, c'est la grande affaire d'Ariel Kenig. Il part, veut partir, veut partir, se terre, refuse de se taire. Dans Camping Atlantic, le narrateur fuyait la caravane familiale avec son frère. La Pause tenait la chronique d'un adolescent qui observait la cité en bas claquemuré dans son appartement, ce qui, au onzième matin, donnait des notations comme : «le parc automobile a vieilli d'un jour». Avec Quitter la France, Kenig élargit son corps à corps avec le monde à l'échelle d'un pays entier...
Cette fois, tous les repères politiques volent en éclats et il n'y a plus qu'une solution, abandonner la posture soupçonneuse, reprendre au début, accepter d'avoir affaire à un écrivain, que ce qui compte ici, ce sont les mots, non les idées et que, dans Quitter la France, le mot important, ce n'est pas «la France», mais «quitter...
Sa vie et ses livres ne sont tendus que vers l'urgence de sortir de la glu mentale où le camping/la cité/le pays le tiennent enfermé...
Chaque phrase est une miette de vérité arrachée avec les ongles. Cela ne facilite pas toujours la lecture, mais après, on dort mieux.
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