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Madame Bovary : moeurs de province

Couverture du livre Madame Bovary : moeurs de province

Auteur : Gustave Flaubert

Date de saisie : 01/08/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : E. Brunet, Rouen | Point de vues, Bonsecours, France

Prix : 29.00 € / 190.23 F

GENCOD : 9782910776176

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Du 1er octobre au 15 décembre 1856, la Revue de Paris publie dans six numéros consécutifs un roman inédit, Madame Bovary. Elle a exigé de son auteur des coupes et censuré certaines scènes. S'en sont suivis un procès pour outrage aux bonnes moeurs et à la morale publique et religieuse puis un acquittement.
Dès qu'il reçoit l'un des volumes de l'édition originale en avril 1857, Flaubert, désireux d'éterniser la bêtise du Censeur, reporte une par une les corrections exigées et commente la suppression imposée de quelques scènes-clés : la noce, les comices, le fiacre, le pied-bot.
Il procède très minutieusement. Au crayon d'abord, il met les passages concernés entre crochets ; il barre d'un trait horizontal les fragments courts, d'une croix de Saint-André les plus longs. Puis, à l'encre, il encadre presque toujours le morceau visé et, quelquefois, il repasse à la plume sur les rayures au crayon.
Paradoxe de la rature, ce qui immédiatement saute aux yeux, c'est la violence de la mutilation : parce que le Censeur transforme le mot raturé en trait saillant, lui donnant une force qu'il n'avait pas initialement dans le corps du texte. Et c'est presque une autre Madame Bovary que l'on découvre, une Bovary décolorée, aseptisée, une Bovary de bon goût, enfin acceptable, privée de son "immoralité" supposée : immoralité de mot - tout ce qui touche à la chair, à la physiologie est épingle par le Censeur - immoralité de situation, comique de caractère atténué.
Premier écrivain sans doute dans l'histoire littéraire à inscrire rétrospectivement dans le corps même du livre l'un des moments douloureux de sa genèse, Flaubert montrait volontiers cet exemplaire-témoin à ses amis. Cent cinquante ans plus tard, grâce à ce fac-similé, son objectif est désormais atteint : faire sortir la censure du cadre privé du manuscrit afin que la postérité puisse juger.

Edition de Yvan Leclerc




  • La revue de presse Edouard LAUNET - Libération du 12 juillet 2007

Le premier roman d'un certain Gustave Flaubert se vend «comme des p'tits pains», nous assure l'un de ses éditeurs, Elisabeth Brunet...
Seulement voilà, c'est une Madame Bovary vraiment singulière qui nous revient d'outre arsenic : cet ouvrage est le fac-similé d'un exemplaire dans lequel Flaubert a reporté toutes les coupes que la censure voulait lui imposer. A l'époque, un livre de Catherine Millet ou Michel Houellebecq serait sorti des mains d'Anastasie aux dimensions d'un confetti carré. Pour la publication en feuilleton de Madame Bovary, qu'au Figaro on n'estima pas loin de «glisser dans le vulgaire», les dirigeants de la Revue de Paris ont préféré sortir eux-mêmes leurs gros ciseaux plutôt que de subir ceux de la police de Napoléon III.


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