Auteur : David Ball
Traducteur : Danièle Mazingarbe
Date de saisie : 02/05/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Collection : Grands romans
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-258-06800-1
GENCOD : 9782258068001
Sorti le : 05/04/2007
Traquée par la police chinoise, Allison est prête à tout pour garder la petite fille qu'elle vient d'adopter...
Pour le groupe d'Américains venus en Chine chercher les bébés qu'ils ont adoptés, l'épreuve touche à sa fin. Après deux années de faux espoirs, Allison Turk, comme les autres futurs parents, tient enfin dans ses bras l'enfant tant attendu...
Mais voilà que le ministère chinois des Affaires sociales leur intime l'ordre de rendre les bébés. Une erreur a été commise, d'autres enfants doivent leur être attribués.
Dès lors, Allison est confrontée à un choix dramatique : doit-elle abandonner la petite Wen Li, qu'elle aime déjà, ou bien ne pas céder aux pressions et aux menaces de l'impitoyable police chinoise et s'exposer à des dangers insoupçonnés...
Auteur de romans historiques à succès (La Prisonnière de Malte et Le Faucon d'Istanbul, Presses de la Cité, 2006), David Ball signe ici un récit poignant au coeur d'une Chine au réalisme terrifiant.
Extrait du prologue :
Shao Lin était hantée par le souvenir de l'hiver où elle avait creusé une tombe de fortune pour le bébé. Un front glacial exceptionnel était descendu de Mongolie et rendait, ce jour-là, le ciel aussi froid et lourd que son âme. Elle avait tant gratté la neige et creusé la terre glacée que ses doigts saignaient. Ses larmes brûlantes se mêlaient à son sang. Le trou avait vite été assez grand, tant le paquet était petit.
C'était une fille. Xiao Xi. Un bonheur minuscule.
Mais comment parler de bonheur en cet instant ? La politique nataliste autorisant de n'avoir qu'un enfant, celui-ci n'aurait jamais dû être une fille. Une femme était sur terre pour enfanter des fils. Des fils pour perpétuer le nom patronymique, hériter des biens familiaux, s'occuper des parents devenus vieux puis entretenir leur tombe. En se mariant, les filles quittaient le foyer parental et perdaient toute valeur. Il en allait ainsi depuis des générations.
- Ainsi, tu es bien digne de ta mère, avait hurlé le mari de Shao Lin quand elle lui avait annoncé le sexe de Xiao Xi. Tu es maudite !
C'était vrai. La mère de Shao Lin avait porté quatre filles et aucun garçon. La mère de sa mère avait eu six enfants. Que des filles. L'époux de Shao Lin craignait que la malédiction ne s'étende à sa famille.
La belle-mère de Shao Lin avait le visage sombre quand elle prit Xiao Xi.
- Je m'en occupe, dit-elle à Shao Lin.
Mais elle n'eut rien à faire. Xiao Xi lui facilita la tâche : quelque chose - du mucus, peut-être - lui obturait la gorge et l'empêchait de respirer. Elle étouffait. Il aurait fallu qu'on lui tape dans le dos pour la dégager. La belle-mère reposa Xiao Xi et s'éloigna. Xiao Xi devint bleue et cessa de lutter.
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