Auteur : Claude Lecouteux
Date de saisie : 02/05/2007
Genre : Dictionnaires, encyclopédies
Editeur : Imago, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-84952-047-5
GENCOD : 9782849520475
Sorti le : 19/04/2007
Siegfried, Odin, la Lorelei, le Roi des Aulnes, voilà des personnages mythiques bien connus. Pourtant, s'étendant de l'Allemagne à l'Islande, la mythologie germanique, et plus précisément germano-scandinave - souvent victime de préjugés, sans doute en raison de fâcheuses récupérations historiques -, reste dans l'ensemble trop ignorée.
Du Moyen Âge à nos jours, s'appuyant notamment sur les Eddas, les Sagas, les légendes et les traditions populaires, ce dictionnaire nous invite à arpenter des espaces enchantés où foisonnent dieux, fées, elfes, lutins, revenants, nains et géants... Il nous décrit, par exemple, les cultes rendus aux sources et aux arbres, maints rituels magiques, nous conte l'éternelle errance du Chasseur maudit, l'étrange aventure de Peter Schlemihl et de nombreuses autres histoires fabuleuses...
Unique en son genre, oeuvre d'un éminent spécialiste, cet ouvrage nous fait découvrir ainsi toute la richesse et la poésie d'une des plus grandes cultures européennes.
Claude Lecouteux est professeur de littérature et civilisation du Moyen Âge à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Il a déjà publié, aux Editions Imago, Fantômes et Revenants au Moyen Âge (1986), Les Nains et les Elfes au Moyen Age (1988), Démons et Génies du terroir au Moyen Age (1995), Mélusine et le Chevalier au cygne (1997), Chasses fantastiques et Cohortes de la nuit au Moyen Age (1999), Histoire des vampires (1999), La Maison et ses Génies (2000), Le Mort aventureux (roman, 2003), Le Livre des grimoires (2002) et Le Livre des talismans et des amulettes (2005).
Nouvelle édition revue et augmentée. Traduit en lituanien, en roumain et en italien.
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Extrait de l'introduction :
Encore moins familière au grand public que la mythologie celtique qui bénéficie en France d'un intérêt enviable depuis de longues années, la mythologie germanique reste un domaine peu connu que l'on juge essentiellement à travers la Tétralogie wagnérienne, ce qui lui a fait plus de mal que de bien. En outre, récupérée par l'idéologie nazie, elle a mauvaise réputation, soupçonnée qu'elle est de véhiculer des idées pernicieuses. Heureusement, il n'en est rien, et le mésusage qui en a été fait reposait sur une interprétation fallacieuse de ses données, sur le mythe moderne du Germain blond et aryen. Un autre mythe moderne, celui du Viking, a popularisé l'image d'hommes violents et sanguinaires, brutes épaisses jurant par Odin et par Thor et buvant de l'hydromel dans le crâne de leurs victimes. C'est du reste ainsi que les Vikings apparaissent dans Astérix et les Normands. N'oublions pas non plus que, jusqu'au XIXe siècle, on continuait à ranger parmi les litanies le A furore Normannorum libera nos domine («Seigneur, délivre-nous de la fureur des Normands !»). Ainsi dénaturée par méconnaissance, la civilisation germanique ancienne rebute plutôt qu'elle n'attire, d'autant plus que la plupart des ouvrages sérieux restent réservés aux spécialistes, malgré les efforts de quelques chercheurs au premier rang desquels se tient Régis Boyer. La mythologie germanique est donc victime de préjugés.
Pourtant, elle a eu une influence considérable sur la formation du patrimoine culturel européen. On oublie trop souvent en effet que les Francs, dont notre pays tire son nom, furent une peuplade germanique et que la France et sa civilisation sont le résultat d'un gigantesque brassage des cultures celto-gauloise, romaine et germanique. La toponymie de notre sol porte encore la trace des envahisseurs qui s'y sédentarisèrent, les Burgondes dans la vallée du Rhône et en Savoie, les Saxons en Boulonnois, les Alamans en Alsace, les Wisigoths en Narbonaise, les Taïfales en Poitou... Mais qu'entend-on par «germanique» ?
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