Auteur : Catherine Vigourt
Date de saisie : 22/10/2004
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7021-3523-5
GENCOD : 9782702135235
Ce que je dis dans Côté nord, c'est qu'il faut toujours mieux regarder ce qu'on voit. Pourtant mon personnage, Léo, bascule dans le trouble et les passions parce qu'un jour il a regardé par la fenêtre, il s'est posé des questions sur ces gens, là-bas, qui laissent crever le perroquet dont ils devraient prendre soin. Négligence, indifférence, un certain fonctionnement social... lui, alors que tout le monde s'en fout, il veut comprendre, et c'est là un désir qui peut aller jusqu'à la douleur - je le connais, c'est lui qui me fait écrire, toujours. Et voilà que l'intensité nouvelle de Léo retentit sur son entourage, sa femme, ses proches, et sur la jeune Agathe, qui cesse de le considérer comme son beau-père. Elle le regarde autrement, et va se faire payer cher d'être celle qu'on ne doit pas toucher : dans l'immeuble, là-bas, il y a aussi un drôle de type... Chacun va devoir ouvrir les yeux, très vite. J'aime ces moments, de douleur, de merveille, les deux ensemble le plus souvent, ces moments où ce qu'on croit connaître il faut le réapprendre, sortir de nos cadres, de nos habitudes, de nos peurs, chercher à mieux vivre, à mieux aimer. Sans être un perroquet. Mais je ne donne pas de leçon, l'histoire tourne de l'un à l'autre, sans temps mort : à chacun de se faire son idée. Moi, j'essaie de donner à voir. Par l'écriture, tout simplement.
Catherine VIGOURT
Cet hiver, Léo n'est plus le même. Bien sûr, il aime toujours sa femme, Allison. Bien sûr, il s'inquiète toujours pour sa belle-fille, Agathe, une adolescente qu'il a élevée comme le père qu'elle n'a plus. Mais quelque chose a changé. En face de son bureau, il y a un immeuble parisien comme le sien, et sur le rebord d'une fenêtre, dans une cage, deux perroquets. Léo sait bien qu'il doit travailler, même si les scénarios pour la télé, ça vaut ce que ça vaut, mais ces pauvres bêtes, oubliées dans le froid, là-bas, elles ne tiendront pas le coup. Il ne les quitte plus des yeux, il s'interroge, il s'indigne : le voilà qui s'attache.
Il s'attache étrangement à ces vies en suspens, peut-être insignifiantes, mais révélatrices d'une indifférence plus vaste. Sans voir que son monde vacille. Sans voir qu'Allison s'éloigne et ne le comprend plus très bien. Sans voir qu'Agathe se rapproche trop, prise d'une passion sensuelle et périlleuse pour ce beau-père au nouveau visage, qui l'attire comme un homme attire une femme. Il va bien falloir porter son regard de ce côté-ci, et vite - mais comment ?
Le Code de la route conseille de respecter les distances de sécurité : comment ajuster les nôtres quand le trafic des sentiments s'intensifie dangereusement ?
Cela commence comme au théâtre, avec pour décor un appartement parisien dont les fenêtres, côté sud, donnent sur un toit d'église et quelques goélands en exil. Le bureau de Léo, premier à entrer en scène, plonge, lui, sur la cour d'un grand ensemble. Puis apparaissent Allison, sa femme, restauratrice de tableaux, et Agathe, 17 ans, la fille d'Allison. Le trio est en place, qui va se partager le «je» du narrateur... Faire la mise au point, non plus sur le lointain, mais sur le proche; écouter celui qu'on côtoie; chercher à mieux vivre, à mieux aimer... Ces conseils, distillés avec finesse par Catherine Vigourt, se révèlent fort dévastateurs. Car, derrière leur apparente banalité, c'est à un véritable aggiornamento familial que l'auteur appelle. Présente dans le paysage littéraire depuis 1990 - Côté nord est son cinquième roman - Catherine Vigourt, enseignante de son état, peint patiemment sa toile. Nous délivrant, touche après touche, une belle gamme d'émotions.
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