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Moi, Mona Lisa

Couverture du livre Moi, Mona Lisa

Auteur : Jeanne Kalogridis

Traducteur : Danièle Mazingarbe

Date de saisie : 01/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Presses de la Cité, Paris, France

Collection : Grands romans

Prix : 20.80 € / 136.44 F

ISBN : 978-2-258-06944-2

GENCOD : 9782258069442

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  • La présentation de l'éditeur

Passions, rivalités politiques, trahisons, aventures amoureuses dans la Florence des Médicis, à l'apogée de la Renaissance italienne.

Avril 1478. Julien de Médicis, frère de Laurent le Magnifique, est brutalement assassiné en plein Duomo, le joyau de Florence. Ce meurtre aura des conséquences dans toute la cité, chez les artistes les plus en vue, comme Léonard de Vinci et Michel-Ange, aussi bien que sur les plus petites gens, en passant par un riche marchand lainier et son élégante épouse. Sans oublier leur fille, Madonna Lisa.
Seize ans plus tard, Lisa, devenue une des beautés les plus extraordinaires de son époque, est dangereusement liée aux Médicis, dont la tête est désormais mise à prix. Elle va devoir faire preuve d'intelligence, de ruse et d'esprit de sacrifice pour sauver la vie de son père, elle aussi menacée. Pour y parvenir, elle accepte d'épouser un certain Giocondo, riche et influent bourgeois, ennemi juré des Médicis...

La vie de Mona Lisa est aussi mystérieuse que son sourire. Réinventée par Jeanne Kalogridis, elle entraîne le lecteur au coeur d'une ville et d'une période mythiques : la Florence de la fin du Quattrocento. Qui aura fait de la Joconde l'une des femmes les plus célèbres de l'histoire...





  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

Lisa
Juin 1490

Mon nom est Lisa di Antonio Gherardini ; les gens qui me connaissent m'appellent simplement Madonna Lisa, et ceux des classes inférieures, Mona Lisa.
Mon portrait a été peint sur bois, avec de l'huile de lin bouillie et des pigments extraits de la terre, ou des pierres semi-précieuses pilées, appliqués à l'aide de pinceaux faits de plumes d'oiseaux ou de soyeuse fourrure d'animaux.
J'ai vu le tableau. Il ne me ressemble pas. J'y reconnais davantage les visages de ma mère et de mon père. Je crois entendre leur voix. Je ressens leur amour et leur tristesse, et je revois, encore et encore, le crime qui les unit tous les deux, le crime qui les unit à moi.
Car mon histoire ne commence pas par ma naissance, mais par un meurtre, commis l'année précédant ma venue au monde.
J'en eus la révélation lors d'un entretien avec un astrologue, deux semaines avant mon anniversaire, le 15 du mois de juin. En me donnant à choisir un cadeau, ma mère pensait sans doute que j'allais vouloir une nouvelle robe, car nulle part ailleurs que dans ma Florence natale ne régna avec autant de passion le goût de l'habillement ostentatoire. Mon père était l'un des marchands de laine les plus riches de la ville, et ses relations me permettaient d'avoir accès à un choix illimité de soies, de brocarts, de velours et de pelleteries.
Mais je ne voulais pas d'une robe. Lors du récent mariage de mon oncle Lauro et de sa jeune épouse, Giovanna Maria, ma grand-mère avait remarqué, avec amertume, lors de la cérémonie :
«Leur bonheur ne durera pas. Elle est Sagittaire ascendant Taureau ; Lauro, Bélier. Ils s'affronteront sans cesse.
- Mère, lui avait dit ma propre mère avec douceur, d'un ton de reproche.
- Si Antonio et vous aviez prêté attention à ces éléments...»
Le regard sévère de sa fille l'avait interrompue.
Sa remarque m'intriguait. Mes parents s'aimaient, mais ne semblaient pas heureux. D'ailleurs, eux non plus n'avaient jamais fait allusion à mon horoscope.
Quand j'interrogeai ma mère à ce sujet, je découvris avec étonnement que mon thème astral n'avait jamais été établi. Les familles florentines aisées consultaient pourtant fréquemment des astrologues en cas de problème majeur ; quant au thème des nouveau-nés, il était systématiquement étudié.
Etant enfant unique, dépositaire des espoirs de ma famille, je connaissais l'étendue de mes pouvoirs : je ne me privai pas de me plaindre et de plaider ma cause, jusqu'à ce que ma mère finisse par céder.
Si j'avais su ce qui allait s'ensuivre, je n'aurais pas insisté autant.


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