Auteur : Scott Anderson
Traducteur : Oristelle Bonis
Date de saisie : 01/05/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7144-4268-0
GENCOD : 9782714442680
Dans la poussière brûlante d'un pays du Moyen-Orient, le nouveau roman ambitieux et féroce de Scott Anderson. Une satire impitoyable de l'interventionnisme américain et la chronique de quelques Occidentaux abandonnés dans un palace décrépit.
David Richards, diplomate de trente-quatre ans, coule des jours nonchalants à l'ambassade américaine du Kutar, un obscur royaume arabe. Il passe ses journées à coordonner de vagues projets de développement économique, ses soirées dans les cocktails mondains et ses nuits auprès des épouses désoeuvrées des expatriés locaux, indifférent à la situation critique du pays : depuis peu, les tensions croissent dangereusement entre le gouvernement et les tribus rebelles des montagnes, jusqu'à l'affrontement. L'ancienne colonie britannique sombre alors dans la guerre civile.
Les étrangers sont évacués. Sauf David, qui décide de rester et s'installe au Moonlight Hôtel, l'ancien palace de la ville, en compagnie de quelques expatriés. Parmi eux, Amira, une princesse kutari de retour de Londres, dont David ne tarde pas à tomber amoureux.
Les jours passent. Révolté par l'abandon du Kutar par la communauté internationale, David va tenter le tout pour le tout afin de sortir le pays de l'impasse. Le résultat aura le goût amer de l'ironie...
Traduit de l'américain par Oristelle Bonis.
Appuyée à la rambarde du balcon, elle contemplait la nuit, et David s'étonnait de la blancheur ivoirine de ses bras, clairs comme le marbre ou l'os sous l'éclairage en provenance du salon. Elle se tourna vers lui en rejetant en arrière ses cheveux blonds. Elle souriait.
«Vous devez avoir la plus belle vue de tout le Kutar.»
Il posa leurs verres sur la balustrade et, se penchant comme elle, examina ce qu'elle voyait. Il acquiesça : «Une des plus belles, sûrement.»
Ils se tenaient sur la terrasse de derrière. À cet endroit de la corniche, la pente soudain très abrupte donnait de nuit l'illusion d'être au bord d'une falaise. L'aéroport et les banlieues nord s'étalaient à leurs pieds, au-delà, c'était le désert et ses ténèbres infinies que seuls trouaient de temps à autre les phares d'un véhicule sur la route nationale et, dans le lointain, des points de lumière vive. Dans les premières semaines qui avaient suivi son installation au Kutar, David avait pensé qu'il s'agissait d'habitations isolées, de maisons trop distantes pour qu'il les distingue le jour, puis son télescope était arrivé et il avait découvert que c'étaient des étoiles qui brillaient bas sur l'horizon. Il le lui dit.
À sa façon elle était jolie, avec cette fraîcheur éclatante de santé des filles de l'Amérique profonde : des yeux étonnants d'un bleu-gris indécis, une bouche charmante, un teint très pâle mis en valeur par la robe fourreau vert (...)
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