Auteur : Christian Godin
Date de saisie : 02/05/2007
Genre : Philosophie
Editeur : First Editions, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-7540-0366-7
GENCOD : 9782754003667
Vieille dame indigne de vingt-cinq siècles, la philosophie se dévergonde et sort aujourd'hui de sa tour d'ivoire. Désinhibée, elle fréquente même les cafés - les fameux «cafés philo» -, agoras modernes où l'on discute, avec une fraîcheur et une passion revigorantes, des sujets essentiels comme des problèmes du moment.
Facile d'accès et dénué de jargon, ce livre s'adresse à tous les «philosophes de comptoir», consommateurs occasionnels ou amateurs avertis, qui souhaitent parfaire leurs connaissances ou affiner leur point de vue sur un sujet précis. Présentant 123 notions clés par ordre alphabétique - de A comme Action à V comme Volonté -, il peut se lire comme un ouvrage d'initiation à la philosophie. Cultivant l'humour et l'impertinence, il a également une portée critique quand il combat les idées toutes faites ou lorsqu'il examine les grandes questions d'actualité (l'environnement, la guerre, le racisme...) à la lumière des philosophies passées.
Un choix de citations et des recommandations de lecture complètent l'ensemble. Le service est compris.
Christian Godin, philosophe, est maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand. Déjà auteur d'une trentaine d'ouvrages, il a notamment publié La Totalité (Champ Vallon, 1997-2003), Au bazar du vivant (en collaboration avec Jacques Testart, Seuil, 2001), Dictionnaire de philosophie (Fayard/Editions du temps, 2004), Le Nouveau Cours de philosophie (Editions du temps, 2004), La Guerre (Editions du temps, 2006) et Petit Lexique de la bêtise actuelle (Editions du temps, 2007).
Il est aussi l'auteur du best-seller La Philosophie pour les Nuls (Éditions First, 2006).
Extrait de l'avant-propos :
Savez-vous que le mot «comptoir» vient du latin computorium, à partir duquel les Anglo-Américains ont forgé computer ? Comme le terme de banque est né du banc sur lequel s'effectuaient les transactions, le comptoir est issu de la table où l'on faisait les comptes. Dans les deux cas, c'est l'objet qui, par glissement de sens, a fini par désigner le lieu, puis les échanges qui s'y déroulaient. Ainsi ce livre fait-il office de table et de banc; ici, les idées et les mots ont seulement pris la place des marchandises et de l'argent des établissements commerciaux.
Les philosophes, qui sont gens solitaires et aiment travailler dans le calme, ont tendance à mépriser les lieux d'échange et de consommation. Même Sartre, qui y a pourtant passé une bonne partie de sa vie, n'est pas parvenu à élever le café à un rang équivalent à celui de la salle de cours ou du bureau. Un intellectuel parlera volontiers de «philosophie de comptoir» pou*" désigner les cafés philo. Dans l'imaginaire collectif, le mot «comptoir» reste entaché d'une connotation suspecte : les transactions douteuses des comptoirs coloniaux.
Pourtant, ni le comptoir ni le commerce en général ne méritent une telle indignité. À l'âge classique (XVIIe siècle), le mot «commerce» désignait la communication : avoir commerce avec quelqu'un signifiait converser avec lui, et plus si affinités. La domination sans partage de l'argent a fini par dégrader le mot : désormais, le commerce des idées n'est guère mieux considéré que le commerce des corps. Dans ce Comptoir philosophique, c'est à l'esprit d'échange et de libre circulation (du sens) que nous voudrions revenir.
Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la philosophie mais ne savent pas par où commencer ni où aller. Facile d'accès et dénué de jargon, il évite le double écueil de la mauvaise conscience («C'est ma faute si je ne comprends pas») et du ressentiment («C'est la faute des philosophes et de leur langage obscur si je n'ai rien compris.»). Il peut se lire comme un manuel pratique (d'initiation à la philosophie, de décryptage des plus importantes questions d'actualité à la lumière des grands concepts et controverses philosophiques), mais il a également une portée critique (quand il combat les idées reçues, sape les systèmes de représentation dominants...). Cultivant l'impertinence et l'humour à l'occasion, il lui arrive aussi de traiter avec tout le sérieux qu'elles méritent les histoires les plus burlesques.
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