Auteur : Pierre Mollier
Date de saisie : 27/04/2007
Genre : Esotérisme
Editeur : Dervy, Paris, France
Collection : Bibliothèque de la franc-maçonnerie
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84454-481-0
GENCOD : 9782844544810
Sorti le : 10/04/2007
La Franc-maçonnerie sous l'Empire
En 1804, les classes moyennes qui avaient fait la Révolution se rallient massivement à l'Empire. Elles voient dans Napoléon le garant des acquis de 1789 sur le plan juridique et économique. L'Empereur apparaît comme un rempart contre le retour des Bourbons et de l'Ancien Régime, mais aussi contre les excès de 1793 et la pression des classes populaires. La bourgeoisie qui peuplait les loges dans les années 1780 recommence à maçonner dès 1800-1802. À partir de 1804, le Grand Orient, protégé et contrôlé par le nouveau gouvernement, connaît un vif essor. Sous la houlette de Cambacérés son état-major comprend alors presque tous les dignitaires de l'Empire. En 1810, il réunit près de 1200 loges dans les 130 départements français ! Si les liens entre la Franc-maçonnerie et le régime napoléonien sont souvent mis en avant par l'historiographie, la nature précise de cette relation étonnante reste largement à explorer.
Ce volume associe des spécialistes reconnus de l'histoire de la Franc-maçonnerie et du Premier Empire : Pierre-Yves Beaurepaire, Jean-François Brun, Laurence Chatel de Brancion, Yves Hivert-Messeca, Pierre-François Pinaud, Jean-Marie Mercier, Pierre Mollier, Charles Napoléon, Jacky Nardoux, Alain Quéruel, Jean-Marc Schiappa, Céline Sala, Eric Saunier.
COLLECTION RENAISSANCE TRADITIONNELLE DIRIGÉE PAR ROGER DACHEZ
Dans le sillage de la revue Renaissance Traditionnelle qui a contribué depuis 1970 à l'émergence d'une nouvelle histoire de la Franc-maçonnerie, cette collection propose des documents et des études en rapport avec les origines historiques et les sources de la tradition maçonnique et des mouvements qui lui sont liés.
Principalement soucieuse de rigueur dans la recherche, elle souhaite aussi mettre à la disposition du plus grand nombre des matériaux pour mieux connaître et comprendre l'Ordre maçonnique, dans sa double dimension, historique et spirituelle.
Extrait de l'introduction :
Si l'on associe souvent la Franc-maçonnerie à la Troisième République, il est pourtant un autre régime, dans l'histoire de France, dont les liens avec les loges furent au moins aussi étroits : le Premier Empire. Il faut probablement chercher, bien des années plus tard, dans les démêlés entre Napoléon III et le Parti Républicain, alors très maçonnisé, l'origine du silence gêné sur cette ancienne liaison. D'ailleurs, comme le souligne l'historiographie anglo-saxonne, plus détachée du contexte politique hexagonal, le bonapartisme et le courant républicain entretiennent des relations complexes tout au long du XIXe siècle.
Ceux qui se sont penchés sur la Maçonnerie impériale - historiens des loges ou de l'Empire - proposent souvent des analyses selon deux modèles : soit on la tient pour la fantaisie d'une bourgeoisie enfin parvenue sans grande conséquence politique - on rappelle alors cette phrase de Napoléon, probablement apocryphe, ironisant sur l'Archichancelier qui présidait les banquets maçonniques avec le même sérieux que les séances du Conseil d'Etat -, soit on dresse le portrait d'une Maçonnerie étroitement contrôlée par la terrible police de Fouché et la période napoléonienne ne représente alors, dans l'histoire sainte de la République, que les années où le ressort se comprime à l'aube du siècle des Révolutions. Si les loges se sont livrées avec délice aux fastes de l'apparat «Empire» et si bien sûr la police les gardait à l'oeil - comme l'ensemble du corps social ! - ces grilles d'interprétation paraissent cependant un peu réductrices et simplistes. Les travaux de Claude Rétat sur Alexandre Lenoir, Millin et leurs milieux, les études de Jean-Pierre Laurant sur François-Nicolas Noël, la carrière et les discours maçonniques de Maine de Biran mis à jour par Robert Amadou, montrent qu'il y avait aussi des loges où l'on réfléchissait. Quant au rôle politique des «réseaux maçonniques» il apparaît paradoxalement dans la dénonciation même de la Maçonnerie napoléonienne. Un vieux Maçon d'expérience pouvait ainsi écrire une fois éteints les feux de la fête impériale : «Souvent les loges ont reçu ceux qui ne devaient pas y être admis, souvent on y a entendu ce qui ne devait pas y être dit : la grandeur y recevait l'encens de l'adulation ; la politesse avait pris la place de la franchise, beaucoup venaient pour voir et être vus, les temples étaient un rendez-vous et la Maçonnerie un moyen de parvenir, il y avait foule, mais les maçons étaient rares». L'auteur de ces lignes, le Frère Massé de Cormeilles, était bien placé pour évoquer cette dimension sociale et politique, sa loge, Saint Alexandre d'Ecosse fut l'une des plus choyées par l'Archichancelier.
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