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L'armée de l'empereur : violences et crimes du Japon en guerre, 1937-1945

Couverture du livre L'armée de l'empereur : violences et crimes du Japon en guerre, 1937-1945

Auteur : Jean-Louis Margolin

Préface : Yves Ternon

Date de saisie : 28/06/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Armand Colin, Paris, France

Collection : Les enjeux de l'histoire

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-200-26697-4

GENCOD : 9782200266974

Sorti le : 24/01/2007


  • La présentation de l'éditeur

Massacres en masse de prisonniers de guerre, notamment à Nankin ; asservissement de millions d'Asiatiques et d'Occidentaux, entre camps de la faim et chantiers de la mort ; atmosphère de terreur à l'échelle d'un quasi-continent ; débauche de crimes sexuels et prostitution forcée ; utilisation de cobayes humains ; pillage généralisé ; intoxication par la drogue de populations entières.
Cela dura huit ans et toucha 400 millions d'hommes. Ce terrifiant volet de la Seconde Guerre mondiale en Asie n'avait jamais fait l'objet jusqu'à présent d'une étude approfondie et globale. Les pratiques de guerre de l'Armée de l'Empereur du Japon sont minutieusement décrites afin d'en comprendre les mécanismes. Comment en arriva-t-on là ? Les explications, trop simples, par la culture ou le contexte ne tiennent pas.
C'est la conquête d'une armée par l'ultranationalisme, puis la conquête d'un pays par son armée qui sont en cause. Au-delà, c'est l'ère du fascisme, des totalitarismes, du triomphe de la brutalité qui trouva au Japon un formidable point d'appui. Ces horreurs des années 1940 restent encore au coeur des mémoires des années 2000. Le Japon s'est-il assez repenti ? La Chine est-elle fondée à s'offusquer des manuels scolaires de son voisin ? Et qu'en pensent les autres Asiatiques, dont l'attitude à l'égard de l'occupant nippon fut loin d'être unanime ? Pour comprendre à la fois les totalitarismes d'hier et l'Asie d'aujourd'hui, il était indispensable de mettre en lumière ces violences massives et méconnues.

Jean-Louis Margolin est maître de conférences en histoire à l'Université de Provence et directeur-adjoint de l'Institut pour la Recherche sur le Sud-Est asiatique (IRSEA-CNRS). Auteur de nombreux ouvrages, il est un spécialiste reconnu de l'Asie au XXe siècle.





  • La revue de presse Paul-François Paoli - Le Figaro du 28 juin 2007

Dans ce livre qui se nourrit des dernières recherches sur le sujet, le directeur adjoint de l'Institut pour la recherche sur le Sud-Est asiatique au CNRS, qui fut un des auteurs du Livre noir sur le communisme, dresse un bilan sans appel de l'action des armées japonaises lors des guerres contre la Chine, les États-Unis et leurs alliés britanniques et australiens et dont les méthodes n'eurent rien à envier aux nazis, à ceci près - et ce n'est pas un détail - que le principe du génocide y fut absent...
Quant au caractère fanatique du militarisme nippon, il est incompréhensible hors de la mystique impériale qui s'empara de l'armée, devenue le pilier de l'État dans les années 1930 et pour qui le sacrifice dû à l'empereur Hirohito, perçu comme un descendant des dieux qui ont fondé le Japon, allait de soi. Margolin insiste sur la fanatisation du soldat japonais, à qui l'on inculqua le mépris d'une mort vécue comme un honneur quand elle est obtenue au combat ; éducation qui sera déterminante dans le phénomène des kamikazes. Toute une mythologie guerrière à laquelle viendra s'ajouter un racisme traditionnel à l'encontre des Chinois et des Coréens que l'empire du Soleil-Levant prétendait pourtant libérer de l'influence occidentale, racisme qui explique l'extrême brutalité avec laquelle ceux-ci seront traités. Pour autant, loin de verser dans le fatalisme, ce livre rend hommage à l'honnêteté des historiens japonais qui ont entrepris ces dernières années des recherches décisives sur les crimes de leur propre pays. Du courage, il en fallait sans aucun doute pour aller à l'encontre des tendances révisionnistes de certains néonationalistes, mais aussi pour admettre que le peuple japonais avait, dans son ensemble, consenti à la folie impérialiste qui s'est emparée des élites de cette nation pour la mener à la catastrophe.


  • La revue de presse Olivier Wieviorka - Libération du 14 juin 2007

Dans un livre important, Jean-Louis Margolin revient sur les lieux du crime, enquêtant sur une «armée de l'empereur» dont les sinistres forfaits restent, en Occident, relativement méconnus...
Ce livre impressionnant dépasse toutefois le morne recensement des atrocités en interrogeant la pertinence du parallèle entre le Japon de Hirohito et l'Allemagne de Hitler. On ne saurait, précise Margolin, pousser trop loin l'analogie. Si quelques éléments apparentent le régime nationaliste au totalitarisme le contrôle de la population par exemple bien des éléments l'en éloignent. De sorte que d'autres causalités méritent d'être convoquées. Le poids de l'armée et le rôle qu'elle joua sur la scène politique, la reféodalisation de l'archipel entamée à partir de l'ère Meiji, le nationalisme exacerbé, le mépris pour les autres civilisations, autant d'éléments qui, somme toute, amènent à assimiler la violence de l'armée nippone à une violence coloniale plus que totalitaire.


  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, mai 2007

Nos intérêts pour les sujets historiques sont largement commandés par nos propres histoires nationales. Curio-sités et savoirs sont ainsi très sélectifs et cela explique, par exemple, que peu de travaux de recherche sur le théâtre extrême-oriental de la Seconde Guerre mondiale soient disponibles en français. Jean-Louis Margolin, que l'on connaît pour la précieuse contribution qu'il avait apportée au Livre noir du communisme en traitant des «communismes asiatiques», remplit cette lacune avec cette Armée de l'empereur, histoire richement documentée des violences et crimes du Japon en guerre, de 1937 à 1945.


  • La revue de presse Thomas Wieder - Le Monde du 27 avril 2007

Longtemps réduit, du moins en Occident, à un affrontement entre les Etats-Unis et le Japon, le versant asiatique de la seconde guerre mondiale fait depuis quelques années l'objet d'un nombre considérable de publications au Japon et dans le monde anglo-saxon. C'est une synthèse de cette historiographie largement ignorée en France, en même temps qu'une relecture critique de travaux parfois très orientés idéologiquement, que propose ici Jean-Louis Margolin (1). Soucieux de croiser le point de vue des bourreaux et celui des victimes, ce spécialiste de l'Asie contemporaine - auteur de l'excellent chapitre sur la Chine dans Le Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997) - a puisé dans de nombreux documents, n'hésitant pas à citer ordres de marche, témoignages de soldats et de rescapés, dépêches diplomatiques, articles de presse et comptes rendus de procès. L'accumulation des atrocités donne parfois la nausée, mais jamais à ce jour les lecteurs français n'ont pénétré d'aussi près dans les rouages de la machine de guerre japonaise.


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