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Yvonne-Aimée n'a pas son âge

Couverture du livre Yvonne-Aimée n'a pas son âge

Auteur : Jacques Duquesne

Date de saisie : 07/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-226-17942-5

GENCOD : 9782226179425

Sorti le : 02/05/2007


  • La présentation de l'éditeur

Yvonne-Aimée, mère et grand-mère, ne se sent pas «encore bien pour son âge» comme disent les consolants et les hypocrites. Elle est bien. Tout simplement. Et, refusant de passer la main, elle se montre prête à tout pour se rendre utile. Sans savoir que sa curiosité et sa volonté vont mener cette femme du Nord sur des chemins inattendus. Mais avec la certitude qu'il n'y a pas d'âge pour aimer et cesser d'aimer, pour déposer les armes ou pour se battre.

Un émouvant portrait de femme confrontée à la fragilité des destins, aux nouveaux rapports entre les générations et aux bouleversements de la société, esquissé avec justesse, sensibilité, humour. Sans que jamais l'espoir se perde.





  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 7 juin 2007

L'héroïne de Jacques Duquesne refuse de jouer les figurantes. Un roman riche et joyeux...
L'auteur a trouvé le ton juste pour évoquer la peur devant le vieillissement, l'irrésistible besoin d'aimer à tout âge et la complexité des rapports intergénérationnels, comme l'on dit aujourd'hui. En littérature ou au cinéma, la septuagénaire a rarement le beau rôle. Grâce soit rendue à Duquesne d'avoir créé ici un bien joli personnage de femme mûre.



  • Les premières lignes

La lumière du matin ignore le malheur. Elle se glisse entre les sinueuses fentes des vieux volets, s'insinue dans les lourds rideaux mauves, lance au plafond de brumeuses flaques - glauques, comme ils disent - qui bientôt s'étalent, éclatent, conquérantes.
Chaque jour, Yvonne-Aimée l'attend comme une victoire, s'inquiète si elle tarde, s'émeut quand elle faiblit, s'amuse enfin de la voir déjouer tous les pièges, ceux qu'elle-même a tendus le soir. À coups de voilages et de tentures. Pour que la nuit soit vraiment nuit. Parce qu'il faut bien dormir. Ce qui était si difficile, au début.
Au début : quand Paul est parti, quand il l'a quittée. Une nuit, justement. Elle ne s'en est aperçue qu'au matin : il était raide, gris, ni chaud ni froid. Autre. Infarctus. Comme s'il n'avait pas voulu la déranger. Toujours discret, presque effacé. Par gentillesse ou timidité ? Elle n'a jamais su vraiment. On peut vivre plus de trente ans avec un homme, l'aimer, s'inquiéter de ses moindres malaises, le voir nu, dévoilé, avec ses replis et ses taches, connaître chaque détail de son corps, le caresser et être caressée par lui, le recevoir en soi, préparer sa nourriture et vérifier qu'il l'apprécie, se soucier de ses vêtements, de sa cravate dont il ratait toujours les noeuds et qu'il tachait de sauce avec une désolante régularité, on peut avoir échangé des phrases par milliers, des mots par millions, partagé joies et soucis depuis la naissance des enfants jusqu'à leur départ, et ne pas connaître tout de lui, demeurer quelque peu étrangère.
Cette mort subite, à la dérobade, oui, c'était bien de lui. Prévenant, mais guère prévoyant, il ne l'avait pas vue venir. À moins qu'il n'ait caché quelques douleurs, quelques signes, pour ne pas l'inquiéter. Sans imaginer le remords qui ensuite la poignerait, la tarauderait.
Elle préfère croire qu'il a été pris par surprise. Une fin brutale, volée. C'est probable. Il ne vivait qu'au présent.


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