Auteur : Muriel Spark
Traducteur : Alain Delahaye
Date de saisie : 26/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France
Collection : Motifs, n° 285
Prix : 7.00 € / 45.92 F
ISBN : 978-2-268-06178-8
GENCOD : 9782268061788
Sorti le : 20/04/2007
«Outrageously funy novel», s'exclamait la critique anglaise en 1960, lors de la parution de ce roman acide où le protagoniste du titre fait des ravages dans le milieu ouvrier où il sévit. Le séduisant, l'irrésistible Dougal Douglas est engagé par un industriel de Peckham Rye, quartier ouvrier de Londres, pour «élargir l'horizon culturel» de ses employés, et il ne s'en prive pas. Grâce à lui, Peckham Rye et ses habitants connaîtront l'horizon élargi des larmes, de l'absentéisme, de l'imposture, du chantage, de la violence et du meurtre. Mais ces cadeaux, Dougal Douglas les fait avec une si agréable désinvolture, et son rire est si charmeur qu'on les accepte de bonne grâce ! Sa tâche accomplie, Dougal s'en ira, laissant ses victimes à la fois soulagées et secrètement inconsolables.
Traduit de l'anglais par Alain Delahaye
Poétesse, nouvelliste, biographe d'Emily Brontë et de Mary Shelley née en 1918 en Ecosse, Muriel Spark a vécu en Afrique noire et à Londres avant de s'installer en Toscane, où elle mourait en avril 2006.
Les Belles Années de mademoiselle Brodie, devenu un best-seller, la rend célèbre en 1961. Depuis, plusieurs de ses romans ont été adaptés à l'écran, et quatre recueils de nouvelles réunis en français sous le titre Pan ! pan ! Tu es morte (Prix FNAC de la nouvelle étrangère, 1987). Muriel Spark, a reçu en 1992 le prix T. S. Eliot (obtenu également par Mario Vargas Llosa, Octavio Paz, Jorge Luis Borges, etc.), ainsi que le British Littérature Prize pour l'ensemble de son oeuvre en 1997 à Londres.
FICHEZ-MOI le camp, sale cochon ! dit-elle.
- Tout homme a dans son coeur un cochon qui sommeille, répondit-il.
- Vous osez revenir sur les lieux du crime ! s'exclama-t-elle.
- Allons, Mavis, allons, Mavis», répondit-il. On la vit lui claquer la porte au nez, on le vit presser la sonnette, on la vit rouvrir.
«Je voudrais dire un mot à Dixie, insista-t-il. Allons, Mavis, soyez raisonnable.
- Ma fille, déclara Mavis, n'est pas là.» Et elle lui claqua de nouveau la porte au nez.
Il parut néanmoins considérer la rencontre comme satisfaisante pour l'instant. Il regagna sa petite Fiat et remonta Rye Grove en direction du pré communal, où il se gara face au Rye Hôtel. Là, il alluma une cigarette, sortit de sa voiture et entra dans le bar.
Au fond de la salle, trois hommes qui avaient l'air de retraités détournèrent les yeux de la télévision pour l'examiner. L'un d'entre eux donna un coup de coude à son voisin. Une femme porta la main au menton et adressa à son compagnon un regard entendu.
Il s'appelait Humphrey Place. C'était lui l'homme qui, quelques semaines plus tôt, était parti au beau milieu de la cérémonie de son mariage. Il traversa la rue pour aller au White Horse, où il but une pinte de bière. Ensuite il fit une visite au Morning Star et aux Heaton Arms. Pour finir, il aboutit au Harbinger.
La porte du pub s'ouvrit et Trevor Lomas fit son entrée. On le vit s'approcher de Humphrey et lui flanquer un direct en plein sur la bouche. La serveuse s'écria : «Dehors, vous deux !»
Une femme remarqua : «Ce ne serait jamais arrivé s'il n'y avait pas eu Dougal Douglas !»
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