Auteur : Frank Andriat
Date de saisie : 27/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : B. Gilson, Bruxelles, France
Collection : Le photophore
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-87269-168-5
GENCOD : 9782872691685
Sorti le : 24/04/2007
Il est des romans dont le charme perdure : Gaume figure parmi ceux-ci. Depuis 1995, il reçoit un accueil ému et enthousiaste de ses lecteurs. Tendre et ouvert comme la région dont il parle, ce beau texte permet de réfléchir à notre mode de vie, à nos valeurs.
C'est en Gaume que Pierre, un cadre bruxellois affairé, vient se ressourcer. C'est en Gaume qu'il découvre un nouvel équilibre. C'est aussi dans cette douce région du sud belge qu'il rencontre Reinette, une fille de la nature aux veux turquoise, qui lui offre de vivre l'amour dans la simplicité et la tendresse.
Rythmée par le jazz et par le chant des bois et des collines, cette histoire est une ode à la nature, au quotidien et à l'amour.
Frank Andriat est né à Bruxelles, professeur de français, vivant en «Gaume» à la frontière française. Il ne cesse d'écrire principalement pour la jeunesse. Une trentaine d'ouvrages connaissent un vif succès dont «Depuis ta mort» et «Mon pire ennemi» parus chez Grasset.
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Béton
Pierre habite à Bruxelles. Il vit de bruit et de béton. Il regarde peu le ciel, sauf quand les nuages crèvent et l'inondent d'une humeur mauvaise. Les voitures filent. Pas d'instant pour le silence. Parfois, il court se réfugier dans un parc. Les oiseaux sont enroués. Leurs pépiements ont, pour toile de fond, le vrombissement des moteurs. Il va plus loin. Au Rouge-Cloître. Il pénètre à grands pas nerveux dans la forêt de Soignes. Le trajet qu'il a parcouru pour arriver là était stressant. Tempête des klaxons et coups de freins aux feux rouges. Il court sur le chemin de terre. Les voitures roulent encore dans sa tête. La forêt n'est pas vraiment calme ; l'autoroute la traverse, l'autoroute qui mène au sud, passé Namur, à l'autre bout du monde.
II se bouche les sens. À quoi sert le regard quand il s'emprisonne dans des kilomètres de béton ? Par terre et en l'air. Partout. À quoi rime le nez lorsqu'il ne respire que du gaz carbonique ? Et la bouche qui goûte un vent acre et suspect ? Et les mains qui frôlent un air collant qui les rend rêches et sales ? À quoi servent les oreilles quand on les électrochoque ? Pierre survit enfermé dans sa tête. Il fait des projets, des calculs, des phrases vides de vie. Le soir, pour rêver, il se plonge dans des livres, dans ces romans qui emmènent ailleurs, dans des espaces de quiétude et de silence, mais il s'endort très vite ; il est si fatigué. Le matin, lorsque le réveil sonne, il a juste le temps de courir sous la douche et d'avaler un café fort. La ville l'appelle. Et son travail. Et les obligations qui font de lui un homme. Il oublie le livre de la veille et, s'il arrive qu'un flash lui en revienne lorsqu'il est coincé dans les embouteillages au volant de sa voiture, il se dit que les artistes sont des irresponsables et des rêveurs.
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