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Un lointain pays

Couverture du livre Un lointain pays

Auteur : Daniel Mason

Traducteur : Isabelle Chapman

Date de saisie : 24/04/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Feux croisés

Prix : 20.90 € / 137.10 F

ISBN : 2-259-19697-7

GENCOD : 9782259196970


  • La présentation de l'éditeur

La poignante épopée d'une jeune fille à la recherche de son frère adulé, par l'auteur du best-seller L'Accordeur de piano
(prix Relay du roman d'évasion 2003).

Dans un pays très pauvre, Isabel, une jeune fille de quatorze ans, vit avec ses parents à la campagne, en lisière d'une plantation de canne à sucre. Lorsque la famine et la guerre s'abattent sur ces contrées désolées, son frère Isaias fuit vers la ville dans l'espoir d'y accomplir ses talents de musicien grâce au violon hérité de son grand-père. Bientôt, poussée par la sécheresse et la misère, Isabel s'exile à son tour, pensant le rejoindre. Mais Isaias a disparu. A travers la ville violente et surpeuplée, elle se lance alors à la recherche de son frère, armée d'un espoir inébranlable.
Daniel Mason plonge le lecteur, avec une grande force d'évocation visuelle, au coeur d'un lointain pays qui semble étonnamment proche. Fable moderne et émouvante sur la dignité de la survie, la quête d'Isabel est avant tout une ode universelle à la force des liens familiaux.

Né en 1976, Daniel Mason est diplômé de biologie. Il vit à San Francisco.
«Un roman qui sonne parfaitement juste.»
News Weekly

«Une incroyablement belle réflexion sur la pauvreté, la migration et les classes sociales, digne des Raisins de la colère de Steinbeck [...]. [Daniel Mason] pourrait bien être le prochain grand écrivain de notre époque.»
The Boston Globe





  • Les premières lignes

Dans la vallée du village qu'ils baptiseraient bientôt du nom de Saint-Michel-de-la-Canne, hommes et femmes, les yeux rivés sur le ciel, patientaient en retournant la terre de novembre.
Des nuages remontèrent le long des rivières à sec, sui­vant un parcours solitaire depuis des côtes lointaines.
Il pleuvait, parfois. De petites feuilles déroulaient alors leurs corolles vertes sur les branches sèches, une herbe d'un vert tendre recouvrait le sol de ce qu'ils appelaient «la forêt blanche» parce que la végétation y était trop anémique pour se revêtir de couleurs. Les hommes et les femmes épiaient le firmament d'un regard soupçonneux. La pluie tombait quelquefois si près de chez eux qu'ils respiraient son odeur, mais quand elle s'obstinait à éviter leur coin de planète, les feuilles viraient au marron et se mettaient à claquer dans le vent. Une seule pluie, suivie d'un ciel vide, disaient-ils, cela vous dévastait un champ. La pluie emplissait d'espoir les hommes et la terre. Ils lui avaient trouvé un nom, la sécheresse verte, et ils la mau­dissaient tout bas. La pluie, c'est comme les hommes, disaient les femmes, ils commencent par vous amadouer par de gentilles attentions, et le jour où ils vous aban­donnent, c'est pire que tout.
Lorsque la pluie prolongeait son absence, les premiers végétaux à mourir étaient les graminées. Puis les arbustes épineux devenaient friables, les cactus prenaient un teint gris. En décembre, à la veille de la Sainte-Lucie, ils eurent recours à la divination : ils alignèrent par terre à l'extérieur six petits blocs de sel, et le lendemain matin ils comptèrent combien de morceaux s'étaient dilués et combien étaient restés secs.
Lorsque la terre se fit si brûlante que la pluie, de toute façon, se serait transformée en vapeur avant même de tou­cher terre, ils se préparèrent à se retirer.


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