Auteur : Richard Kalvar
Préface : Seloua Luste Boulbina
Date de saisie : 21/04/2007
Genre : Photos
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 50.00 € / 327.98 F
ISBN : 978-2-08-120113-2
GENCOD : 9782081201132
Sorti le : 09/03/2007
Richard Kalvar est né à New York en 1944. Après des études à l'université Cornell, il débute comme assistant du photographe Jérôme Ducrot. En 1970, il s'installe en France, où il participe à la fondation de l'agence photographique Viva. Il rejoint Magnum Photos comme membre associé en 1975 ; il en est membre à part entière depuis 1977.
Il vit à Paris avec sa femme et ses deux enfants.
Débusquer l'insolite : tel semble être le moteur de Richard Kalvar qui promène, entre Rome et Paris, New York et Varsovie, San Francisco et Tokyo, un oeil aiguisé nous révélant une humanité différente. Toujours en décalage, il explore un univers parallèle, proche du nôtre mais autre, à la fois plus drôle et plus sombre. Ses clichés, pris sur le vif, partent du réel pour nous emmener ailleurs, grâce au dévoilement d'une poésie du quotidien, teintée d'humour et de dérision. Le noir et blanc de sa pellicule capte la singularité de chaque être, son double obscur aussi, et nous invite subrepticement à passer «de l'autre côté du miroir».
Les petites horreurs de la vie
- Au voyeur, au voleur, à l'assassin ! ! !
Dans le jardin public, c'est l'émoi.
Quelqu'un crie. Est-il témoin d'un crime, victime d'une agression ?
Il raconte : il a vu un homme voler les passants, leur dérober subrepticement leur bien le plus précieux. Il a vu un homme, armé d'un appareil, leur soustraire ce qu'ils n'auraient jamais accepté de donner. Il a vu un homme leur subtiliser, de près, qui plus est, sans qu'ils s'en aperçoivent, une image d'eux-mêmes qu'ils n'auraient jamais voulu livrer.
Si les animaux pouvaient parler, ils se plaindraient. L'homme, de loin, anonyme et discret, s'entend dire :
- Les visages appartiennent à ceux qui les regardent. Si personne ne m'accuse, c'est parfait.
Assis sur un banc, il se tait. Il est de nouveau aux aguets.
Comment, du reste, le repérer ? Il opère en traître, à la hâte. Timide, il n'oserait aborder tes gens pour leur demander ou leur proposer...
Il prend ce qui n'est pas à lui, s'empare de ce qu'il voit. Ça lui donne un peu envie de crier.
On le lui offrirait volontiers, il n'en voudrait pas.
Quand il a ainsi vu, secrètement, fugitivement, irrépressiblement, il peut, chez lui, regarder tranquillement ce qu'il a pris. C'est un plaisir solitaire de plus.
Il a de très nombreux complices.
L'homme, un terrien, certainement, charge des balles de 35 mm.
Le photographe est-il un petit homme embusqué dans les fourrés ? Est-il un géant défiant, de son appareil, les passants ? Est-il un flâneur passager, un observateur régulier, un spectateur attardé ?
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