Auteur : Linda D. Cirino
Traducteur : Claude Bonnafont
Date de saisie : 21/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : L. Levi, Paris, France
Collection : Piccolo, n° 7
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 2-86746-298-3
GENCOD : 9782867462986
Sorti le : 05/04/2007
En 1936, dans le sud de l'Allemagne, Eva mène une dure existence dans la ferme familiale. Un jour, elle découvre un jeune étudiant caché dans son poulailler. Quel danger court-il ? Avec son solide bon sens, Eva pose les vraies questions qui l'amèneront à se mesurer au nazisme.
Linda D. Cirino, née à New York, a grandi à Brooklyn et a activement soutenu le mouvement pour les droits civiques pendant ses années d'université. Elle est l'auteur de deux romans et de nombreux essais parmi lesquels une histoire littéraire de New York. La Coquetière a été traduit dans de nombreux pays d'Europe et a reçu un excellent accueil des lecteurs.
" Le roman de Linda D. Cirino est de ceux qui font du bien. Parce qu'il est simple et beau. À l'image de son héroïne. "
A.L. Lire
" Un roman magnifique, à lire par toutes les générations. La force d'une femme dans un pays en guerre, qui suit son intuition et lutte contre les préjugés. "
Anne-Sophie Thuard - Librairie Thuard, Le Mans
Sud-ouest de l'Allemagne, 1936
J'appartiens à une longue lignée de paysans. Et de femmes de paysans. Sur les sacs de maïs pour le bétail, on peut voir l'image d'une femme qui représente exactement les agricultrices telles que je les ai toujours vues - les yeux baissés. J'ignore ce qu'elle est censée faire sur le sac, mais elle est sans doute courbée pour travailler, aux champs ou dans sa maison : raccommoder, cuisiner ou soigner les enfants. Moi, de temps à autre, je lève les yeux vers le ciel, juste pour me rendre compte du temps, voir quelle température le soleil couchant nous annonce pour le lendemain, voir si les nuages vont oui ou non tourner à l'orage avant que ma lessive soit sèche. Mais la plupart du temps, ma tête est penchée comme la sienne. Chez nous, aussi loin que remonte le souvenir, on a toujours travaillé la terre.
Notre exploitation est petite, assez petite pour qu'à nous deux, nous puissions la faire marcher, assez petite aussi pour qu'il ne nous reste rien une fois les comptes bouclés. Nous ne faisons pas partie des grands propriétaires terriens ni des riches fermiers. Nous n'avons pas de pâtures éloignées, louées à une famille pauvre qui les laboure. Nous n'engageons pas d'ouvriers agricoles pour nous aider à rentrer le blé le temps venu. Autrefois, quand nous étions réellement surchargés, nos enfants manquaient l'école pour nous aider. Nous produisons l'essentiel de ce que nous mangeons, mais il ne reste pas grand-chose à vendre au marché. Bien sûr, en été, il nous arrive d'y porter quelques tomates, des légumes verts, parfois des pommes de terre et des oignons, mais agrandir notre petit potager nous donnerait trop de mal pour le mince revenu supplémentaire que nous en tirerions. Il paraît qu'il y a quelques grandes exploitations dans la région, mais ce n'est pas le cas de la nôtre.
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