Auteur : ACADÉMIE DES SCIENCES (France)
Date de saisie : 20/04/2007
Genre : Sciences et Technologies
Editeur : EDP sciences, Les Ulis, France
Collection : Rapports sur la science et la technologie
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 2-86883-862-6
GENCOD : 9782868838629
Sorti le : 20/04/2007
La production d'énergie est au coeur des préoccupations de tous les États. Depuis quelques dizaines d'années, les énergies fossiles, qui sont les plus consommées, affectent le climat en émettant des gaz à effet de serre, et les variations qui en résultent paraissent insupportables.
Le monde scientifique se trouve face à un énorme défi :
soit permettre à tous d'accéder à l'énergie selon les modalités existantes,
soit inventer un nouveau mode de production énergétique indispensable au développement.
Si l'énergie issue de la fission d'éléments lourds est maîtrisée depuis un demi-siècle tant au plan militaire que civil, il en va très différemment de l'énergie issue de la fusion des éléments légers (hydrogène, deutérium et tritium). En effet, cette fusion ne peut intervenir qu'à des températures très élevées, ce qui pose des problèmes inédits. Les recherches ont permis de réaliser la fusion pendant quelques secondes, établissant que la méthode est possible. L'isolation des volumes où se produit la fusion se fait selon deux voies : la voie du confinement magnétique, dont les réacteurs Tokamaks ont montré la faisabilité, et la voie du confinement inertiel, dont le principe a été vérifié. Il faut noter cependant que toutes ces expériences consomment jusqu'à présent plus d'énergie qu'elles n'en produisent.
Même si la faisabilité de la fusion est chose établie, son exploitation industrielle reste encore très éloignée. L'importance des travaux dans chacune de ces voies implique une coopération internationale qui s'est organisée autour de la voie du confinement magnétique : Iter et IFMIF associent la Communauté européenne, le Japon, les États-Unis, la Chine, la Russie, la Corée et l'Inde.
Il n'est pas du rôle de l'Académie des sciences de dégager le poids relatif que les États doivent consacrer aux énergies renouvelables, aux économies d'énergie et aux travaux scientifiques prospectifs, mais il est raisonnable d'aborder cette question de la fusion en tant que telle. C'est pourquoi ce rapport en présente les caractéristiques essentielles en faisant le point sur les connaissances scientifiques et techniques acquises, et sur les pistes des recherches à entreprendre avant de pouvoir construire des usines productrices d'énergie.
Cet ouvrage a regroupé des spécialistes engagés dans les travaux les plus théoriques et dans les expériences de confinement magnétique et de confinement inertiel. L'Académie a souhaité en outre présenter les conséquences immédiates, pour la France, de son association avec les partenaires d'Iter.
Extrait de l'avant-propos :
La production d'énergie est au coeur des préoccupations de tous les États du monde. Les uns sont privés de ressources énergétiques, ce qui limite leur développement. Les autres, gros consommateurs d'énergie, visent à accroître leurs ressources traditionnelles, c'est-à-dire les hydrocarbures et le charbon, et simultanément à construire une société moins consommatrice d'énergie, en portant notamment un effort significatif sur les matériaux de construction dits «intelligents», qui seraient énergétiquement autosuffisants.
Les pays qui accèdent rapidement au développement (dont la Chine et l'Inde sont les plus représentatifs) ne peuvent se contenter d'économiser l'énergie qu'ils consomment peu. Ils tendent alors dans l'immédiat à accroître les sources d'énergie rapidement accessibles, dont la principale est le charbon, car ils disposent de très grands gisements exploitables, et, à plus long terme, à utiliser l'énergie nucléaire de fission.
Depuis quelques dizaines d'années, un nouveau concept s'impose. Non seulement les énergies actuellement les plus consommées (c'est-à-dire les énergies fossiles) affectent le climat en émettant des gaz à effet de serre, mais ces variations anthropiques de l'environnement paraissent insupportables.
Ainsi, le monde scientifique se trouve face à un énorme défi : soit permettre à tous d'accéder à l'énergie selon les procédures existantes, soit inventer un nouveau mode de production énergétique indispensable au développement des peuples.
L'énergie nucléaire de fission est une réponse possible : le stockage, l'entreposage ou la transmutation des déchets radioactifs en déchets stables ou en les transformant eux-mêmes en matériaux énergétiques, est une méthode possible et activement étudiée. Mais un autre processus nucléaire est en voie d'exploration : il concerne la fusion. Les expériences actuelles et plus anciennes, échelonnées sur plusieurs décennies, sont présentées ici.
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