Auteur : Régis Descott
Date de saisie : 03/05/2007
Genre : Policiers
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7096-2788-7
GENCOD : 9782709627887
Sorti le : 21/02/2007
Suis-je le gardien de mon frère ? Un coup de foudre lors d'un accident de la circulation.
Un psychopathe évadé d'un asile. Un transsexuel qui s'accuse du meurtre de sa propre mère. Des jumeaux en tous points identiques ou presque. De ravissantes jeunes femmes défigurées par un tueur surnommé l'Homme qui Rit, dont le docteur Suzanne Lohmann est chargée de dresser le profil psy... Et si tout était lié ? Et si la psychiatre était à son insu l'objet d'un jeu pervers et fatal ? Avec ce thriller époustouflant qui explore les versants les plus troubles de notre identité, l'auteur de Pavillon38 nous livre une version moderne et hallucinante du mythe biblique de Caïn.
Depuis le succès de Pavillon 38, odyssée dantesque aux confins de la folie meurtrière (bientôt adapté au cinéma), Régis Descott semble littéralement hanté par son sujet. Comment revenir indemne d'un si terrifiant voyage en psychopathie ? La réponse coule de source : en écrivant la suite. Pour son troisième roman, l'auteur de L'Empire des illusions a décidé de replonger Suzanne Lohmann, son héroïne experte en psychocriminologie, au coeur d'une nouvelle intrigue à résonance biblique. Celle-là même qui opposa jusqu'à la mort deux frères, Abel et Caïn...
D'une écriture dense et précise, Descott compose ainsi un roman visuel, fiévreux et maîtrisé. Et qui laissera le lecteur sous tension... Jusqu'à la dernière ligne.
Extrait du prologue :
Les pépiements se sont tus, tout comme le couinement du trapèze en fil de fer. Au fond du canapé, Juliette Frontera ne s'est aperçue de rien. Lorsqu'elle était enfant pourtant, son grand-père, mineur, lui avait expliqué le rôle du piaf dans les galeries : l'asphyxie du canari signifiait qu'il fallait détaler au plus vite. À soixante-huit ans, l'infirmière diplômée d'État travaille encore : pansements, piqûres et soins divers administrés à une clientèle de quartier; vieux habitants du XIVe auprès de qui elle joue le rôle d'une confidente, au fait de leurs maux, et moins intimidante que le médecin retranché derrière son savoir.
La télévision éclaire d'une lueur changeante son visage assoupi. Les verres de ses lunettes reflètent les images diffusées sur l'écran, et prêtent à son regard une agitation qui tranche avec son immobilité. Sur la table, à côté de la boîte d'Imovane, un cliché la représente quarante ans plus tôt avec deux jeunes enfants en tous points identiques. L'un des garçonnets tourne le dos à l'objectif tandis que l'autre lui fait face, produisant l'illusion d'un seul enfant photographié dans un miroir.
Elle avait encore sa frange couleur charbon qui lui donnait l'air effronté, lui disait-on autrefois malgré ses prix d'excellence. C'était sa beauté plus que sa frange qui gênait : les yeux trop clairs et les lèvres gourmandes qui longtemps ne lui ont valu que des ennuis ; avant que le temps et l'amertume n'aient opéré leurs ravages.
En maillot rayé, les gosses font des châteaux de sable.
Pendant trois ans, fille-mère, elle a supporté cette double charge. Jusqu'à ce que le ressentiment pour l'homme qui l'a abandonnée se reporte sur l'un des jumeaux et qu'elle s'en sépare. Elle croyait retrouver les défauts du père chez l'enfant.
Mais à dix-huit ans il est revenu, vivant reproche dont l'apparition a déchiré une plaie qu'elle croyait cautérisée. Quinze ans plus tard elle revivait la séparation avec autant de précision que si elle avait eu lieu la veille : les sanglots de l'enfant et sa froide impassibilité en le voyant s'éloigner entre ses nouveaux parents, tandis que dans sa main droite elle tenait celle de son frère.
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