Auteur : Robert Benchley
Traducteur : Frédéric Brument
Date de saisie : 18/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Collection : Rivages-Poche. Bibliothèque étrangère, n° 568
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-7436-1668-7
GENCOD : 9782743616687
Sorti le : 04/04/2007
«Je ne suis pas de ceux qui suggèrent qu'on puisse devenir fou en restant une minute tranquillement assis à réfléchir. Je suis de ceux qui l'affirment.»
Comment devenir fou en une minute ? Quels sont les symptômes de la démence précoce ? Peut-on soigner un «tic psychique» ? Vos rêves sont-ils vraiment intéressants ? Sinon, pourquoi s'obstiner à les raconter aux autres ? Autant de questions vitales que Robert Benchley s'efforcera de glisser sous le tapis, à sa manière inimitable.
Le présent recueil regroupe également huit aventures nonsensiques dans lesquelles Benchley et son flegmatique secrétaire M. Mac-Gregor vont, entre autres, combattre le mauvais oeil, égarer une locomotive et se lancer dans l'élevage de grenouilles.
Chroniqueur humoristique, Robert Benchley (1889-1945) a publié ses textes dans les plus prestigieux magazines de son époque, de Vanity Fair au New Yorker. Dès 1928, il sera l'un des premiers comiques du cinéma partant et recevra un Oscar pour son film intitulé : Comment dormir ? Maître de l'humour décalé et absurde, il est l'un des écrivains américains les plus drôles du XXe siècle.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Brument
Dementia praecox
Conseiller d'édition : Frédéric Brument C'est un peu terrifiant, avec tout ce que j'ai à faire cette semaine, de découvrir par-dessus le marché que je souffre d'une dementia praecox. Et après, ce sera quoi ? Je me le demande souvent.
En ce qui concerne la dementia praecox, aucun doute n'est permis. Je l'ai, c'est certain. La question que je me pose à présent, c'est : serai-je capable de mener à bien les autres choses auxquelles je dois faire face ? Un bon cas de dementia praecox suffit largement à occuper ma semaine.
Je tiens mon information d'un rapport présenté à l'Association psychiatrique américaine. Ce rapport affirme que la dementia praecox peut être soignée par un traitement à base d'oxygène. Et comme ça, en passant, il mentionne les symptômes de la maladie. Sans penser le moins du monde qu'un de ses lecteurs pourrait être tenté de les appliquer à son propre cas -juste en passant, vous voyez.
Voici les premiers stades :
1. «Déficience du jugement». Eh bien, je pourrais passer la nuit à vous donner des exemples de déficience de mon jugement à vous glacer les sangs. Je ne serais même pas capable déjuger une course en sac. Sur ce premier critère, je me qualifie haut la main.
2. «Perception retardée». Je ne savais même pas que la flotte de la marine nationale était arrivée en ville jusqu'à ce que je lise Time dix jours plus tard.
3. «Capacité d'attention réduite». On ne peut parvenir à fixer mon attention qu'en me ligotant sur un lit et en s'asseyant sur ma poitrine. Et, même là, mon regard divague.
4. «Manque d'inhibitions morales». J'ai suivi une fois un cours de morale, mais je ne m'en suis pas très bien tiré. De mon temps, nous ne savions rien des «inhibitions». Elles ne sont apparues que plus tard - avec les lunettes à montures d'écaillés et le Dr Freud. Nous nous contentions de dire : «Oui, s'il vous plaît» ou «Non merci» et n'allions pas chercher plus loin. J'ignore donc si j'ai des «inhibitions morales» ou pas. Vous n'avez qu'à essayer de me tester à l'occasion.
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