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Fils de personne

Couverture du livre Fils de personne

Auteur : Roberto Alajmo

Traducteur : Danièle Valin

Date de saisie : 30/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Littérature étrangère

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7436-1627-4

GENCOD : 9782743616274

Sorti le : 04/04/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Dans un appartement de la Kalsa, quartier populaire de Palerme, Tancredi, enfermé dans les toilettes, retient son souffle. Son père gît sur le sol du salon. Mort. La police va arriver, cuisiner la mère, le grand-père, la grand-mère, interroger les voisins. S'étonner aussi de la superbe Volvo noire garée devant la porte de l'immeuble. Tancredi craint ce qui l'attend. Acide, jubilatoire, le nouveau roman de Roberto Alajmo est aussi puissant et efficace que le précédent. Avec cette écriture si particulière qui est la sienne - lisse, dénuée de morale et de recul, naturaliste en apparence - il exhume sans ciller le fatras de mauvais sentiments, bonnes raisons et vieilles habitudes qui agite une famille ordinaire confrontée à l'imprévu. Les Ciraulo ont en effet décidé de sauver les meubles coûte que coûte dans cette affaire. Quitte à s'arranger avec la mort, quitte à faire du fils un héros nécessaire.

Après Un coeur de mère, Roberto Alajmo, né en 1959 à Palerme, poursuit, dans le registre typiquement sicilien de la farce noire, sa très contemporaine Comédie Humaine.





  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 30 mai 2007

Cela commence comme un polar, avec cadavre étalé en plein milieu d'une cuisine, et se poursuit comme un roman gothique loufoque et macabre, dans lequel Kafka aurait soufflé quelques phrases...
Dans Fils de personne, Roberto Alajmo sonde une fois encore les méfaits de la dangereuse organisation qui gère tout, le travail, la survie, aussi bien que l'injustice et la bêtise...
Alajmo, d'une façon presque naturaliste, décrit ses personnages au ras de leur immaturité, sans fioritures stylistiques, comme sans recul, sans juger. C'est intrigant, dérangeant, fascinant.



  • Les premières lignes

Tancredi éteint le téléphone et s'approche de la porte pour entendre ce qui se passe de l'autre côté. La porte est très épaisse et il met un moment à comprendre qu'il doit coller son oreille contre le bois pour distinguer quelque chose. Tentative qu'il exécute avec le plus grand soin. Son oreille finit par faire ventouse avec la surface vernie de la porte. Et il arrive à saisir la fin d'une conversation entre ses grands-parents. Sa grand-mère dit :
«... Fonzio : tu as tout compris ?»
Et le grand-père répond, docile comme toujours :
«Moi, je me mets là bien sagement...»
Un murmure lui parvient ensuite, d'elle ou de lui, auquel Tancredi ne comprend rien. Encore quelques instants et à travers la porte la voix de même Rosa reprend :
«Bravo... comme ça, c'est bien...»
Puis la voix s'évanouit de nouveau. Sa grand-mère n'est jamais tendre avec son mari. Mais ce n'est pas le moment de penser à ça, Tancredi a trop de problèmes personnels pour s'occuper aussi de défendre la dignité bafouée de son grand-père. Avec tout le respect et l'affection qu'il lui doit : on s'en fout pas mal du grand-père, surtout dans un moment pareil. Entre les pensées qui l'assaillent et l'acoustique imparfaite, il perd toute la suite du dialogue du plus grand intérêt pour lui. S'il avait réussi à saisir quelque chose, il aurait pu en savoir plus sur ce que sa famille pense vraiment de lui, surtout après ce qui s'est passé dans la dernière demi-heure. Peut-être même pas une demi-heure du reste : tout est arrivé en l'espace d'un quart d'heure, ou moins. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une demi-heure Tancredi dormait sans le moindre rêve prémonitoire, rien qui soit susceptible de laisser présager la suite des événements. Il essaie de se souvenir, mais aucun rêve ne lui revient qui pourrait rétrospectivement faire charnière entre sa vie précédente et l'actuelle, la vie avec laquelle, que ça lui plaise ou non, il devra compter désormais.


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