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Le goût de vivre : retrouver la parole perdue

Couverture du livre Le goût de vivre : retrouver la parole perdue

Auteur : Edouard Zarifian

Date de saisie : 18/04/2007

Genre : Psychiatrie

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Collection : Poches Odile Jacob, n° 187

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-7381-1907-0

GENCOD : 9782738119070

Sorti le : 29/03/2007


  • La présentation de l'éditeur

Face à la souffrance qui accompagne tant d'événements de l'existence, c'est le goût de vivre qui nous permet d'aimer, d'aider, de soulager. C'est l'échange de paroles qui fait de nous des humains et qui façonne nos mondes intérieurs. C'est la parole, source de nos bonheurs comme de nos peines, qui nous fait vivre dans un mélange subtil de réel, d'imaginaire et de symbolique.
Pour savourer le goût de vivre, sachons ensemble retrouver la parole perdue, car nous avons encore tant de choses à nous dire...

«Mondialement connu, Edouard Zarifian n'eut de cesse de militer pour une approche humaniste et plurielle de la souffrance de l'âme.» Elisabeth Roudinesco, Le Monde.

Edouard Zarifian était professeur émérite de psychiatrie et de psychologie médicale à l'université de Caen. Il a notamment publié Les Jardiniers de la folie, Des paradis plein la tête et La Force de guérir, qui ont été de très grands succès.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Pendant près de quarante ans, j'ai écouté des gens qui venaient me parler d'eux. Ces face-à-face m'ont persuadé que chaque homme est avant tout une histoire vécue d'une manière unique dans la plus totale subjectivité, que personne ne peut la raconter de la même manière. Parce que la façon dont nous vivons les événements de notre existence et dont nous percevons les paroles qui nous sont adressées entre en résonance avec notre monde intérieur, lequel s'est façonné au fil du temps grâce aux échanges continuels entre nous et les autres. Voilà ce qui fonde notre spécificité d'être humain unique, qui peut entrer en relation de manière dynamique avec la subjectivité d'un autre, lui-même unique.
Cette dimension qui nous caractérise, c'est notre psy­chisme, ce que nous avons de plus intime et qui me semble irréductible à toute approche objectivante. C'est grâce à lui que nous avons une représentation qualitative de nous-même et des autres. Calculer mentalement la somme de trois plus cinq, ouvrir une boîte de conserve ou lire le journal mettent en jeu des fonctions cérébrales à peu près identiques chez tous les hommes. Vous et moi possédons ainsi des outils cérébraux communs qui| nous permettent d'effectuer de nombreuses opérations ! d'analyse, de synthèse, de déduction, en un mot de raisonnement. Mais votre psychisme et le mien sont totalement différents, ce qui explique que, confrontés au ! même événement, nous puissions lui attribuer une valeur subjective, qualitative radicalement opposée et éprouver des sentiments très différents.
Face à la souffrance, celle que certains d'entre nous éprouvent de façon spécialement aiguë sous l'effet de; circonstances exceptionnelles, mais surtout celle que : nous éprouvons tous un jour ou l'autre - la perte d'un amour ou l'échec d'une ambition, la maladie qui envahit, l'âge qui vient, la déception, l'ennui persistant -, quels sont nos recours ? Accuser les autres et faiblir ? Nous en remettre à des recettes miracles ou à des traitements mécaniques ? Gémir, haïr, nous plaindre à l'infini ?


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