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Ma mère, la morte : l'écriture du deuil chez Yourcenar, Beauvoir et Ernaux : Yourcenar, Beauvoir, Ernaux

Couverture du livre Ma mère, la morte : l'écriture du deuil chez Yourcenar, Beauvoir et Ernaux : Yourcenar, Beauvoir, Ernaux

Auteur : Pierre-Louis Fort

Date de saisie : 18/04/2007

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Imago, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-84952-044-4

GENCOD : 9782849520444


  • La présentation de l'éditeur

Ecrire sur la mort de leur mère, se confronter à l'absence ou à la perte, la mettre en mots : au-delà de leurs différences d'époques ou de classes sociales, au-delà de leur variété de parcours de femmes, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux ont toutes trois médité sur la mise au tombeau maternelle, qui deviendra l'une des sources de leur oeuvre.

Certes, selon les textes, l'évocation des moments difficiles est plus ou moins marquée, les affects plus ou moins mis en jeu, le chagrin plus ou moins exprimé. Mais, à chaque fois, tout se passe comme si, par ce deuil scriptural, l'écrivain restituait la vie à la défunte, la mettait au monde, devenait, par la grâce du verbe, la mère de sa mère...

Dans une démarche tout à la fois littéraire et psychanalytique, Pierre-Louis Fort analyse avec subtilité ces trois paroles féminines sur la disparition maternelle et contribue, par cette approche originale, à éclairer les liens complexes unissant mère et fille face à la mort.

Docteur ès-lettres, Pierre-Louis Fort est chargé de cours à l'Université Paris-III Sorbonne nouvelle et à l'Université Paris-XII Val de Marne.



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  • Le message de l'auteur

Pierre-Louis Fort - 03/07/2007



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

DE LA MORT ET DU DEUIL COMME TABOUS

«Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement», écrivait La Rochefoucauld dans ses Réflexions ou Sentences et Maximes morales. Quelque trois cents ans plus tard, dans les années 1970, plusieurs historiens, sociologues, anthropologues et penseurs réactualisent cet énoncé et en réaffirment la teneur : les sociétés occidentales ne regarderaient plus la mort «fixement». Bien au contraire, elles l'éviteraient et ne viseraient qu'à son occultation, sa disparition, sa mise à l'écart.
Dans la somme qu'il publie au début des années 1980, La Mort et l'Occident, de 1300 à nos jours, Michel Vovelle revient sur cette idée tout en l'actualisant. Il souligne que le XXe siècle a «tent[é] d'exorciser l'image même de la mort» et qu'il en a fait le «nouveau "tabou" des temps modernes». Après avoir démontré que «la mort a [...] cessé au XXe siècle d'être mêlée au quotidien de nos pensées», il finit par se demander si ce tabou est définitif. Il insiste alors sur la résurgence de la mort comme trait distinctif des années 1965-1980 :

«Nous sommes passés depuis une vingtaine d'années au stade de la redécouverte de la mort. Nous n'avions même pas fini d'assimiler le nouveau tabou des temps modernes que le voici contesté, et remis en cause.»

Aujourd'hui, vingt ans après l'écriture de ces lignes, il semble bien que la «redécouverte» soit terminée.


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